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 En direction de Cylnaes

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Ikari
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MessageSujet: En direction de Cylnaes   Mer 31 Oct - 12:35

Ormes-Val

Le journal se fit refermer puis posé sur la table basse, la cigarette elle se fit porter au lèvre, et enfin une fine pellicule de fumée s'échappa dans la chaude pièce. Les doigts tapotaient doucement et tranquillement l'accoudoir du fauteuil. Son réveil avait été tranquille, et comme à son habitude, il avait pris sa douche, s'était habillé, avait pris du pain au petit déjeuner, avait salué la femme de ménage qui venait régulièrement. Il avait allumé la bruyante machine à café pour se faire couler le sien. Puis il avait pris le journal du matin, qu'on lui avait déposé sur la table du salon, et il avait rejoint la dragonne dans la pièce qu'il avait fait fabriquer pour elle. La pièce agissait comme un minuscule volcan. L'air y était chaud et sec, et de la lave coulait dans une roche qui parvenait à la contenir. La pièce était plutôt sombre quand la dragonne n'était pas présente, mais dès qu'elle y était, la salle s'illuminait avec ses écailles possédant un trop grande ressemblance à l'or.

Héka l'avait rejoint bien plus tard, après une excursion dans le volcan, elle y avait attrapé et dévoré quelques chats des volcans avant de revenir plus tard dans la matinée voir son cavalier. Il lui avait dit qu'il avait quelques affaires non loin de Cylnaes, mais les dragons des ouvriers de la forge et des habitaient avaient rapporté d'étranges rumeurs aux oreilles de l'éclatante.
-Ils ont découvert un bien étrange œuf dans les mines, l’accueillit Layos, Cela pourrait-il s'agir de l'un des votre ?
Effectivement, la dragonne avait entendu parlé de cet œuf aussi, quelques dragons se questionnant sur son origine, et c'était aussi pour cette raison qu'elle était partie très tôt dans la matinée pour se retrouver dans les entrailles du volcan mais rien ne pouvait être sûr pour le moment : de nombreux dragons pouvaient pondre des œufs qui se camouflaient dans l'environnement, permettant d'échapper aux prédateurs si jamais il n'y avait pas de soin parentaux.
-Est-ce donc la seule nouvelle qui t'intéresse ? L'attaque du château ne te dérange donc pas, rétorqua la dragonne.
-Tu vas donc me dire que tu ne veux plus te rendre à Cylnaes ? Tu sais bien que j'ai du travail à faire là bas.
-Je le sais, mais cette femme n'a pas été appréhendée, rétorqua la dragonne qui vint s'installer à proximité du siège du cavalier.
-Toi et moi, nous pouvons nous défendre, mais il y a peu de chance de la croiser, je serai dans quelques beaux quartiers. Des hommes riches veulent montrer qu'ils sont forts...
-En achetant des têtes de béhémoth empaillés, pour montrer qu'ils l'ont chassé alors que non, acheva elle-même Héka.
La femelle porta son regard vers la petite fontaine qui relâchait de la lave, il n'y avait pas que cette femme folle qui l'inquiétait, un mal étrange semblait toucher les dragons, et bien que pour l'instant seuls les ailés chutaient, elle se questionnait sur ce qu'il se déroulait. Cela faisait trois chutes « officielles » en deux jours. Pour Héka cela n'était pas une coïncidence. Il y avait clairement un problème, et les activités de pègre de son cavalier lui permettait aussi d'accéder à des informations que toute la population n'avait pas. Et quelque chose se tramait, mais pour l'instant, l'oeuf de la miséricorde n'avait pas encore éclot. Mais le temps de développement parvenait à sa fin et des signes n'y trompaient pas, bientôt, sûrement avant la fin de l'année, ou du moins en début d'année suivante, quelque chose de grave remettrait sans doute une paix fragile en question, et ce n'était pas les actes d'une dégénérée. Héka en était persuadée et même si elle n'était pas devin, la paix était toujours bien trop fragile pour perdurer trop d'année.
-Très bien, nous irons.
Un faible sourire étira les lèvres de Layos qui avait de toute manière déjà préparé le voyage. Comme d'habitude, lui partirait en voiture, et la dragonne en train. Elle arriverait sûrement avant lui à proximité de la ville, mais il n'allait pas y rentrer en voiture. Avec tous les contrôles, la vente n'allait pas être facile, mais Layos avait déjà vécu des choses identiques, dans le pire des cas, il avait quelques soldats ripou sous sa coupe, et certaines marchandises étaient déjà sur place.

La dragonne était partie depuis une demi-heure, Layos lui venait de donner les clés à la gérante de l'habitation en son absence, après tout, il acceptait toujours les membres dans ses demeures même s'il était absent. Il envoya rapidement quelques messages, avant de s'installer au volant de sa belle et sombre voiture, enfin, l'une de ses voitures, après tout, il avait le luxe d'en posséder plusieurs.
-Alex, tu m'entends ? Je pars d'Ormes-Val, je devrai arriver en fin d'après-midi si tout se passe bien, j'arriverai directement à la demeure. Il faut se méfier des renforcements de sécurité. Dans le pire des cas on fera venir les nobles en dehors de la ville et il se débrouilleront avec les morceaux de monstre. Tu n'as pas perdu la pierre au moins ?
-Bien sûr que non, s'indigna le dénommé Alex à l'autre bout du fil, il faudrait faire une petite vente aux enchères.
-J'y pense aussi, je vous laisse gérer avec Lisabette.
Après la confirmation de son subordonné, le chef de clan se concentra de nouveau sur la route. Il filait plutôt vite, mais avait aussi l'habitude d'avoir été pris en chasse dans de folles courses-poursuites -et ce n'était pas aussi amusant que dans les films, combien de voitures avaient-ils enfoncé dans des arbres?- il ne ralentissait qu'à certains endroits un peu risqué et encore.

Layso n'acceptait que les morceaux de choix, des parties de monstre sans égratignures, des minerais bruts, des bijoux très rares qui n'étaient pas brisés. Il avait le sens des affaires, et avait appris à vendre tous les objets à un prix fort. Une certaine clientèle s'était formée par le bouche à oreille, le faisant jouir d'une position plus que confortable. Pour les prochains jours, il allait mettre en vente certaines œuvres, des têtes de béhémoth, mais aussi certains organes de monstre, et un étrange joyau, clou du spectacle qu'une chasseuse lui avait ramené. C'était un peu comme les bézoards, ces corps étrangers se formant dans l'appareil digestif des animaux, notamment chez les ruminants. Mais là, cette pierre était bien plus éblouissante que les bézoards.

L'actualité lui servait, mais il n'était que très peu intéressé par les activités qui se déroulaient au château. Des morts ? Soit, mais les soldats avaient choisi de faire un tel métier, comme lui avait accepté son destin et avait aussi accepté d'avoir de nombreux ennemis. Des blessés ? Dommage mais au moins ils n'étaient pas morts. L'homme s'était ainsi forgé une carapace solide, et se montrait imperturbable, sans once de compassion ou d'empathie. Lui préféré d'autres informations, comme cette œuf en soit, mais il n'acceptait pas de vendre des organismes vivants, donc il préférait savoir encore autre chose. Des bijoux, des joyaux que des gens pourraient aller voler et qu'ils pourraient revendre. Puisqu'il ne fallait pas croire que son commerce était réellement légal. Oh certaines choses l'étaient, mais elles étaient aussi rares et leur place n'était pas toujours chez un riche mais plutôt dans une galerie, un musée. Layos revendait aussi des objets volés, et le trafic d'organes de monstres, de parties de monstres, mais aussi de joyaux, de minerais, tout ceci était tout de même fortement réglementé... Peut-être un peu trop, si bien que le garçon préférait passer outre et se faire de l'argent, récolter des informations et pouvoir, au besoin, tirer des ficelles sur des marionnettes haut placées.
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MessageSujet: Re: En direction de Cylnaes   Ven 2 Nov - 0:46

Aujourd'hui, c'était une bonne journée. Malgré tout le bazar qu'une certaine Garde avait mit en ville, Elesis se sentait étrangement de bonne humeur. Peut-être parce qu'elle se rendait à un endroit qu'elle appréciait ? Ou peut-être parce que le parfum de l'argent flottait dans l'air... ? Les deux à la fois, bien entendu. Mais chaque chose en son temps, l'organisation était primordiale, il fallait savoir éviter de faire trop de choses à la fois. Et pour l'instant, c'était l'heure de sa visite hebdomadaire à l'orphelinat.

Le gardien de l'entrée, la reconnaissant, la salua aimablement, ne prenant pas la peine de lui demander les raisons de sa visite.
Elesis échangea ensuite plusieurs salutations et banalités amicales avec des surveillants, tout en souriant et jouant les gentilles demoiselles pleines de légalités. Elle avait en réalité rendez-vous avec la directrice, mais elle ne pouvait pas s'empêcher de tout d'abord aller rendre visites aux enfants. La plupart étaient en vacances, certains en voyage avec des familles acceptant d'emmener avec aux un orphelin au bord de la mer, mais d'autres étaient restés ici. Il s'agissait de petits enfants, de primaires, occupés à chahuter dans le jardin intérieur. Mais en la voyant arriver, les jeunes chérubins s'interrompirent, poussant des petits cris de joie. La jeune femme s'accroupit en souriant, et toute une ribambelle de bambins s'approcha d'elle en trottinant, avec leurs bouilles toutes mignonnes, en parlant tous en même temps. « Élie, Élie ! », « Tu fais un tour de magie ? », « Regarde ce que j'ai trouvé hier ! ». Certains petits tirèrent sur ses manches, d'autres attrapèrent quelques mèches rougeoyantes à l'aide de leurs minuscules doigts, pour jouer avec. La jeune femme leur parla plusieurs minutes, les encourageant, les félicitant lorsqu'ils lui racontaient leurs exploits, tapotant le haut de leurs petites têtes. Une petite gamine lui offrit un caillou en forme de mouton, qu'elle accepta avec plaisir. Elesis leur distribua aussi quelques friandises évidemment ! Et serait même restée jouer avec eux, si la directrice n'était pas venu interrompre la petite bande, en frappant dans ses mains.
– Allez les enfants, ça suffit maintenant ! Élie a du travail.

Cette dernière dit au-revoir à chacun des enfants, les appelant tous par leur prénom. Elle n'y pouvait rien, c'était l'une de ses faiblesses, ils étaient tellement mignons. La directrice, Sae Ashira, était une femme brune coiffée d'une longue queue de cheval, habillé en costume noir et brun. Elle semblait assez jeune, ce qui surprenait les gens lorsqu'ils apprenaient qu'elle avait la quarantaine.
Sur le chemin du bureau, Sae ne loupa pas le commentaire qu'elle faisait quasiment à chaque visite.
– Si tu aimes autant les enfants Elesis, pourquoi est-ce que tu n'en adopte pas un ? Ou que tu ne trouves pas quelqu'un avec qui fonder une famille, hm ?
La jeune femme eux cheveux flamboyant haussa les épaules. La voie dans laquelle elle s'était engagée ne lui permettait pas vraiment ce genre de considération. Elle-même n'avait pas de toit fixe, et se contentait de chambres d'hôtel ou d'auberges. Et le cercle dans lequel elle avait plongé s'était renfermé, la liant, ligotant son avenir, lui interdisant l'espoir d'un jour se ranger. Les ombres l'a suivrait jusqu'à la fin.

Une fois arrivée au bureau, Elesis s'installa dans le siège en face de celui de la directrice, son esprit déjà tourné sur le bouton « affaires sérieuses ».
– Bon, où en est-on ? demanda t-elle.
La directrice ouvrit son tiroir, et posa un dossier fourni sur le bureau, que son interlocutrice se mit à consulter en silence. Rapports, toujours des rapports... Voyons. Celui concernant la chute du dragon rouge de la Générale ? Aucune implication. Bien. Celui concernant le dragon-hydre ? Aucune implication. Très bien. Celui concernant la chute des deux autres dragons ? Aucune implication. Encore mieux. Celui concernant l'attaque de la Garde royale sur la Palais ? Aucune implication. Parfait. Elesis constatait que personne n'avait prit de malheureuses initiatives. Pendant plusieurs minutes, elle lu les copies des rapports militaires, et d'autres fiches remplies d'informations. Mais quelque chose manquait. Elle leva les yeux, fixant la directrice d'un regard sévère.
– C'est tout ?
Sae soupira, l'air légèrement agacé.
– Je ne sais pas si tu réalises toute la difficulté. On ne peut pas y placer n'importe qui, ni n'importe comment. Ça prend tu temps.
– Ça prend trop de temps. Nous n'avons personne ? Aucun jeune ? insista Elesis.
– Non, les enfants de cet âge sont en famille d'accueil, généralement. Nous n'avons personne avec un grade élevé. Ceux qui y travaillent ont, évidemment, des idées assez… dépassées. Nous avons néanmoins obtenu la liste des professeurs actuellement en activité.
La directrice lui tendit un papier, contenant des noms, des grades, des numéros et tout un tas d'informations intéressantes que certains observateurs avaient pu obtenir. La jeune femme le regarda un instant, avant de passer à un autre sujet.
– Et concernant les limiers...

Elesis fut interrompu par la sonnerie de son téléphone. Enfin, de l'un de ses téléphones. Elle décrocha avec un sobre « oui ». L'homme a l'autre bout du fil fut particulièrement bref : « il arrive en fin d'après-midi, je vous rappellerais à ce moment ». Bien ! Cette journée s'annonçait encore mieux. Refermant le dossier, Elesis se leva.
– Je te tiens au courant pour la suite.
– Où vas-tu ? demanda la directrice en se levant à son tour.
La jeune femme se contenta de faire un signe de la main.
– Il faut bien que quelqu'un s'occupe de remplir les caisses, répondit-elle d'un ton enjoué.
Mettre en contact des vendeurs de marché noir avec des riches acquéreurs ne voulant pas s'encombrer avec les réglementations, c'était aussi l'une de ses compétences. Puisque souvent, certains riches voulant exhiber des trophées, ne savaient pas comment s'y prendre pour éviter de se faire prendre. Et c'est là qu'elle intervenait, leur promettant une vente en toute sécurité... contre une petite contribution, évidemment. Après, il fallait trouver quelqu'un proposant des marchandises à la hauteur, et pour cela, elle savait à qui s'adresser. Elle pouvait ramener des acheteurs, et lui pouvait ramener des objets, tout le monde était gagnant. Et bien sur, elle prenait une commission au passage. Et pour ne rien cacher, elle aimait bien assister aux ventes aux enchères. Parfois, enchérir lui permettait de récupérer quelques objets, qu'elle pouvait à son tour revendre à d'autres. Un cycle infini de vente et de revente, jusqu'à atterrir chez le bon collectionneur. Du moment que tout le monde gagnait de l'argent... et pour faire tourner les projets, donner les pots-de-vins ou faire miroiter des récompenses monétaires, il n'y avait pas de secrets, il fallait des fonds.
Mais en attendant la fin de journée, et l'arrivée de nouvelles informations, il fallait s'occuper. Comme par exemple dans la recherche de cette criminelle, ses... « équipes » étaient déjà dessus. Mais ça allait sans doute mettre du temps. Alors pour l'instant, en sortant de l'orphelinat, elle avait très envie d'un double café-noisette avec quelques petits pains au miel. Donc, pour patienter, elle marcha un moment pour aller se poser à la terrasse d'un café, avec vue sur le port, prenant le temps de lire plus en détail le journal.
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MessageSujet: Re: En direction de Cylnaes   Dim 11 Nov - 15:11

Le train filait à toute vitesse, le wagon avait été aménagé pour la dragonne, assez large, assez long. Elle ne pouvait pas non plus se retourner, car il fallait tout de même que le wagon soit conforme au reste du train, mais Héka ne se sentait pas à l'étroit. Sa tête dépassait largement, le haut de son dos aussi, et sa queue se balançait doucement sous sa grande cape d'or, cognant par moment contre le fer qui composait son moyen de transport. Cette méthode de voyage avait quelque chose de désagréable, mais il s'agissait là du seul moyen possible pour la dragonne qui ne possédait pas les ailes ni la force magique pour se mouvoir dans les airs. Héka était piégée au sol, mais ce n'était pas non plus une fatalité, et de nombreux dragons ne volaient pas non plus.

Cylnaes fut enfin indiquée, c'était le début d'après-midi, peut-être même le milieu, la dragonne n'avait jamais été très forte avec la carte solaire, la position du soleil. Elle préférait se référer à la chaleur du volcan, la viscosité de la lave, parfois à la carte des étoiles aussi. Mais le soleil c'était une autre pair de manche. La gare était dans le centre de la ville, et une chose attira l'attention de la dragonne : n'était-ce pas censée être la fête ? Il était vrai que la trahison devait avoir changé la donne, mais il était étonnant d'assister à une telle chose. Même Ormes-Val semblait plus vivant... Enfin Ormes-Val semblait toujours plus vivant que tout dès que les forges étaient allumées. De nombreux soldats observaient, examinaient même les wagons, ils cherchaient s'il n'y avait pas une fugitive quelque part. Héka se disait de plus en plus que finalement venir n'était pas une bonne idée, la tension était palpable et jamais il n'y avait eu autant de contrôle.
-Je vous remercie, assura la dragonne alors qu'on l'aidait à descendre sur le quai, je vous souhaite une bonne journée.
Ses pas était lourd, faisant trembler le sol. Héka n'était pas très rapide comme dragonne, sa grande carapace scintillante la ralentissait, et bien que sans elle pouvait être très rapide et agile, sans la dragonne se sentait aussi dénudée. Chez eux cette traîne était un symbole de féminité, de rang aussi, de puissance, de grandeur. Se montrer sans était terrible. C'était un peu comme la théorie du handicap dans l'étude des comportements animaliers, notamment chez les hirondelles dont les pointes de la queue étaient si longues que d'un point de vue aérodynamique c'était handicapant mais c'était aussi un gage de reproduction, histoire de dire « je survis alors que je suis handicapé ». C'était un peu la même théorie qui pouvait s'appliquer, ils étaient lents, alourdis par leur carapace d'or mais cela montrait aussi à quel point ils parvenaient à survivre.

La ville n'était clairement pas adaptée pour Héka. Cette ville en tout cas, il y avait de trop nombreuses rues trop étroites, oh sûrement qu'elles ne l'étaient pas trop pour d'autres dragons, mais pour elle, il fallait bien trouver ses rues. Par chance, enfin surtout par connaissance, la scintillante savait par ou passer, mais les détours lui faisaient perdre du temps, heureusement, Layos devait encore être sur la route à filer à vive allure, ne ralentissant que pour éviter les contraventions.
-Madame Héka ! Madame Héka, la héla une petite voix fluette, je suis là !
En tournant sa tête dans l'arrière de la rue -dont elle prenait pratiquement tout l'espace- elle se rendit compte de la présence du jeune garçon. Il s'agissait d'un enfant des rues, recueilli par le groupe, il avait été retrouvé par Layos, un soir alors qu'il fumait en se baladant dans les rues de la ville, il revenait de l'un des bars qui lui appartenait et où il lui arrivait de retrouver quelques clients. La nuit avait été bonne et le pactole aussi. Si bien qu'en voyant le garçon il lui avait jeté quelques couronnes d'or. Ce qu'il ne savait pas, c'est que le gamin allait passer les jours suivant à le suivre partout, l'obligeant à accepter le petit chez lui et plus généralement dans le gang.
-Jonathan, comment se passe tes vacances ? Veux-tu monter sur mon dos ?
Une exclamation de joie s'échappa des lèvres de l'enfant qui commença à grimper sur la dragonne. Il devait s'accrocher pour ne pas glisser ou se blesser, et la femelle approcha son museau afin qu'il puisse s'installer derrière ses cornes, debout pour y voir quelque chose.
-Comment Maître Layos fait pour être sur ton dos, avec tous les cailloux que tu as sur toi ?! Ça doit pas être confortable, s'étonna le garçon.
-Layos ne monte jamais sur mon dos.
La réponse vint immédiatement, et Jonathan s'étonna en disant que lui, quand il aurait un ami dragon il voudrait tout le temps être sur son dos, ajoutant un « enfin, s'il est d'accord bien sûr ». Le garçon était devenu la mascotte du clan, une chose précieuse à protéger car on ne pouvait clairement pas demander à l'enfant de se défendre lui-même, on ne pouvait pas lui demander de faire couler le sang.
-Aller, direction la maison, s'exclama Jonathan.



La route était encore longue, et Héka devait être arrivée -bien qu'elle ne lui avait pas envoyé un simple message pour lui dire que si, pas un signe- le trafic était dense par moment, mais il était en réalité beaucoup plus dense dans l'autre voie, les gens partaient de Cylnaes, fuyant certainement la folle fugitive. Cela lui permettait d'avoir des routes où il lui était agréable de conduire ! C'est-à-dire qu'il pouvait facilement dépasser les limitations de vitesse et foncer tout simplement, gagnant peut-être que trois à quatre minutes, mais il s'en moquait. Pourquoi se priver du fait d'avoir un moteur aussi puissant après tout ? Il aimait bien faire ronronner sa voiture, et encore plus la faire rugir.
Il avait bien fait la moitié du trajet, ne faisant même pas de pause à l'heure du repas, et le début de l'après-midi arrivait. Layos allait arriver le soir, et par chance -enfin surtout parce que nous étions en été- il ferait encore jour. Mais la vente allait sûrement s'effectuer les jours suivants, d'abord il fallait prendre quelques contacts, voir ce que l'on voulait réellement mettre en vente, attiser, attirer, et surtout toujours donner l'envie aux acheteurs. Il fallait qu'ils en crèvent d'envie, qu'ils en bavent même, ils devaient vouloir se jeter à ses vitres, ramper à ses pieds, et ainsi ils dilapideraient tout leur argent dans les magnifiques pièces que pouvaient leur offrir.
Un terrible sourire étira ses lèvres, qu'il aimait avoir le pouvoir, pouvoir faire ce qu'il voulait, pouvoir s'enrichir sur tout le monde, oh bien entendu pour conserver de bonnes relations il enrichissait aussi les autres, mais cela ne le dérangeait guère tant qu'il parvenait à continuer ce train de vie.

Le jeune homme avait hâte de parvenir à destination, bien entendu qu'il aimait bien conduire, mais il voulait retrouver sa belle maison, et même les gens qui y étaient, mais il voulait aussi arriver rapidement pour se mettre au travail. La pègre ce n'était pas de 9h à 17h45, le travail était continue, et... parfois aléatoire. Par moment c'était le calme plat pendant trois à quatre jours, ils vendaient des choses sans grande importance, on leur vendait des objets voler pour les cacher ou bien pour les revendre, mais cela restait assez calme, tranquille même à faire. D'autres fois Layos était réveillé en pleine nuit, à défendre, se battre contre d'autres personnes jalouses de sa notoriété, ou bien simplement parce qu'il devait gérer des incendies, des bagarres dans les différents bars qu'il possédait. Quand la nuit il ne dormait pas, car à force il était devenu un court-dormeur et parfois même en proie aux insomnies, Layos préparait ses ventes, se renseignait sur les clients potentiels, cherchaient à démanteler les autres membres ennemis de la pègre -un monde en perpétuel compétition à son goût- ou bien il passait quelques heures à observer Héka qui dormait comme un loir. Durant ces heures, il regardait la dragonne en fumant, se rappelant de son amour passé. D'autrefois il écrivait une lettre pour sa famille, il aimait bien écrire des lettres à ses proches. Et quand vraiment il n'y avait rien à faire, l'homme prenait sa voiture et se rendait sur la tombe de feu sa bien-aimée.

Il aimait bien conduire, mais l'absence de travail, l'absence de choses à penser faisait toujours dériver ses pensées sur un passé dont il ne parlait pas. Aujourd'hui le chef de gang ne s'imaginait plus avoir le droit à une vie normale, avec une femme, des enfants, un chien et une belle maison en présence de gentil dragon. Non, il se tenait sur un trône, entouré de ses acolytes, et à ses pieds du sang coulait encore jusqu'à rejoindre la pile de ses méfaits. C'était sa vie dorénavant.
Son pied appuya sur la pédale, jusqu'à sentir le plancher de sa voiture.
Aller, se dit-il, dans une à deux heures il serait sur les fauteuils de sa demeure.
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