Une île qui vous surplombe depuis les cieux, où dragons, Hommes, bêtes fantastiques et technologies se côtoient, c'est cette île qui vous attend, cavalier.
 
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 Midi au soleil

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Crayon
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MessageSujet: Midi au soleil   Lun 20 Aoû - 3:37

C'était une magnifique matinée. Enfin, même s'il était déjà pas loin de midi, le grand dragon blanc n'avait pas vu le temps passer, les heures semblaient filer depuis qu'il s'était allongé en plein soleil, sur la terre sèche des falaise surplombant l'académie. Il somnolait, alors que les rayons de juin tapaient fort sur ses écailles blanches, ce qui pourrait faire plisser les yeux à n’importe quel humain passant dans le coin. Sauf que, il n'y avait aucun humain dans le coin, malgré le fait que Shirokhan était étalé sur un terrain d’entraînement, et c'était pour cette raison qu'il l'avait choisi. Pas de gamin ni d'autres dragons en vu, ils étaient tous occupé à suivre les cours, ou à les donner, tout comme sa cavalière. Non en fait, le dragon blanc n'en avait aucune idée, il ne faisait jamais l'effort de retenir un quelconque emploi du temps, et il ne l'avait pas contactée de la matinée, vu qu'il dormait à moitié.
Ou plutôt, il était littéralement en train de cuire. En plein soleil, ses écailles absorbaient la lumière naturelle, c'était agréable. Pourtant même lui trouvait que ça tapait fort, il n'aurait pas dit non à un peu de fraîcheur. Exactement comme les tempêtes de neige que pouvait provoquer cette dragonne, blanche aussi, qui ne venait malheureusement que trop rarement. Pourtant, elle était si mignonne avec ses deux grandes dents qui dépassaient de sa gueule. D'après ce qu'il avait comprit au détour d'une conversation, son cavalier n'était pas du genre assidu concernant ce sujet. Quel dommage, songeait-il, de ne pas avoir eu l'occasion de l'approcher, son museau et ses petites oreilles lui donnaient un air de chaton sauvage.

Shirokhan changea de position, bougeant paresseusement ses ailes. Il leva la tête, soufflant des naseaux pour disperser quelques particules de poussière de terre granuleuse. Il avait faim, mais avait également la flemme de bouger d'ici. Finalement, c'était les lion qui avaient tout comprit. Certes il fallait se battre pour prendre le contrôle d'une troupe, mais une fois ceci fait, il n'y avait plus qu'a attendre que les lionnes lui ramènent son repas. Mais là, personne, et le dragon n'avait pas tout de suite envie de se bouger pour aller chasser, parce qu'en plus, les humains avaient délimité une zone interdite à la chasse, alors il fallait voler plus longtemps. Ridicule ! Shirokhan ne se privait pas d'aller se servir dans les forêts environnantes pour manger. Qu'est-ce que ces petits bipèdes allaient faire de toute façon ? Rien ne pouvait arrêter un dragon affamé après tout. En tout cas, il reposa sa tête sur le sol, les yeux bleus sans pupilles entrouverts, se disant que sa faim pouvaient bien patienter quelques heures de plus.

**

Silence de mort dans la classe. La professeure de mathématique, stricte et tolérance zéro pour les bavardages, avaient posé cinq équations sur le tableau, et en bon élèves, tous les adolescents présents planchaient sur leur feuilles et leurs calculatrices. Ou plutôt presque tous, certains regardaient par la fenêtre, ou les écrans de leurs potables dissimulés dans leurs trousses, d'autres griffonnaient sur leurs cahiers. C'était le cas de Ryuko, qui n'usait pas l'encre de son stylo pour résoudre des calculs compliqués. Pour elle, c'était juste un moyen pour la prof de passer le temps en cours sans justement avoir à faire cours, c'était plus reposant de laisser les élèves travailler par eux-même. C'était compréhensible, vu que les deux heures de mathématiques étaient bien entamées et que bientôt, ce serait la pause de midi. Assise contre le mur au niveau des fenêtres, elle ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d’œil dehors et fixer les gens qui prenaient le soleil dans les herbes en face du bâtiment principal de l'académie.

Ayant rempli toute la marge de sa feuille de gribouillis, Ryuko se mit à tapoter nerveusement son stylo contre entre ses doigts. Depuis une heure, elle n'arrêtait pas de changer de position toutes les deux minutes sur son siège, agitait ses pieds ou tapotait ses doigts contre ses avant-bras. Mon dieu que c'était long, c'était sûrement le cours de plus long de toute l'histoire des cours. Elle avait l'impression que ça faisait six heures qu'elle était clouée sur cette fichue chaise. C'est simple, elle sentait passer chaque seconde, chaque petit mouvement de la grande aiguille sur l'horloge semblait durer dix fois trop longtemps. Et ce n'était certainement pas en faisant les équations qu'elle allait passer le temps plus vite, elle n'avait aucune envie de faire des efforts. Vraiment rien. D'ailleurs, elle profita du fait que son voisin de table venait d'achever la quatrième équation pour regarder ce qu'il avait fait. Sans vergogne, Ryuko se mit simplement à recopier ce qu'il avait fait sans réfléchir. Triche qui n'échappa pas le moins du monde à la professeure.
– Mademoiselle Asahi... je vous rappelle qu'il ne s'agit pas d'un travail en groupe.
La voix de la femme brisa le silence, ce qui fit se relever plusieurs têtes. Ryuko ne répondit pas, et se contenta de fixer mollement son interlocutrice. Elle n'appréciait pas les profs en général, et encore moins ceux qui vouvoyaient et appelaient leurs léèves par leurs noms de famille. Ça faisait tellement bourge.
– Et si vous veniez nous résoudre ce problème au tableau ?
La professeure se leva en lui désignant le tableau noir d'un geste de la main. Sans discuter, la jeune fille se leva à son tour de sa chaise, et alla attraper une craie. Sauf que, ces foutues équations, elle n'y comprenait rien et de toute façon.
Alors, au lieu de marquer de résultats au pif, elle préféra, en quelques coups de craie et quelques secondes, orner le tableau d'une caricature peu flatteuse de la professeure. Deux ou trois gloussements étouffés passèrent dans la classe. Cette dernière, au lieu de s'énerver – elle avait sans doute l'habitude de gérer des élèves légèrement difficiles – sorti calmement un carnet de feuilles de sa sacoche, et écrivit quelques mots avant de tendre un feuillet à Ryuko.
– Bien, donc vous irez en personne expliquer la raison de cette expulsion de cours au professeur principal.
Parfait ! L'adolescente attrapa le papier, contente de pouvoir sortir de cours plus tôt. Sans broncher, la jeune fille ramassa ses affaires, qui ne se composaient que d'un stylo et quelques feuilles volantes. Pendant ce temps, la professeur désigna également un autre élève du geste du bras.
– Anton, accompagnez-la, pour être certain qu'elle arrive jusqu'au bureau du professeur principal.
– Oui, m'dame...

Une fois dans le couloir, Ryuko marchait à côté de cet Anton, un garçon plutôt banal, ni très bon, ni mauvais, juste passable, qui n'avait pas beaucoup d'intérêt. Exactement comme tous les autres élèves de sa classe, en fait. S'en fichant royalement d'aller voir le professeur principal, au lieu de continuer dans le couloir, elle emprunta les escaliers pour descendre les étages.
– Ou tu vas ? Le bureau est par là..., l'interpella le garçon.
Pour toute réponse, Ryuko haussa les épaules.
– Attend, si tu pars, je vais être obligé de dire au prof que tu t'es enfuie !
« Enfuie »... ce choix de mot lui fit rouler des yeux. Ce bahut est vraiment une prison, en fait.
– J'te retiens pas.
Premiers mots qu'elle décochait en une matinée, et sur ce, elle chiffonna le papier d'expulsion de cours avant de descendre les escaliers, ou plutôt, de les dévaler jusqu'à la délivrance.

Dehors, il faisait chaud. Comme un mois de juin. Mais c'était encore supportable, il ne s'agissait pas d'une terrible canicule non plus, si bien que les pelouses de l'académie étaient bien occupées. Des groupes d'adolescents assis par terre, occupés à parler, manger, jouer sur des consoles portables, travailler. Il y avait également un bon nombre de dragon couchés au sol, qui participaient aux conversations sans doute avec le cercle d'amis des cavaliers. Certains survolaient l'académie, ou faisaient des mouvements d'entraînement sur les terrains. Des surveillants se promenaient également. Bref, tout était très animé.
Par chance, après plusieurs minutes de recherche, Ryuko trouva un coin pas trop proche d'un groupe, à l'ombre d'un arbre. Elle posa son sac à dos et s'assit contre le tronc, partagée entre le besoin d'aller crapahuter en ville pour rattraper les heures d'inactivité et l'envie de rester affalée contre l'arbre. Si son corps demandait de l'action, c'était autre chose concernant son esprit. L'épuisement psychique suite au manque flagrant de sommeil arrivait à la faire piquer du nez. La jeune fille attrapa son vieux portable, pour envoyer un message à Orion, histoire de lui demander s'il avait fini les cours et lui donner sa position par la même occasion. Puis, pour avoir tout de même quelque chose à faire, elle ouvrit son sac et attrapa son canif – chose totalement interdite ici d'ailleurs – pour se mettre à tailler un bout de bois. Mais au lieu de le tailler en pointe, elle essaya de copier les formes de visage qu'il y avait sur le corps de Dahaka, d'après sa mémoire. C'était presque ressemblant.
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Ikari
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MessageSujet: Re: Midi au soleil   Jeu 23 Aoû - 23:44

Quelle idée que l'académie avait eu ! Mais quelle idée que l'académie avait-elle eut lorsqu'elle décida que faire cours en plein été était bien mieux pour les dragons. Ils pouvaient bien survivre à l'hiver et être chevauché en hiver, de toute manière quand ils ne le voulaient pas, été, hiver comme printemps et automne, ça ne changeait pas grand chose. Dans tous les cas le professeur aux cheveux roses assuraient son cours, la veille elle avait passé de très long moment dans les rues à profiter avec un certain plaisir des fêtes. En effet, Navi avait acheté des bijoux venant du Nord et du Sud, elle avait acheté des vêtements splendides pour se faire plaisir, et bien entendu avait aussi acheté des parures pour son cher ami Shirokhan. Oh rien de très présomptueux et fastes, seulement quelques bagues pour les griffes, les cornes... et bien entendu Navi avait aussi acheté beaucoup de nourriture mais rien ne se voyait sur ses hanches, ni son derrière parfaitement rebondi. Elle faisait la jalousie de la plupart des femmes.

Mais ce n'était plus l'heure de la fête, bien qu'aujourd'hui encore cette dernière battait son plein, et même de l'académie il était possible d'entendre un fond de musique lointain, de quoi déprimer toute sa classe qui avait très envie de se retrouver dehors, à faire un gueuleton... Ou peut-être qu'ils avaient très envie d'aller caresser de la bouteille. C'était sûrement ça dans le fond mais on ne pouvait pas blâmer... Elle aussi aurait bien aimer aller se livrer à la boisson, avec modération ! Mais un petit verre de vin de temps à autre... Ou même un bon cocktail. Enfin bref, la jeune femme se trouvait actuellement devant son bureau, ou plutôt derrière par rapport à ses élèves à qui elle expliquait l'anatomie des dragons des volcans. Elle avait ce poste depuis assez longtemps maintenant pour s'y être parfaitement faite. Elle ne faisait pas d'interrogation surprise sauf pour les élèves qui n'avaient strictement rien fait. Elle savait toujours les reconnaître. Toujours.

Dans les faits, le cours était assez sympathique, cette-fois il n'y avait pas de jeune dragon des volcans comme parfois quand elle présentait une autre espèce et que l'un des élèves avait un compagnon qui correspondait. Ce n'était pas le genre de cours où il fallait gratter, noircir sa feuille avec de l'encre et de l'effaceur. Elle avait pris l'habitude de leur faire des petits cours agréables, présentant les anecdotes de certains dragons, elle voulait aussi leur présenter les endroits plus chatouilleux, ou irritants et ainsi de suite. C'était sa manière de leur dire « Franchement, si vous réclamez l'été les enfants je suis de tout cœur avec vous. ».
Bien entendu elle devait aussi continuer son programme, mais la professeur de dracologie qu'elle était parvenait assez bien à tout fignoler au long de l'année. Ses cours se divisaient en plusieurs parties : Apprendre et connaître son dragon « Les différentes espèces, leur environnement et leur caractéristiques physiques et psychologique ». Ensuite venait « Se faire comprendre par les autres dragons ». Puis « Apprendre à nouer un rapport amical et non de force et de domination ». Et ainsi de suite. Les choses se passaient, l'année touchait à sa fin et dans les classes supérieurs ils approfondissaient les sujets, les origines, les possibilités futures, l'aspect diplomatique -c'était la partie la moins agréable, étrangement-.

Ah, et dire que Shirokhan était à se faire dorer les écailles au soleil. Elle aurait bien voulu elle aussi, même si sa peau ne prenait aucune couleur et qu'elle se demandait si elle n'allait pas attraper un cancer à force de jouer dehors.



Orion n'avait que faire du cours de pratique. Le professeur le regardait avec un air désolé qui disait « essaye de te réconcilier avec ton dragon, pour qu'il vienne la prochaine fois ». Mais ni Toraka ni Orion ne voulait assister à ça. Déjà les dragons n'étaient pas des animaux de compagnie, pourquoi suivaient-ils leurs cavaliers et acceptaient de travailler avec eux dans l'espoir d'être un bon petit soldat. Ce n'était pas son rêve, et lui les dragons, et ben ça le faisait chier, clairement.
Par conséquent, sous la chaleur de juin, le garçon n'en pouvait plus -sa pigmentation le rendait assez sensible au soleil-, il se sentait suer, son corps lui disait, lui hurlait même : « je me déshydrate !!! ». Ce n'était pas plaisant du tout. L'air conditionné lui manquait. Réellement. En prime, il en avait plutôt marre de faire le piquet tandis que ses camarades chevauchaient leur dragon, effectuaient des parcours, ou prenaient soins de la bête en cherchant des points sensibles à protéger. Tous se préparaient à un avenir dans la garde, la chasse, ou en rapport avec les dragons. Les filles voulaient être vétérinaires en dragon et les hommes voulaient revenir à l'âge d'antan en se battant comme des sagouins ! Peut-être avait-il un problème psy ?

Au bout d'un certain temps, le téléphone dans sa poche arrière se mit à vibrer. Il le sortit, sous le regard réprobateur de son instituteur, pour y lire le sujet de sa délivrance ! Ryuko se trouvait dehors, il se disait qu'ils allaient enfin pouvoir partir en expédition à la recherche de... Ce qu'ils avaient trouvé la veille.
-Orion, je sais que tu t'ennuie, mais que feras-tu plus tard sans l'aide de ta dragonne ?
-Comme la plupart des gens sans dragon j'imagine, rétorqua-t-il du tac-au-tac.
-Enfin mon garçon, c'est une chance d'avoir un dragon, pourquoi tu n'en profites pas, et ne me réponds pas encore une fois que tu ne l'as pas voulu. Si le destin vous a réuni c'est pour une bonne raison non ? Les choses n'arrivent pas comme ça, sans raison.
-Les guerres arrivent sans raison non ? Ça aussi...
-... Je ne te ferai jamais changer d'avis hein, aller file pendant que je tourne le dos, ajouta son professeur avec un clin d'oeil.
Ce prof était sympa, ce fut la pensée du garçon pendant qu'il rejoignait tranquillement son amie. Au départ, il était plutôt agaçant, mais quand il connaissait les élèves il devenait agréable, sympathique même. Il restait prof mais bon.

-Ah de l'ombre, si on doit partir, on le fait dans cinq minutes. Je veux que l'hiver soit làààààà, se plaignit Orion en arrivant aux côtés de Ryuko.
Il s'affala sur l'herbe, regrettant qu'elle ne soit pas plus fraîche puis il releva enfin la tête vers son amie. Elle taillait un petit morceau de bois, avec un canif. Heureusement qu'on ne pouvait pas la voir, le personnel aurait fait une syncope en la voyant armée avec un tel objet se dit le garçon en ricanant avant d'expliquer pourquoi il riait doucement. Puis il observa un peu plus l'objet en question.
Orion avait souvent été amateur d'art, de sculpture, il appréciait le travail de la pierre et du bois car il reconnaissait la charge importante de travail mais aussi parce que ça pouvait être vraiment beau.
-Qu'est-ce que c'est ? On dirait un visage. C'est un peu flippant non ? Ça a un super grand sourire carnassier. C'est sympa !
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MessageSujet: Re: Midi au soleil   Sam 25 Aoû - 16:01

Ryuko se redressa légèrement contre le tronc d'arbre lorsque Orion s'affala à côté sans manquer de se plaindre de la chaleur. Avec ce soleil en plein zénith, le pauvre devait être en train de se transformer en tas de chair cuite. Et encore, il ne savait pas ce qu'il l'attendait pour l'expédition ! Pas de chance pour lui, il fallait aller vers le sud. C'était aussi pour cette raison qu'elle avait préféré partir le soir, pour éviter d'avoir à se taper le cagnard, mais... plus elle pensait aux cinq heures de cours qu'il lui restait à tirer, plus la tentation de partir maintenant était grande. De toute façon, elle avait déjà écopé d'une expulsion de cours, alors... une absence de plus ou de moins. Si la bourse râlait, elle laissait le soin à sa mère de leur expliquer qu'ils ne pouvaient pas se passer de ça.
C'était rare qu'on lui dise que ce qu'elle faisait était sympa ! Même si les yeux de la « sculpture » n'étaient pas très droits, tailler du bois était plus difficile que ça paraissait et l'adolescente était contente qu'au moins une personne trouve ce truc sympa. Ryuko approcha le morceau de bois taillé en forme de visage contre celui d'Orion, lui collant l'objet entre les yeux, pile sur le bandeau noir.
– C'est un monstre millénaire qui aspire ton âme si tu regardes dans ses orbites. Il peut aussi lire dans ton esprit... et il voit que tes pensées sont tournées veeeeers... le décolleté d'une certaine prof aux gros seins. C'est pour ça que t'as si chaud, non ? Héhé... et en plus t'as la chance de pouvoir mater où tu veux sans soucis.
Avec un léger ricanement, elle reposa la morceau de bois sur l'herbe, et replia son canif. Puis, elle frappa doucement dans ses mains.
– Bon ! Passons aux choses sérieuses.

Ryuko attrapa son sac à dos par le dessous, et le vida entièrement sur le sol, devant elle, étalant tout le bazar qu'elle se trimbalait. On aurait pu penser que, vu que son sac semblait rempli, qu'il s'agissait de livres d'études et d'affaires pour les cours, mais il n'en n'était rien, les seules choses dont elle se servait en classe était une pauvre pochette de feuilles volantes et un stylo bleu. Tout le reste n'avait rien à voir avec l'école. La jeune fille aimait bien poser ses affaires de manière claire quand elle avait de la place, alors elle vida toutes les choses qu'elle emportait habituellement lorsqu'elle partait en « expédition » en dehors de la ville, toute seule : une lampe torche, un briquet, une boussole, des jumelles, une corde en nylon enroulée sur elle même, une couverture de survie pliée en huit, un désinfectant et une boite de compresses donc chaque pansement était orné d'une tête de grenouille en cartoon qui souriait beaucoup trop.
Il y avait aussi, bien sur, de quoi manger, vu qu'elle avait réussi à attraper quelques couronnes durant la nuit, elle les avaient dépensées avant tout pour acheter de quoi pique-niquer et ainsi éviter d'aller à la cantine, sûrement remplie de monde à cette heure. Enfin, ce qu'elle avait acheté correspondait bien au cliché qu'on se faisait de l'alimentation des adolescents : une bouteille de thé glacé dans laquelle flottait des glaçons, un paquet de biscuits au miel, des chips goût fromage, un sachet de bonbons dont les couleurs arc-en-ciel criaient « je suis bourré de produits chimiques », et enfin, trois oranges. Pour la forme.

– Sers toi si t'a faim, j'ai fait une belle prise cette nuit.
Petit bonus, elle attrapa également un muffin au chocolat emballé dans un sachet plastique orné de la marque d'une boulangerie, qu'elle tendit à Orion.
– Tiens, ça c'est parce que t'as réussi le défi d'hier. Il a un peu fondu, mais il est toujours bon, je tiens toujours ma parole, hein !
Pour finir, la jeune fille prit un morceau de papier griffonné qui traînait au milieu du bazar – c'était à se demander comment autant de trucs pouvaient tenir dans son sac à dos – et l'ouvrit. Il s'agissait d'un morceau de carte, qui montrait les routes entres la capitale et Lor'danel.
– Alors, la c'est la sortie de Cylnaes par la rocade. Faut qu'on prenne cette route, y'en a pour trois quart d'heures, environ. On ira en scooter, j'ai retrouvé mes clés super facilement, ma mère est super nulle pour planquer des trucs. Après, faudra quitter la route et y aller à pied. J'espère que t'es en forme parce que c'est une heure de marche en pleine forêt, et c'est pas plat ! Y'a pas de chemin tout bien, c'est de la nature sauvage. Ensuite, on arrivera pile aux coordonnées qu'il y avait sur le rapport, si on suit bien la boussole. J'ai vérifié, c'est une zone couverte, on aura du réseau donc on pourra utiliser nos téléphones si besoin. J'suis pas sure qu'on ait assez de connexion pour accéder à l'arpanet, par contre, mais tu vas survivre, hein ?
Tout en parlant, elle avait ouvert le paquet de chips et en avait déjà grignoté une petite dizaine. La sonnerie de fin des cours se mit à retentir, les pelouses allaient bientôt être prises d'assaut, certains se dépêchaient même pour se réserver les coins d'ombre... quant à d'autres, ils profitaient de l'ombre des ailes de leurs dragons. Dire que l'une de ses bestioles pourrait rejoindre leur destination en un coup d'aile, mais ça serait beaucoup moins discret, après tout il s'agissait de se rendre dans une zone ou personne n'avait de raison à aller parce qu'ils avaient obtenu des informations qu'ils n'auraient pas dû voir.

**

Contacter sa cavalière, lui parler mentalement. Il savait comment faire, il avait l'habitude, tout le mécanisme psychique était presque inconscient, il n'avait pas besoin et n'avait jamais eu besoin de réfléchir ni se concentrer longuement pour réussir à trouver l'esprit de sa cavalière. Mais là, lorsque Shirokhan voulu lui parler, il ne trouva que la sensation étrange et stressante de quelque chose qui n'était pas à sa place habituelle. Comme un humain qui se retrouverait devant sa porte d'entrée, et qu'en plongeant la main dans sa poche pour attraper ses clés, se rendrait compte que ces dernières ne s'y trouvaient pas. Alors, il chercherait un peu plus longtemps, dans ses autres poches, avec une petite angoisse grimpante, jusqu'à les retrouver. C'est exactement ce qui arriva à Shirokhan, dont l'attention monta d'un cran et dont la paresse quitta subitement l'esprit. Le dragon releva soudainement la tête, comme s'il avait entendu un bruit. Heureusement, il n'eut qu'à chercher à peine une seconde pour toucher l'esprit de sa cavalière, occupée à faire cours. Mais oui, tout allait bien, pourquoi est-ce qu'il s'affolait comme ça ? Tout était normal. Il était juste à moitié endormi, c'était pour cela qu'il avait eu besoin de se concentrer, il ne pouvait pas espérer que son esprit soit automatique s'il était complètement amorphe ainsi.
Bref, le dragon blanc prit cela comme le moment de se bouger un peu. Son ventre était vide, et en plus, la pause de midi commençait pour l'académie, il y allait avoir des odeurs de nourriture s'échappant de la cantine, des odeurs de viandes cuites et saucées... la plus belle invention des humains, la cuisine. Quel dommage qu'ils ne préparaient que des minuscules portions, si c'était possible, Shirokhan avalerait une vache cuite entière fourrée aux herbes et au fromage. Même si cela devait le rendre malade, car il ne digérait pas les produits laitiers. La viande crue semblait bien fade à côté, et c'était sans doute pour cette raison qu'on apprenait aux cavaliers de ne pas donner des plats humains à leur dragon. Enfin, cela n'empêchait pas la plupart de partager leur repas avec leur compagnon draconien.

Le dragon blanc se releva, lentement, ayant l'impression que chacun de ses membres pesaient beaucoup plus lourds que d'habitude. C'était fatiguant... et d'ailleurs, comment ça se faisait ? Il avait dormi toute la nuit, et toute la matinée, alors il n'avait pas être autant fatigué. Peut-être qu'il manquait réellement de nourriture ? Qu'il avait plus faim qu'il ne le pensait ? C'était vrai qu'il avait du mal à se rappeler la dernière fois qu'il avait chassé. Vivre avec un rythme humain, dormir chaque nuit et à heures fixes pendant plusieurs années commençait peut-être à ne plus lui convenir. Après tout, un corps de dragon était fait pour vivre plus longtemps, dans une temporalité beaucoup plus étendue.
Marchant jusqu'au bord de la falaise, Shirokhan s'ébroua comme un chien sortant de l'eau, et étira longuement ses muscles. Puis il l'élança dans le vide. Et se rendit immédiatement compte que quelque chose n'allait pas.
Ses ailes étaient comme figées.
Au lieu de prendre le vent et le porter, l'air glissa contre la membrane, et il piqua en avant. Les articulations de ses ailes ne lui répondaient plus, et sans comprendre ce qu'il lui arrivait, son corps bascula dans le vide, se raclant contre les roches de la falaises. Il sentit ses écailles et ses membres se cogner contre la pierre, entendit de nombreux cailloux se détacher, et par-dessus tout, l'horrible sensation de chute. Un lourd vertige l'étreignit, lui retournant la tête. Une nausée remonta dans sa gorge, provoquant des fourmillements dans ses extrémités. Puis, la douleur. Jamais il n'avait remarqué que le sol était dur à ce point. Sa chute n'avait durée que quelques seconde, le temps qu'il franchisse les dizaines de mètres de la falaise, mais le choc contre la terre était tel qu'il avait l'impression d'être tombée de centaines de mètres. Le bruit sourd s'accompagnait de poussière et de graviers, pendant plusieurs secondes, avant que tout ne redevienne calme. Il était dans l'arrière du bâtiment principal de l'académie, où il n'y avait rien ni personne, c'était juste une zone vide avec de la terre ou l'on pouvait accéder par des sorties utilisées uniquement par le personnel de la cantine pour faire une pause cigarette.
Tout son flanc droit le brûlait. Cela pouvait arriver qu'un dragon perdre l'équilibre en vol et n'arrive pas à se redresser, à cause d'une tempête ou autre, mais dans ce cas il faisait en sorte d'atterrir de manière à se faire le moins mal possible. Mais là, non. Lui c'était juste écrasé en subissant toute la force de la gravité et son propre poids. Il ne réfléchissait pas, il n'essayait pas de comprendre, Shirokhan se contentait de respirer rapidement, les yeux fermés, la douleur dans son épaule et sa patte droite le lancinait. Il lui restait juste assez de conscience pour espérer que personne ne l'ait vu chuter ainsi.
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MessageSujet: Re: Midi au soleil   Sam 15 Sep - 18:22

Lui, les pensées tournées par le décolleté d'une prof ? Noooon. Enfin. Siiiiii. Mais elle avait de telles formes aussi que cela ne pouvait pas être réel. Il se mit à baver, avant de secouer la tête en prenant un air totalement désapprobateur par rapport à ce qu'elle venait de dire.
-Et moi mon petit doigt me dis que ton esprit n'est pas tourné vers les cours, mais plutôt vers une exploration !
Il ajouta ceci en riant, car en disant cela, Ryuko avait dit en même temps « bon passons aux choses sérieuses », le confortant dans on idée.

Il ne laissa pas Ryuko terminer sa phrase quand elle sortit le muffin qu'il l'attrapa et planta ses dents dedans. C'était trop bon. Il adorait les muffins, les chips, et le saucisson aussi. Et plein d'autres choses.
-Che chrop bon, dit-il mâchant la bouche pleine.
Il avait écouté tout ce qu'elle avait à dire bien entendu, et il se sentait prêt. Il avait bien dormi cette nuit, il était en forme. Ça lui convenait. Il avala son muffin avant de commencer à parler.
-Ok, ça me va, je serai en forme. Enfin je suis en forme ! J'ai trop hâte. Moi aussi j'ai pris des petits trucs, bon c'est pas aussi pro que toi mais bon.
Il pris son sac en bandoulière et l'ouvrit, il avait pour une fois mis ses cours de côté, et ses livres aussi. Orion sortit de son sac des couvertures, ce qui prenait pratiquement toute la place, une batterie externe pour son téléphone au besoin pour internet qui mangeait toute la batterie. Il y avait aussi de la nourriture un peu écrasée ou fondue, des gâteaux surtout et deux petites bouteilles d'eau. Les grandes n'avaient pas voulu rentrer.
-Bon. On part maintenant ? Je sais pas si on aura la chance de le voir, ni même si on pourra rentrer cette nuit, mais bon, on s'en fout, on a rien d'équilibrer, pas de tente, juste de quoi faire un feu, on est vraiment des jeunes quoi.

Les pelouses commençaient à se remplir, pour Orion c'était le bon moment de s'éclipser en douceur. Mais...
-Hé t'as pas entendu un bruit ?
Il se releva un peu plus, se dressant, à l'écoute, mais le calme était rapidement revenu. Il y eut une secousse aussi, rendant la chose très étrange. Mais il n'y eut aucune alarme d'évacuation sur le coup, et au loin des sirènes retentirent. Que se passait-il donc ?



Le cours se déroulait bien, elle prenait toujours plaisir à faire ça, c'était agréable, ça détendait en quelque sort. Mais il y eut quelque chose. Son corps se raidit, sa voix se stoppa net dans les explications de différences morphologiques entre le mâle et la femelle dragon des volcans. Les élèves parurent surpris, mais ils furent complètement stupéfait quand leur enseignante quitta précipitamment la salle de cours. Navi abandonna la salle de classe, elle ne marchait plus avec toute sa grâce et sa dignité naturelle mais elle courait avec précipitation, n'hésitant pas à heurter les gens. Elle avait cette sensation étrange, elle se sentait mal. Mais ce n'était pas un mal qui lui était propre, ce n'était « pas à elle ». Pourtant la sensation était bien présente, elle se mue en douleur, en pincement au cœur, elle eut la nausée, le vertige aussi. Mais son corps était coupé de son cerveau, il avançait tout seul, mu par une force invisible qui le forçait à vouloir aller plus vite. Rapidement l'institutrice atteignit des endroits qui étaient peu fréquentés, et elle arriva par la suite sur les lieux du drame.

La poussière retombait, à moitié emportée par le vent, et le dragon était sacrément amoché. Sa cuirasse l'avait protégé, mais le choc avait tout de même dû atteindre le milieu interne de Shirokhan. Il soufflait bruyamment, rassurant alors la femme sur son état. Il était en vie. S'approchant, tremblante, elle posa sa main sur son museau, osant à peine le toucher de peur de lui faire mal.
-Hé, Shiro... ça va bien se passer, tout va bien mon grand, sa voix tremblait elle aussi.
De sa main libre Navi appela les secours, et son esprit semblait lointain, perdu dans sa connaissance. Pourtant elle ne trouvait rien. Il n'y avait rien. Seulement du vide, et de la peur. Alors qu'elle s'était accroupie à côté de son dragon, elle laissa sa tête se poser tout délicatement sur le museau du dragon, lui parlant pour le rassurer. Elle ne chercha point à lui demander ce qu'il s'était passé, et encore moins à lui parler des blessures, ce n'était pas ce qu'il fallait faire. Ils pourraient voir ça plus tard. Le personnel de l'académie arriva peu à près qu'elle ait appelé les secours, alertés par le vacarme et le tremblement du sol.
Alors qu'elle le caressait elle pouvait sentir ses muscles raides, l'angoisse montait en elle, mais l'enseignante faisait tout son possible pour retenir ses sentiments négatifs, pour ne pas atteindre plus le dragon blanc. Plus tard ils en riraient, c'était tout ce qu'elle espérait.
Pour l'instant sa magie s'évanouissait, mais dans cette encyclopédie quelque chose allait bien correspondre au fait, et ce n'était pas de bon augure. Mais tout l'être de Navi se fermait à cette idée, la laissant de côté, et son corps et son esprit faisait le vide pour ne penser qu'à des choses positives en attendant les secours. Son cœur se serrait, mais aucune larme ne coulait, elle ne voulait pas montrer ça à Shirokhan, elle ne voulait pas l'inquiéter plus.
-Qu'est-ce que tu nous as fait quand même mon grand, tu peux attirer mon attention par d'autres moyens, parvient-elle à dire en essayant de sourire.
Elle continuait de frotter son museau tout doucement, lui offrant une caresse légère comme le vent alors que Navi tentait de garder son souffle calme, de détendre son corps et de ne pas laisser les émotions l'emporter. Il ne le fallait pas. Il fallait rassurer, parler, garder la personne consciente. Ne pas lui donner à boire. Surveiller sa respiration, ses gestes. Mais il semblait tellement mal en point. Navi ne l'avait jamais vu dans un tel état, et elle ne comprenait pas pourquoi. Le temps de quelques minutes la femme aux cornes releva la tête, son regard glissant sur la paroi rocheuse abîmée. Le dragon blanc était donc tombé de tout là haut. Cela ne lui était jamais arrivé. Jamais elle ne l'avait vu échoué un vol. Et jusqu'à il y a quelques jours elle se trouvait sur son dos, profitant pleinement du soleil et du ciel.

Au loin retentirent les sirènes, mais elle ne les entendit pas, elle se concentrait sur son ami et compagnon, replaçant les mèches qui lui tombaient sur le museau derrière son oreille. Il y avait quelque chose qui l'inquiétait plus, quelque chose qui l'inquiétait plus que ce qu'elle pouvait voir. Sûrement qu'une personne extérieure devait juste se dire qu'il s'agissait d'une chute banale. Mais un dragon ne tombait pas ainsi. L'institutrice le savait très bien. Et son esprit qui faisait de très nombreux liens fit un rapport avec la dragonne rouge de la veille. Il y avait quelque chose qui se tramait.
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MessageSujet: Re: Midi au soleil   Sam 22 Sep - 0:20

Étant uniquement concentrée sur la carte et l'itinéraire, Ryuko releva soudainement la tête quand Orion se redressa, avec un « hein ? » confus. En jetant quelques regards autour d'eux, elle vit plusieurs têtes tournées dans la même direction. Certains s'étaient même levés en entendant le son répétitif et lancinant des sirènes de véhicules de secours. Elles semblaient se rapprocher de l'académie, alors il s'était vraiment passé quelque chose ? Peut-être un accident, un élève qui s'était blessé.
– Bah, avec autant de dragons dans les parages, forcément ça merde à un moment donné. Mais on s'en fiche ! Ça fait diversion, c'est le bon moment pour filer.
La jeune fille ramassa toutes ses affaires en un temps record, et les bourra lamentablement dans son sac à dos dans le plus complet des bordel. Puis, elle bondit sur ses deux jambes, le paquet de chips presque terminé encore dans ses mains.
– Allez amène-toi, vite !
Ce fut donc toute contente qu'elle attrapa le poignet de son ami, et se mit à galoper en le traînant derrière elle... ah cette sensation de liberté ! Rien que l'idée de tout laisser tomber et partir, se ficher des conséquences, juste profiter. Les responsabilités semblaient beaucoup moins accablantes maintenant qu'elles étaient derrière.
Comme à l'habitude à la pause de midi, les portes étaient grandes ouvertes. Bien sur l'académie n'était pas une prison, alors les portes étaient toujours ouvertes, mais si on n'avait un peu trop l'air de lycéens, le gardien demandait parfois les raisons de la sortie. Les sirènes étaient donc bien à destination de l'académie, vu que les véhicules déboulèrent sur l'allée principale. Certains voudraient sûrement savoir ce qu'il se passait, après tout la curiosité morbide était une caractéristique bien humaine, mais Ryuko ne considérait pas avoir le temps pour ça. L'exploration n'attendait pas.
Elle ne lâcha Orion qu'une fois arrivée à l'extérieur des murs, comme si elle voulait être certaine qu'il l'accompagnerait et qu'il n'allait pas changer d'avis.
– J'vais chercher mon scooter, on n'a qu'à se donner rendez-vous, euh... devant le parc du Thabor, c'est sur la route.
Supposant que l'affirmation allait de soi, la jeune fille se mit à courir une nouvelle fois sans attendre de réponse. Mais se retourne après plusieurs mètres.
– Ah, et tu pourra acheter de l'alcool ? Moi j'ai pas l'âge et on me demande toujours un papier d'identité... prend ce que tu veux. Mais pas un truc dégueu genre du vin, hein ! Plutôt de la brennivín ou du pisco au sucre, tu vois. On se retrouve dans quinze minutes !
Elle fit un signe du bras, et continua son chemin, toujours en courant. Qu'est-ce que c'était pratique d'avoir un ami légèrement plus âgé ! Pas trop grand, mais pile ce qu'il fallait. Et pour une fois qu'elle ne partait pas toute seule en dehors de la ville... bon elle aimait être seule, mais avec Orion c'était différent, il n'était pas là pour la juger ou faire des leçon de morale, et en bonus, il avait de la conversation – parce qu'elle était certaine que les voyous avec lesquels elle traînait ne sauraient même pas épeler leur prénom.

**

Quelque chose lui chatouillait les naseaux. Il n'avait pas vu les minutes passées, pour lui il ne s'était écoulé que quelques secondes entre le moment ou son corps avait basculé dans le vide, et ce moment où il sentait les caresses sur son nez. L'odeur et la chaleur étaient rassurantes. Même si ses membres tremblaient, que le vertige l'empêchait de réfléchir correctement, que la souffrance lui brûlait la chair, la simple présence de cette odeur familière apaisait son esprit, et affaiblissait les effets du contrecoup, de l'état de choc. Cette odeur, il voulait la garder prêt de lui, qu'elle ne parte pas, qu'elle continue à le rassurer, à lui chuchoter des mots, dont il avait encore du mal à saisir le sens, mais qui étaient doux à ses oreilles.
Le dragon blanc entrouvrit les yeux, il tenta de se remettre debout, mais les vagues de douleur le paralysait lorsqu'il tentait de bouger ses muscles. Il se réussi qu'à rouler pour s'allonger sur son autre flanc, celui qui n'avait pas subis toute la puissance du choc. Sa postérieure droite était dans une position étrange, il avait l'impression que tout était déchiré. Il senti aussi les odeurs inconnues humaines, qui s'agitèrent autour de lui, mais il ne gardait son attention uniquement sur Navi, écoutant ses paroles. Paroles qui se perdirent lorsque des bruits horriblement désagréable vinrent briser le calme de l'endroit. Ces sirènes agaçantes se rapprochèrent encore et encore, jusqu'à finalement s'arrêter, le bruit se faisant remplacer par le son des pneus crissant sur la terre. Non seulement dans les vapes à cause du choc et d'un épuisement étrange, Shirokhan ne réagit pas en sentant des pressions sur son corps, des mains qui l'examinait. Que s'était-il passé, déjà ? Pourquoi avait-il mal ainsi ? Est-ce que des ennemis les avaient attaqués ? Mais ce n'était pas grave. Ce n'était pas grave qu'il soit blessé, du moment que sa cavalière n'avait rien. C'était elle qui importait le plus. Personne ne devait lui faire de mal.

Les secouristes, arrivés à bord de plusieurs véhicules de secours, s'était dépêchés de lister les blessures sur dragon, et pendant que plusieurs préparait le matériel, un homme en uniforme s'approcha de la cavalière pour lui expliquer la suite.
– Mademoiselle... nous pensons qu'il a plusieurs côtes abîmées, mais par chance, nous n'avons pas décelé d'hémorragie interne. Il a néanmoins la hanche démise, il faut lui replacer rapidement...
Il marqua une pause pour parler doucement, espérant que le reptile n'entende pas.
– Hm-hm, ça... ça risque d'être très douloureux à cause des nerfs qui passent à cet endroit. Pourriez-vous essayer de détourner son attention pendant que nous procédions ?
Shirokhan releva immédiatement la tête. Il n'avait pas entendu – ou plutôt, n'avait pas prêté la moindre attention à – ce qu'avait dit l'homme à côté. Un mince filet de sang coula de son museau, et il fixa le secouriste d'un air hargneux. Que voulait-il celui-là ? Était-ce lui, l'ennemi qui avait attaqué ? Pourquoi s'approchait-il de sa cavalière ? Il lui voulait du mal, c'est ça ? C'était sûrement ça, il voulait se moquer d'elle, il voulait la blesser ! Il se croyait fort, peut-être ? Ils croyaient qu'ils pouvait se gausser d'une cavalière ainsi alors qu'il n'était qu'un pauvre et faible humain ? Ces minuscules humains se pensaient fort parce qu'ils étaient plusieurs ? Ils pensaient qu'ils avaient raison, mais la vérité, c'était qu'ils n'étaient que des bestioles tout juste bonne à baisser les yeux devant les dragons et leurs cavaliers. Ils leurs devaient le respect.

Immédiatement, le dragon blanc grogna et balança sa tête, l'envoyant violemment contre ce pauvre et petit humain, lui donnant un gros coup de crâne. L'homme décolla du sol avec un cri étouffé par la force du choc, comme s'il venait d'être percuté par une voiture, et retomba lourdement par terre quelques mètres plus loin.
– Ne. La. Touche... Pas !
Sa voix était grondante. Son cœur battait fort, il pouvait le sentir cogner sous son poitrail. Shirokhan referma ses griffes sur le sol, forçant sur ses muscles pour se remettre lentement debout, sans quitter des yeux ces hommes, qui s'étaient précipité vers leur collègue pour vérifier qu'il allait bien. Ses ailes n'étaient pas repliées et traînaient de chaque côté de son corps, pourtant, le dragon se releva. Tant pis si ça faisait mal, il n'allait pas laisser ça se passer. Shirokhan rugit en direction des humains étrangers, il se dressa sur ses pattes. Sur seulement trois pattes, sa postérieure droite, celle ayant choqué contre le sol, étant dans une position peu naturelle. Le reptile, dont le corps restait tout de même près du sol, entoura sa cavalière de son cou.
– Ne t'inquiète pas, je vais les dévorer... tous ! Plus... plus... jamais...
La tête tournée vers les autres hommes, la gueule ouverte, on voyait clairement le fond de sa gorge briller en bleu, les lueurs traversant les crocs.
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