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 L'Affrontement [Crête de la fournaise]

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Ikari
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MessageSujet: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Sam 5 Aoû - 2:26



Le soleil peignait de ses rayons l'épais mur de roche, ils s'infiltraient par l'étroit passage qui menait à l'espace aussi grand que deux terrains de foot réunis. Un enclos de roche, de pierre et de lave solidifiée, caché au monde, pris dans des doigts rocheux et qui cachait pourtant un autre enclos minéral. Plus petit, plus haut aussi. Ce petit cercle surplombait cette terrasse grise et poussière, à la roche chaude qui ne laissait que peu de place aux bourrasques, faisant des deux lieux un véritable étau, condensant la chaleur des volcans plus haut dans les terres.

Pourtant une bourrasque claqua la terre, balayant la poussière qui dans un tourbillon se fit emporter loin de cet endroit si étrange, imprégné d'une puissante magie, d'une aura puissante qui s'écrasait sur chaque élément. Alors que de multiples bourrasques venaient s'entrechoquer contre ce sol, une ultime confrontation se heurta, et un râle grave s'éleva, à peine audible dans les forts vents qui faisaient vibrer ciel et terre. L'aube s'élevait et la vie quittait dans un dernier soupir la bête dont les os s'étaient fracassés au contact dur et tiède de la pierre. Les bourrasques prirent fins, le sol trembla, l'animal eut un dernier soubresaut, peut-être même une dernière pensée, son cœur las, épuisé commença doucement à s'éteindre, telle la dernière lueur d'un feu mal entretenu, le monde s'évanouit devant son regard que le voile vitreux et terne de l'Inconnu commençait à recouvrir. L'aube renaissait après la nuit, mais après celle-ci aussi un être mourut, incapable de modifier son destin, impuissant face aux forces qui l’oppressaient. L'animal ne pouvait que ressentir la fatigue le couvrir, les ténèbres l'envahir, nul pensées de besoin, de peur ou de buts inaccomplis ne vint troubler le repos qui enlisait son cœur. Le monde s'effondrait, à moins que cela ne soit lui qui chutait dans d'impensable limbes ? Mais la bête ne pensait pas, elle vivait simplement ses derniers instants, à se sentir lourde, à entendre le bourdonnement du silence avant que même celui-ci ne la délaisse dans un monde d'âmes mortes puisque, déjà, le monde dans lequel elle avait péri n'existait plus, et n'avait jamais existé pour l'animal.

Lentement le sang se répandit sur les roches volcaniques, mais il ne s'agissait là que des derniers litres pulsés par un cœur devenu inactif. De puissantes serres se refermèrent sur le ventre du mort, écartant les chairs ouvertes, éparpillant le festin qui allait atténuer sa faim. Son regard de ténèbres glissait sur les courbes sans vie, et lentement le bec s'ouvrit, son haleine chaude s'opposa au corps qui se refroidissait, l'odeur du sang effleura agréablement ses narines... la faim le tenaillait. Pourtant la plus grande bête se stoppa. A mi-parcours entre lui et sa proie il referma sa gueule dans le vide, son regard reflétant un être brisé par la vie se posa sur le corps dont la vie venait de quitter. Quelques souvenirs lui revinrent en mémoire. La peur. L'effroi. La solitude. La mort.
Un instant il hésita, un instant il se questionna sur ses choix, sur le passé dont il portait le lourd tribut, où l'héritage du lui d'avant n'était qu'un cadeau empoisonné. Puis soudain, l'agacement, la colère, de ses actes d'antan dont il ne tirait plus qu'une frustration instable, si bien que son bec se referma sur l'être qui avait, en l'espace de quelques instants, reflété ce qu'il avait toujours voulu oublier.


Alors, tandis que du corps de l'animal il ne resta plus que le sang sur la pierre, le chasseur s'ébroua. Il releva sa tête tout en étendant les deux ailes sur les côtés de son crâne, mais le plus spectaculaire fut lorsque toute sa force, tout sa splendeur sembla éclater au moment où il étendit une seconde paire d'aile, si grande que pour les mythes elle aurait pu cacher le soleil au monde. D'un seul battement, à la seule puissance de ses ailes, la bête quitta les terres afin de se retrouver dans les vastes cieux. Sans quitter la zone où son nid se trouvait mais dans lequel il n'allait plus jamais, il se laissait à moult divagations, à divers souvenirs tous plus douloureux les uns que les autres. Pourtant il avait fait le choix de continuer à vivre, et qu'importe les jours où il regrettait ces choix, qu'importe les moments où la cruelle vie venait répandre son poison, il avait fait le choix d'attendre le moment fatidique où la vie aurait besoin de lui.
Puisque, malgré tous les impitoyables événements qu'elle lui avait fait subir, pour tout ceux qu'elle lui ferait subir encore et encore, il ne pouvait pas se résoudre à tout abandonner lâchement. Il ne pouvait pas se résoudre à l'abandonner. Puisqu'il attendait le jour où cette fois il aurait le pas sur son destin, où il n'en serait plus l'esclave mais le maître. Puisqu'il attendait le jour où il pourrait prendre sa revanche.
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Sam 5 Aoû - 19:46

Un endroit aussi terne et poussiéreux... si elle avait été une bête aussi grande, qui pouvait choisir l'endroit ou installer son nid, c'était certain qu'elle ne serait pas allée dans un lieu pareil, rempli de roches dures et brûlantes. Cela faisait... trop longtemps, qu'elle était à sa poursuite. Plusieurs fois, elle avait songé que même s'il pouvait voler, il y avait tout de même un endroit où il reviendrait, ou plus généralement, peut-être une zone ou il passait plusieurs fois. Serait-ce de l'acharnement inutile ? Elle y pensait, mais intimement, la jeune femme ne voulait pas abandonner, il y avait toujours cette insatisfaction qui lui pesait, ce sentiment d'inachevé, voire même... qu'elle avait raté quelque chose d'important. Et puis, il allait sans dire que celui qu'elle chassait semblait avoir volontairement loupé des occasions de se débarrasser de son poursuivant, et ça, ce n'était pas une réaction habituelle de bête.
Si William avait conduit lentement à travers les plaines, dont l'herbe était déjà très sèche, elle avait du laisser sa voiture loin, car le chemin qu'elle avait emprunté ne pouvait se faire autrement qu'à la force des jambes. Alors pendant plusieurs heures, sous la chaleur infernale de l'été couplée à celle habituelle dégagée par la proximité avec les volcans, l'humaine qu'elle était avait combattu l'épuisement, l'isolation et la déshydratation, devant gravir la montagne en forçant sur les genoux, parfois même, sur ses bras lorsque la pente devenait bien trop raide. Les rochers coupe-gorge offrait de bonne prise pour les mains, pour peu que l'on savait ou s'accrocher, mais à force de s'appuyer sur des cailloux aussi chauds qu'une plaque de cuisson, ses paumes et ses doigts rougeoyants lui faisait un mal de chien. Et ce, même malgré les longs gants mitaine qu'elle portait. La terre fine s'infiltrait de partout, ternissant ses cheveux clairs, salissant ses habits, la faisant tousser parfois violemment et cracher sur le sol pour nettoyer sa gorge. Mais malgré tout cela, la chasseresse avançait telle une machine entre les rochers, sans faire de pause, buvant quelques gorgées d'eau tiède sans s'arrêter.

Lorsqu'elle arriva au bout de la montée qu'elle gravissait, posant le dernier pas sur un rocher plat, un souffle de vent brûlant lui fouetta les joues. Ici, en hauteur, l'air circulait, mais lorsqu'elle regardait en contrebas, en direction de cet espèce de creux rocailleux, le paysage se déformait à cause des vapeurs d'air ardent qui stagnaient dans cette cuvette. S'il fallait combattre la-dedans, sûrement qu'elle allait être à son désavantage, à cause de l'ambiance étouffante. Au-dessus de sa tête, William le vit passer, planant en hauteur. Sûrement avait-il déjà constaté sa présence, car cette fois, pas de piège sournois ni de choses cachées, pas d'armes supplémentaires ni d'autre aides que son épée. Juste un simple face-à-face, pour un combat brut.
La jeune femme entreprit la descente vers cette cuvette torride, ou rien que la respiration était difficile. Certain cailloux glissaient et tombaient à mesure qu'elle avançait, devant toujours plus forcer sur ses jambes pour ne pas dévaler la pente, mais ce fut sans soulagement qu'elle arriva sur le sol plat. Elle avait dépensé beaucoup trop d'énergie pour arriver jusqu'ici. William ouvrit sa bouteille d'eau, s'en versa sur le front, avant de boire jusqu'à la dernière goutte. Non loin d'elle se trouvait la carcasse éventrée d'un animal, cuisant presque dans cette ambiance asphyxiante.

William se mit simplement à marcher, laissant son épée pointée vers le sol, traçant une ligne dans la poussière, des frissons lui parcourait l'échine malgré ma chaleur de l'endroit. Car elle avait bien l'impression que cette fois, pas de retour en arrière, cette chasse lui pesait, alors maintenant, elle devait se terminer, l'un d'entre eux devait en finir aujourd'hui, qu'elle le tue ou qu'elle meurt, au moins, se serait fini pour de bon. Levant la tête vers le ciel, la chasseresse attendait de voir s'il allait faire le premier mouvement.
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Ikari
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Dim 6 Aoû - 0:26

Le Dragon Rapace l'avait vu. Depuis bien longtemps d'ailleurs. Son regard perçant avait repéré la petite humaine qui se déplaçait entre les roches. De temps à autres, il l'avait perdu de vu, mais en soit, elle ne faisait que tourner autour de son nid pour parvenir à y accéder. Si lui pouvait voler, Allark avait pleinement conscience que le chemin devait être rude pour la faible humaine qu'elle était. Faible ? Il ne pensait pas réellement qu'elle était faible. Inconsciente peut-être. Néanmoins, le grand dragon ailé reconnaissait sa force, son habilité, et son incroyable ardeur. Jamais un chasseur était parvenu si loin, jamais un humain n'avait réussi à trouver son nid, et encore moins à fouler la terre ardente pour espérer le piéger. Certes, il ne sentait pas de piège. Pour une fois, c'était même le contraire qu'il ressentait. Après moult combats, moult batailles menées à bien ou à mal. Après qu'elle l'eut pousser dans ses retranchements par moment, il pressentait une « dernière bataille ». Pour le dragon, laisser un Homme s'approcher de son nid était un délit, pourtant il avait refréné ses ardeurs, ses pulsions violentes presque pour ne pas lui plonger dessus toutes griffes dehors. Il avait dévoré sa proie, puis s'était mis à planer ensuite, dans l'attente de sa venue.
Il aimait son nid, son emplacement, un emplacement difficile d'accès, un emplacement à la vue splendide, et surtout, deux alcôves : une plus en hauteur que l'autre mais plus étroite pour son nid de paille, de branchages et de feuilles où il pouvait dormir bien que le sommeil l'avait quitté depuis des siècles dans ce nid. L'autre alcôve plus basse permettait de prendre des repas, de jouer avec ses proies ou bien d'étendre ses ailes pour les nettoyer.

S'il l'avait laissé s'approcher autant c'est qu'Allark avait l'étrange sentiment qu'encore une fois, la vie allait lui jouer un sale tour. Mais ce sale tour, il en avait le pressentiment, pouvait aussi se retourner, plus loin dans le futur, contre la vie. Alors, le dragon aux plumes magiques avait pris son mal en patience. Au-delà d'une simple bataille, quelque chose de plus profond se tramait, comme si, malgré la bataille, une ombre était tapie. Ce n'était pas la première fois qu'il ressentait, au plus profond de son épais plumage, une sensation étrange lorsqu'il la combattait, elle, en particulier, elle, seulement elle, uniquement elle. Les batailles pouvaient créer des liens, et un lien entre un véritable chasseur -dans le sens un chasseur respectueux, conformes à faire comme avant, la traque, le respect de l'animal...- et sa proie n'était qu'un lien unique, invraisemblable. Il aurait pu la tuer. Elle aurait pu le tuer aussi. Mais, au fil de leurs batailles, le grand dragon sentait que ce n'était plus une histoire de tuerie mais quelque chose de bien plus important, plus profond. Peut-être que le sentiment n'était pas partagé, ou bien que l'impression n'était pas la même, pourtant Allark ne ressentait pas la peur de mourir, ni une résolution à mourir. Conscient que sa vie allait perdurer encore de nombreux siècles. Il s'agissait d'une bataille, mais pour lui, pas d'une fin, ni pour son être, ni pour la chasseuse qui parfois était devenue la proie. De nombreuses fois ce duo avait échangé leur place, lui à la base une proie était devenu un chasseur, elle à la base une chasseuse était devenue une proie.

Ses deux paires d'ailes battaient en rythme mais sans être en phase, les ailettes sur sa tête frappaient l'air, puis ensuite les deux grandes ailes à l'envergure vertigineuses brassaient les cieux, mais en ce temps, ses quatre ailes étaient étendues afin de planer. Il l'attendait. Au bout de quelques heures sûrement pour l'humaine mais au bout d'un battement de cil dans la vie du dragon, il perçut enfin sa présence tout proche du nid. La chasseuse arrivait par le plateau, ne s'étant pas donné la peine de grimper plus haut pour accéder à son véritable nid, un enclos plus étroit, en hauteur. Elle semblait abattue, sa lame traînait dans la poussière volcanique, et sûrement souffrait-elle de la chaleur. Lui se sentait bien, malgré son épais ramage, ses pattes touffues et sa carcasse épaisse, il se sentait bien.
Puis finalement, sans perdre plus de temps, Allark entama un tour de l'étau, les ailes presque placées verticalement par rapport à l'axe de la terre. Au final, il la reconnaissait comme son égal, elle s'était battue jusqu'au bout, et elle s'était bien battue il l'admettait, il le reconnaissait. Alors, le dragon de plume voulait donner un dernier combat épique. Son bec de cuir sombre se tourna vers le corps de l'humaine, dans sa boucle, il était dorénavant face à elle, loin certes, mais dans son axe. La tension grandissait entre eux, et encore une fois, à chaque combat, le reptile de plume sentait quelque chose au fond de lui, et cette chose, il le savait, allait se dévoiler en ce jour.
Sans plus de cérémonie, Allark fonça droit sur la chasseuse, les serres bien avant, près à les resserrer autours de son frêle corps. Cependant, elle parvint à l'esquiver, et sa grande taille ne lui permettait pas une grande précision avec un être aussi petit. Dès lors, le dragon rapace foula le sol, il ne reprit pas son envol, restant sur la terre, la piétinant en laissant de longues traces dues à ses serres immenses. Sa queue fouettait l'air, et son bec cherchait la chasseuse pour la becqueter.


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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Dim 6 Aoû - 0:26

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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Mer 9 Aoû - 19:48

William regarda attentivement les mouvements de l'oiseau géant au-dessus de la montagne. Malgré sa taille, il n'avait pas l'air d'avoir un quelconque problème pour se déplacer dans les airs. Le suivant des yeux, la tête tournée vers le ciel, elle profita de ce calme avant la tempête pour se demander ce que ça pouvait bien faire de voler ainsi, libre de se déplacer ou bon lui semble, nullement arrêté par les caprices de la terre, les montages ou les mers. De le voir ainsi, toujours la même sensation, c'était dommage de devoir mettre à mort un être comme cet oiseau géant. Mais après tout, c'était son boulot de chasseuse de primes, c'était pour cela qu'elle le poursuivait depuis si longtemps, n'est-ce pas ?
Même cette affirmation, elle n'en était pas certaine. C'était certes la première fois qu'une chasse durait aussi longtemps, et si il y avait ce petit côté de fierté à se dire qu'elle n'avait jamais abandonnée une traque, d'un autre côté, si sa motivation n'avait été que pour l'argent, peut-être aurait-elle fait une dérogation pour ce contrat la et aurait fini par laisser ce dragon tranquille. Mais... il y avait quelque chose en plus. Cette impression de louper un truc important, de ne pas réussir à trouver quoi, tout en sachant qu'il était bien là. Comme quelqu'un qui saurait qu'un trésor est enterré dans un champ, et que ne pouvait pas s'empêcher de creuser avant de l'avoir découvert. Et la, en cet instant, à regarder le dragon voler et commencer à se positionner pour attaquer, malgré le fait qu'elle risquait sa vie, qu'elle pouvait mourir ou pire, rester blessée à vie, William ressentait aussi une part de satisfaction à être arrivée jusqu'ici. Comme si, après tout ces combats, elle était contente de se retrouver une fois de plus face à lui, pour le simple fait d'être avec – ou plutôt contre – cette bête.

Jugeant de la taille immense de son adversaire, la jeune femme cru que ses jambes déjà fatiguées par la montée n'allaient pas lui permettre de l'esquiver complètement, mais... deux pattes aux serres acérées qui lui fonçaient dessus était une excellente motivation. Devant le danger de la douleur ou de la mort, la décharge d'adrénaline qui s'ensuivit lui permit de bouger aussi rapidement qu'elle le voulut, se jetant sur le côté pour esquiver, sa cuisse ne se souvenant que trop bien des dégâts que pouvait faire cette attaque.
Être couverte de poussière était bien son dernier soucis, la jeune femme se releva presque immédiatement, levant un bras devant sa figure pour réduire le souffle de vent et la terre projetée lorsque le grand oiseau atterri. Elle jugea ensuite de ses possibilités.
Attaquer les parties qui étaient facilement à sa portée, à savoir, les pattes, la où se trouvait les plumes blanches. Toute la poussière soulevée formait presque un brouillard autour des pilons de la créature, ce qui rendait leur atteinte plus compliqué. Mais d'un autre côté, peut-être pouvait-elle profiter de ce nuage avant qu'il ne finisse par retomber ? Ce n'était pas comme si elle n'avait pas l'habitude de combattre dans des environnements poussiéreux après tout ! Et encore moins en ce qui concernait la chaleur, n'avait-elle pas passée son enfance dans un désert ? Ses mains douloureuses, les grains de sable brûlants qui s'infiltraient et irritaient la peau, l'air chaud qui donnait l'impression d'avoir tout le mal du monde a respirer, c'était des sensations qui lui rappelait ses premiers combats dans les dunes, contres les félins du désert aux dents de sabre, contre les scorpions ou ces espèces de lézards aussi gros et vifs qu'une panthère. Tout cela la rendrait presque nostalgique, si son esprit n'était pas totalement concentré sur le combat qui venait de commencer. Il fallait tout donner maintenant, laisser la place à l'action et aux réflexes.

D'un geste, William attrapa un foulard blanc qu'elle noua autour de son visage, laissant seulement ses yeux découverts, pour éviter d'inspirer trop de saletés durant l'affrontement et se retrouver avec la gorge et les bronches dangereusement encombrées. Normalement elle avait aussi des lunettes pour se protéger les yeux... mais ces dernières étaient brisés en deux depuis un bout de temps, alors il allait falloir faire sans. Attentive aux mouvement de son adversaire, elle prit soin de se déplacer rapidement pour rester hors de portée du bec meurtrier, mais aussi pour ne pas se faire happer par la queue qui s'agitait dans tous les sens. Raffermissant sa prise sur le manche de son épée, la chasseresse s'élança lorsque l'occasion lui paru la bonne, visant les jarret de la bête, espérant lui couper quelques tendons ou au moins lui entamer le cuir.
Malheureusement, le nuage de poussière et l'absence de protection pour ses yeux était très handicapante, et tout ce qu'elle réussi a faire pour ce coup, fut de mal juger la distance. La lame ne touche même pas la chair et se contenta de couper quelques moitiés de plumes sans faire aucun dégât.


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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Mer 9 Aoû - 19:48

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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Mar 15 Aoû - 13:47

Le nuage de poussière s'élevait au fur et à mesure qu'il piétinait le sol de ses puissantes serres, son bec, avec la férocité dont il faisait preuve, laissait quelques légers impacts sur la roche chaude. Rapidement, un écran brunâtre commença à faire disparaître la chasseuse qui devait sûrement profiter de la poussière pour tenter de l'attaquer. Pourtant, le grand dragon ne sentait rien, ni une douleur ne l'avertissait d'une entaille, ni même un léger tiraillement pouvant indiquer que la jeune femme lui grimpait dessus. Que faisait-elle alors, cachée dans un nuage de poussière qui se faisait balayer par un vent brûlant ? Le dragon-rapace se mit à piétiner moins rapidement, moins fort, jusqu'à s'écarter doucement de l'endroit où il avait marché et où son bec avait meurtri le sol. Un léger grognement fut naissant dans sa gorge alors qu'il fouettait l'air de sa queue dans le sens du vent, accélérant le processus pour faire disparaître le nuage de poussière mélangeant terre sèche et cendre.

Son regard ébène repéra rapidement la jeune femme et les quelques plumes qu'elle avait réussi à trancher. Ainsi donc, tout comme il avait échoué son assaut, elle aussi, elle avait lamentablement échoué. Allark fit un bond en arrière, remettant une certaine distance entre eux, doucement, il écarta légèrement les ailes, sans les ouvrir complètement, l'une de ses pattes gratta le sol tandis que sa tête se pencha sur le côté, claquant le bec comme pour défier cette chasseuse qui était allée plus loin que les autres. Des huissements s'échappaient de son gosier similaire aux rapaces alors qu'il faisait battre sa queue autour de lui. L'animal regardait la chasseuse, il la jaugeait, avec le calme de la mer avant la tempête, l'observait. Il pouvait sentir la fatigue en elle, l'épuisement du à la chaleur et à la montée jusqu'au nid mais malgré tout, la jeune femme continuait de se battre. Il ne pouvait que reconnaître soit de l’imbécillité soit une ardeur et un acharnement digne des plus grands guerriers. La bête avait déjà fait son choix, et au plus profond de lui le combat était déjà terminé, tout c'était déjà joué, pourtant il ne le savait pas encore.
Allark gratta une dernière fois la roche, y laissant la trace de ses serres, avant de se mettre à courir vers la chasseuse, il déploya les ailes, son bec s'ouvrit pour émettre un fort grondement alors qu'il était prêt à la happer de tout son poids.

Il ne comptait pas la tuer, mais pour une fois, il sentait la lueur de la vie s'animer en lui, un brasier semblable à un feu de joie le consumant. Elle lui montrait qu'elle était tenace, alors il voulait lui montrer à quel point il pouvait être puissant et ce même sans utiliser un pouvoir. Ses longues plumes effleurèrent la roche alors que le grand dragon prenait un léger envol, juste avant de percuter la chasseuse, afin de pouvoir l'empoigner de ses serres. Sa poigne se referma sur le petit corps de l'humaine qu'il plaqua sur le sol, la tenant sous l'une de ses pattes. Il savait que si elle gigotait légèrement elle pouvait s'extirper, mais son but n'était plus de la tuer, ni même de jouer avec elle. Allark, afin de pouvoir voir cette humaine, devait plaquer son bec contre son poitrail plumeux, sa patte tenant contre la roche la femme était un peu avancée, facilitant la vision qu'il avait d'elle. Cette fois-ci, il l'observait au plus prêt, un souffle chaud vint même s'évanouir sur la chasseuse qu'il envoya rouler sur le côté par la suite, la libérant de ses serres. Il ne voulait pas la tuer certes, mais le dragon rapace ne l'avait pas ménagé non plus en la jetant sur le côté.

Il se replaça bien droit, le regard sombre toujours fixé sur l'humaine, attendant patiemment qu'elle se relève. Sa peau devait tout de même être assez résistante pour que la douleur ne soit pas insurmontable, juste assez désagréable, et que la roche n'ait fait que taillader la peau. Mais encore une fois, la grande bête ne cherchait pas à la tuer. Allark voulait asseoir sa puissance, faire le beau presque, parce qu'il se sentait revivre.


Dernière édition par Ikari le Mar 15 Aoû - 14:01, édité 1 fois (Raison : Yeah !)
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Mar 15 Aoû - 13:47

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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Mar 15 Aoû - 20:28

Son grondement s'échappait de sa gorge, il se portait avec son pas lourd, labourant la terre de ses griffes, brisant les roches d'un simple contact avec sa paume. Il avancé, faisant trembler le sol sur son passage, faisant se couvrir les cieux et obligeant les animaux à se réfugier loin de son regard jaunâtre et luisant. Il était un roi parmi les monstres, un géant à ne pas sous estimer. Sa fourrure, dressée sur son échine, ne pliait pas sous le vent de braise et ni la chaleur du volcan qui brûlait son cuir ni la poussière volcanique embrumant sa vision ne parvenaient à le faire fuir de ce lieu.
La faim le tiraillait, et l'appel d'un sang frais avait titillé son sombre museau à quelques kilomètres, l'incitant à sortir au grand jour.

La bête, à l'aspect féroce, marchant la tête baissée mais le regard toujours fixé sur l'horizon, les cornes torsadées pointant dans la même direction, ne courait pas. Elle ne se donnait pas la peine de dépenser cette énergie. Malgré l'âge peu avancée de l'animal qui s'aventurait dans le volcan, sa musculature était développée, saillante, les muscles roulaient sous la peau épaisse, se gonflaient pour mieux se relâcher et expirer un vent de puissance aux regards des quelques curieux qui osaient observer le passage de la bête. Mais, les curieux n'étaient que du menu fretin à ses yeux de péridotite, lui voyait plus grand, plus haut. Un râle s'échappa de ses crocs qui dépassaient malgré sa gueule close, ignorant la route abrupte, il continuait de grimper, sa queue balayant l'air sans se soucier de si elle tapait ou non la roche. Seule la faim guidait ses pas, et l'odeur de sang qui enivrait son esprit. Ses deux billes dorées qui lui servaient d'yeux ne pouvaient rien faire d'autres que de fixer le haut de la crête où l'odeur de sang était.
Durant un moment encore ses griffes labourèrent la roche, laissant ça et là diverses traces de griffures alors qu'il empruntait des chemins inconnus, que nul animal ne prenait, allant au plus rapidement, la bête à la peau d'un vert presque noir posa enfin les antérieurs sur le haut de la crête surplombant alors deux creux dans la montagne. Son souffle rauque s'agita à la vue offerte, son cœur fit un bond et ses griffes se rétractèrent plusieurs fois.
Le monstre salivait, le liquide visqueux gouttait sur le sol tandis qu'il s'ébrouait, bandant ses muscles il bondit dans la première alcôve, atterrissant sur des branchages, des feuilles mais beaucoup de plumes duveteuses et confortables. Cependant il se moquait bien du confort, lui qui vivait dans de sombres lieux, au plus profond, dans les recoins humides, là où les torches n'éclairaient rien, si bien que peu d'Hommes n'osaient s'approcher de ces lieux dont il en avait fait son habitat.

La grande bête s'approcha du second rebord, prêt à bondir dans la seconde alcôve, son regard allait du cadavre qui apportait une odeur de sang et une légère odeur de rôti, vers la grande bestiole qui semblait être au prise avec un être nettement plus petit. Tout son être de chasseur s'éveilla, il ne voulait plus de ce cadavre, de cette charogne qui gisait là, au loin. Lui désirait dorénavant chasser, faire couler du sang frais dans sa gorge, sentir la vie quitter ses proies. Il voulait quelque chose de frais. Alors, avant de sauter sur l'esplanade, l'animal rugit. Un grondement violent, puissant et féroce qui vint déchirer les cieux et faire trembler la terre. Puis, sans plus de cérémonie, la grande bête fonça droit sur le grand dragon, avec force et usant de tout son poids, il vint le percuter. Bien que le dragon l'eut vu, il avait mal calculé la puissance de l'attaque et fut rapidement projeté et mis à terre par l'animal.
Il était une bête, un monstre, une terreur que personne ne voulait voir sur son chemin. Bien que le dragon rapace avait déjà dévoré quelques-uns des siens, un combat brut contre un Béhémoth était toujours quelque chose de dangereux.
La bête plongea ses crocs longs et durs dans le poitrail du plumeux, le sang lui gicla au visage alors qu'il voyait d'un œil attentif la queue du dragon s'abattre sur lui. Mais avant même qu'il fut touché, le Béhémoth s'éloigna de nouveau, dans sa gorge un grondement incessant tournait, son regard allait du grand dragon qui se relevait péniblement et dont le torse pulsait quelques filets de sang. Il pouvait sentir la rage du volant, et il adorait cette sensation lui léchant l'échine. Il en voulait plus. Puis, soudain, il se tourna vers l'humaine.

(Pour choisir la personne visée, j'ai lancé un dé 100 si le résultat est supérieur à 50 il vise Allark, si inférieur il vise William
Résultat : 53
et un dé monstre pour l'attaque)
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Mar 15 Aoû - 20:28

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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Jeu 17 Aoû - 1:32

Cette attaque manquée agaça profondément la chasseresse, qui était parfaitement consciente qu'elle ne disposait que de quelques essais, qu'elle ne pourrait pas tenir un combat trop long, que chaque échec serait impitoyablement punit. Le nuage de poussière retombait lentement, elle n'allait plus pouvoir profiter de cet écran, bien que cela l'arrangeait aussi d'un côté, sa vue étant considérablement affaiblie. William prit de l'élan pour se sortir de là, reculant alors que son adversaire s'éloignait aussi. Ce n'était que le premier assaut. Il y eu un moment de flottement, durant lequel la jeune femme se campait sur ses deux jambes, et la poussière finissant bien par retourner au sol, elle baissa la foulard noir qui lui protégeait le visage, lorsqu'il n'y avait plus de particules trop importantes dans l'air, il n'était plus très utile et l'empêchait même parfois de respirer profondément. Inutile d'aller courir derrière le rapace, il franchirait plus rapidement la distance, alors elle attendit simplement son prochain mouvement.
Plutôt concentrée sur la tête du dragon, pensant qu'il comptait lui donner des coup de bec, elle ne vit que trop tard son intention de se servir de ses serres. William serra silencieusement les dents lorsque son dos choqua contre le sol ardent, le corps écrasé par le poids que mettait son adversaire sur sa patte, cette même patte qui l'a maintenait fortement au sol. Par réflexe, elle empoigna l'un des doigts du rapace de sa main libre, celle tenait l'épée étant immobilisée. Mais étrangement, alors que dans cette position n'importe qui aurait peur de se faire arracher la tête d'un coup de bec, intimement, la jeune femme sentait que cela n'allait pas arriver. Que son adversaire n'avait pour intention de lui donner le mort, ou du moins, pas tout de suite. Retenant presque sa respiration, elle rendait son regard au rapace. Dans l'action des combats, et malgré le fait qu'ils aient été nombreux, elle n'avait pas prit le temps d'observer le crâne entièrement noir, de repérer ou était précisément ses yeux, ni même qu'il avait une sorte de chevelure noire – qui semblait étrangement soyeuse – au-dessus de la tête.
Elle n'émit qu'un souffle court en sentant la morsure brûlante des cailloux lorsque le dragon décida de l'envoyer valdinguer dans le décor. Son premier réflexe fut de protéger sa tête pour éviter de se prendre un mauvais coup sur le crâne, alors qu'elle faisait plusieurs roulades, les pierres cognant et éraflant sans ménagement. Sans se décourager, elle profita de l'élan de la dernière roulade pour forcer et atterrir sur ses jambes, pour ne pas rouler indéfiniment dans les cailloux. Ces dernières l'avait entaillée au niveau des cuisses et des coudes, ouvrant la peau et salissant les chairs de leurs graviers poussiéreux. Empoignant son épée à deux mains, elle s'apprêtait à charger sans attendre, mais un rugissement l'arrêta net.

Voilà qu'un importun décidait de se joindre à la fête. Et sur toutes les bêtes qu'elle connaissait, ce fut l'une des pire qui sauta de la falaise, rien de moins qu'un Béhémoth... il ne fut pourtant pas intéressé par elle, et fonça sur le rapace. Ce fut donc dépitée que William regarda le monstre galoper tête baissée en direction du grand oiseau, le percutant avec force et faisant gicler son sang. Et pile à cet instant, lorsqu'elle vit le liquide rouge ruisseler sur les plumes couleur nuit, pour la première fois elle eut peur pour le dragon. Bien sur, à y réfléchir à tête reposée, on penserait facilement qu'il faudrait bien plus que ça pour venir à bout de l'oiseau géant, mais... la violence du choc était véritablement impressionnante, et comme une réaction totalement instinctive, le cœur de la chasseresse fit un bond, et la poussa à faire un pas en direction des deux monstres, esquissant un geste du bras comme pour attraper quelque chose d'invisible devant elle. Sa propre réaction la surprit, d'ailleurs... ne devait-elle pas trouver cela d'une certaine opportunité ? Mais loin d'être satisfaite de l'arrivée de cet intrus dans la zone de combat, elle n'intervint pourtant pas, n'allant pas défendre le dragon – il pouvait sans doute se défendre seul n'est-ce pas – et encore moins profiter de le charge du Béhémoth pour tenter d'attaquer le dragon plumeux. De manière générale, l'irruption de celui-la ne lui faisait absolument pas plaisir. Qu'est-ce qu'elle venait faire ici, cette saleté ? Il n'avait pas le droit de venir s'incruster comme ça. S'écartant un peu lorsque le monstre recula, sans s'en rendre compte, avant de fixer son attention sur la bête, William attendit quelques secondes que le rapace se relève, comme pour vérifier qu'il était toujours à peu prêt d'aplomb.

Elle avait déjà tué des Béhémots, certes. Mais cela avait été après les avoir affaibli avec des ruses, des pièges ou du poison, sûrement pas en les attaquant de front, faire cela serait purement du suicide. Mais malgré tout, elle devait remercier ses connaissance en anatomie de ces bêtes, dans sa technique de chasse, elle s'arrangeait en priorité pour restreindre ses mouvements, en tailladant aux endroits sensibles comme les articulations ou encore les parties molles du ventre, pour atteindre les organes internes. Sur une bête aussi grande que celle-ci, la précision n'avait pas besoin d'être chirurgicale, il fallait simplement découper la chair assez profondément. Simplement ? Facile à dire, car bien fou celui qui penserait qu'un monstre aussi gros et fort manquerait de vitesse de frappe.

Le Béhémoth fini par se tourner dans sa direction, la fixant avec des yeux affamés. Pour lui, elle ne devait être qu'un apéritif, il pouvait la gober entière d'un coup de mâchoire, et c'est sans doute ce qu'il pensa. La chasseresse avait déjà été chargée par ce genre de montre, et d'habitude, elle s'assurait de combattre dans un environnement comportant des obstacles, que ce soit arbres ou cailloux pour pouvoir se cacher, mais là... étant totalement à découvert, elle n'avait d''autre choix que de compter sur la chance pour réussir à être plus rapide que la bête. Cette dernière gratta la poussière sur le sol, baissant la tête avec une sorte de rictus carnassier, le sang gouttant de ses crocs jusqu'aux poils de son menton. D'une forte impulsion, il chargea, rugissant férocement, prêt à happer la petite humaine d'un mouvement de tête... devant l'urgence de la situation, William tenta le tout pour le tout, se disant qu'en la jouant fine, elle réussirait peut-être à éviter les mâchoires et plonger entre ses pattes.

Évidemment, éviter l'attaque d'un monstre aussi gros lancée à pleine vitesse dans cet environnement plat était compliqué, même pour elle. Si la mâchoire ne se referma pas complètement sur son corps, les crocs entaillèrent tout de même une partie de ses côtes, découpant un morceau de peau. Le pari fut à double tranchant. En prenant le risque de plonger sous les pattes, elle se récoltait une superbe blessure au niveau du ventre, un morceaux de chair en moins... mais même si la douleur lui vrillait l'esprit et qu'elle sentait avec effroi l'éclaboussure de son propre sang imbiber ses vêtements, William força tout de même pour ne pas se faire envoyer par le coup de mâchoire. Elle visa au bon endroit, à la bonne seconde, entaillant à son tour la peau du Béhémoth au niveau de l'articulation de la patte droite.
Lorsque le monstre se stoppa, avant la falaise, il avait récolté une blessure, mais considérablement affaiblie la chasseresse. Cette dernière, après le passage du monstre, avait émergé de la poussière d'un bond arrière, retombant sur ses deux jambes... mais elle n'y resta pas longtemps. À peine atterrie, William posa un genou à terre, tombant presque, une main sur le manche de son épée plantée à la verticale dans le sol, et l'autre pressant son flanc gauche. La plaie n'était finalement pas une simple entaille, l'un des crocs avait littéralement transpercé de par en par le flanc et avait arraché la chair. Le sang coulait abondement le long de sa hanche et de sa cuisse. Mais aussi, après un toussotement douloureux, sur la commissure de ses lèvres, le goût métallique emplissant sans bouche, un vertige se joignant aux tremblements et à la respiration de plus en plus saccadée.
De son côté, le Béhémoth se retournait lentement, soulevant sa patte entaillée et la léchant.


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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Jeu 17 Aoû - 1:32

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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Jeu 17 Aoû - 2:59

Le grand dragon émit un étrange râle alors qu'il se relevait, son torse pulsant quelques gerbes de son propre sang. L'irritation, l'agacement, la colère. Il ne pouvait dire quelles émotions, quels sentiments faisaient rage en lui. Durant un instant le géant de plume s'ébroua. Ce monstre était sur son territoire, il avait piétiné de ses pattes salies et de son odeur âcre son nid. Pire encore, le monstre s'en était pris à celle qu'il combattait. Alors qu'Allark regagnait ses esprits, il ne put qu'assister à l'affrontement fou de la chasseuse contre le Béhémoth. Même si l'action était louable, et qu'il put sentir l'odeur du sang de la bestiole, le plumeux put sentir celui de l'humaine de manière nettement plus prononcé, l'action était louable mais inconsciente. Imprudente même. Pourtant, il fallait bien riposter, ce défendre contre cette bête taillée pour le combat, pour tuer tout en jouant avec la proie.

Ainsi, Allark fit un premier pas, puis un second, en direction de la chasseuse. Il aurait pu l'attaquer, il aurait pu la tuer et ensuite finir le Béhémoth en l'attaquant par la voie aérienne, comme à son habitude, néanmoins le dragon rapace n'en fit rien. Mille occasions se présentèrent à lui tandis qu'il se rapprochait de la femme, à genoux, réalisant la gravité de sa blessure, réalisant qu'une morsure de Béhémoth faisait toujours plus qu'arracher une parcelle de chair. Mille tentatives auraient pu se batailler en son sein pour savoir comment il aurait pu l'achever. Pourtant, rien n'émergea dans son esprit, aucun bourgeon ne put éclore et tous fanèrent avant même de pouvoir faire germer l'idée de la tuer. Au contraire, allant à l'inverse de ses principes, la bête posa ses serres de part et d'autre de la chasseuse, avec un dédain à peine dissimulé pour le Béhémoth, Allark se redressa. Son allure, fière, imposante fit frémir le monstre face à lui qui malgré sa blessure à la patte semblait en bon état, le dragon planta son regard sombre, qui ne luisait que de fureur, dans celui éclatant du monstre. Puis, lentement, tout en gardant sa force d'intimidation, se grandissant même, le dragon ouvrit la paire d'aile ornant sa tête pour soudainement déployer avec force les deux grandes ailes sur son dos, provoquant une bourrasque qui vint s'écraser contre les parois rocheuses les encerclant sur un flan seulement. Durant l'instant même où il déployait ses immenses ailes, Allark poussa un long et profond rugissement d'intimidation, attendant avec calme mais force l'assaut du monstre.

Ce dernier réagissait aux menaces, à l'intimidation, ne souhaitant se laisser faire, trépignant à l'idée de réagir, à l'idée de blesser le dragon dont le sang ornait déjà son museau. Ses griffes raclèrent la roche ardente, son regard allant du dragon à l'humaine entre ses pattes, le Béhémoth savait, il comprenait que s'il voulait la proie affaiblie il devait aussi affaiblir plus encore l'être aux longues plumes noires. Alors, comme pour répondre à l'imposante aura du dragon, le Béhémoth banda un peu plus sa musculature, sa fourrure se dressa sur sa nuque tandis que l'aileron sur son échine semblait, elle aussi, se redresser. Sa queue fouetta l'air, son rugissement s'accorda sur celui du dragon, désireux de lui montrer que ce dernier n'était qu'une pitoyable proie et que, sur la terre ferme, il n'avait que très peu de chance.
Enfin, remarquant que le dragon se tenait dans une posture défensive et non offensive, le Béhémoth fonça de nouveau, tous crocs hors de la gueule, toutes griffes visibles, et avec une force à peine égalée, il bondit sur le crâne du dragon. Ce dernier se sentit légèrement reculer, poussé vers l'arrière par l'énorme bête dont les griffes venaient entailler le départ de son cou, il cherchait à le mordre, à lui crever les yeux, cependant le monstre ne réussissait qu'à tailler la chair, laissant des sillons plus ou moins fins dans le faciès et le cou du dragon.
Quelques secondes, ou peut-être quelques minutes s'écoulèrent, avant qu'Allark ne réussisse à projeter un peu plus loin le Béhémoth, ce dernier, agile, se réceptionna sur ses quatre pattes, bien que le dragon crut voir un plissement du museau à cause de l'appui sur sa patte blessée, il ne put être certain de ceci.
Alors, ignorant la douleur des lacérations, ignorant le sang qui devait tacher son plumage et peut-être même tomber dans la poussière, le grand dragon rapace garda sa position défense pour l'instant, seule sa queue balayait l'air, allant de droite à gauche, tandis que ses ailes, les deux paires, étaient très légèrement repliées comme pour se grandir un peu plus.


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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Jeu 17 Aoû - 2:59

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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Sam 19 Aoû - 1:05

William lâcha son épée, qui restait plantée dans le sol, osant baisser la tête pour constater les dégâts. Tout son flanc droit avait été comme déchiqueté, des morceaux de peau pendaient lamentablement, et l'une de ses côtes était même visible, morceau d'os blanc ressortant parmi tout le rouge luisant de la plaie. Que faire, utiliser sa magie pour accélérer la reconstruction des chairs ? C'était ça ou mourir de l'hémorragie dans la minute qui suivait. Même si, vu la gravité, cela allait sans doute non seulement lui consommer une grande partie, peut-être même entièrement, sa réserve de magie, mais en plus sûrement ne pas pouvoir se soigner complètement dans l'immédiat. Après tout, le corps était capable de se reconstruire un peu, mais le forcer à guérir une blessure ainsi si rapidement, alors qu'il manquait littéralement des morceaux de chairs, n'allait certainement pas donner un parfait résultat. Il n'était pas non plus exclu qu'elle garde au minimum une cicatrice.

Utilisant ses deux mains, la jeune femme se concentra du mieux qu'elle pu, étant en état de choc à cause de la trop grande perte de sang, malgré la chaleur constante de l'endroit, des frissons parcouraient son échine, alors que la sueur perlait de son front. Sous l'influence de son pouvoir, la chair recouvrit peu à peu de nouveau son flanc, masquant la côte osseuse, bien que malgré tout, il restait une profonde marque rouge dont coulaient encore quelques filets de sang. La peau était toujours ouverte, mais la blessure n'était plus mortelle. Pour terminer le tout, la chasseresse s'enfonça deux doigts dans la gorge pour s'obliger à recracher le sang qui avait remonté le long de son œsophage et qui l'encombrait. Avec toussotement humide, une petite flaque de sang s'étala sur le sol, tâchant les cailloux, rapidement absorbé par la poussière sèche.  

Avec tout ça, elle ne remarqua l'oiseau géant qu'en voyant ses deux serres de par et d'autre. Mais étrangement, alors qu'avec n'importe qu'elle autre bête dans cette situation elle aurait pensé qu'il s’apprêtait à la béqueter, elle n'eut pas peur. Il aurait pu très facilement l'achever avec le coup qu'elle venait de se prendre, mais il n'en fit rien. Était-ce une sorte de trêve ? Un cessez-le-feu le temps de se débarrasser du monstre ? William reconnu aisément les attitudes menaçantes du dragon, dirigées contre l'importun, et se mit les mains sur les oreilles lorsqu'il rugit. Pourtant c'était comme s'il y avait quelque chose en plus, après tout, si le rapace voulait provoquer le monstre, il aurait pu le faire avant, sans prendre la peine de venir se placer près d'elle. Se remettant difficilement sur ses deux jambes, elle recula instinctivement lorsque le Béhémoth se décida à charger un fois de plus, passant quasiment sous le ventre plumeux. Il aurait été facile d'y enfoncer son épée, mais même si elle la tenait toujours fermement, elle ne songea pas à s'attaquer au rapace, après tout, il n'était pas difficile de remarquer qu'il était le seul à pouvoir rivaliser avec la bête.

La jeune femme s'écarta encore, pour ne pas être prise entre deux feux, lorsque les deux corps massifs s'entrechoquèrent avec force. Les deux adversaires luttèrent, comme deux taureaux l'un contre l'autre, chacun essayant d'imposer sa force. Finalement, se fut heureusement le rapace géant qui réussi à envoyer le Béhémoth.
Mais que faire, maintenant ? Il était certain que le monstre allait répéter ses assauts encore et encore, jusqu'à ce qu'il soit tué, et le seul capable de l'arrêter était le dragon. Malgré ses compétences en chasse, elle n'avait pour l'instant pas grand utilité. Compenser le fait qu'elle était une petit humaine faiblarde avec des armes puissantes, mais là, la chasseresse n'avait pas d'autre arsenal que son épée. Et puis, foncer dans le tas n'était pas sa spécialité, d'habitude c'était une traque et elle s'assurait d'avoir toujours le contrôle. Surtout que... même si elle faisait comme si de rien n'était, la blessure saignait quelque peu à chacun de ses mouvements et lui faisait un mal de chien.
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Sam 19 Aoû - 15:32

Malgré le sang qui ruisselait sur son bec, venant, en amont, s'infiltrer dans ses yeux, lui faisant cligner des paupières, le dragon fixait sans relâche le monstre. Ils se jaugeaient, s'examinaient, réfléchissaient sûrement à la meilleure manière de tuer l'autre. Le grand dragon ne bougeait pas de sa position, ne se préoccupant dorénavant même plus de la femme entre ses serres. Dans son esprit, seul le monstre et lui subsistait. Ni le paysage, ni la chaleur de l'endroit n'atteignait Allark qui, de ses yeux à la vue brouillée, ne voyait plus que le Béhémoth. Il fit un pas, faisant battre ses ailes aux plumes gorgées de magie, dans sa gorge un grognement profond ronronnait, prêt à sortir de la gueule dans un puissant rugissement.

De son côté, le Béhémoth dévoilait ses crocs rougis par le liquide au goût métallique qui ornait sa gueule et son faciès monstrueux. Sa langue enveloppait son museau pour mieux sentir le sang qu'il avait arraché à ses proies, et si le dragon rapace ne regardait que lui, le monstre balançait toujours son regard luisant d'une lueur jaunâtre entre la bête et l'humaine. Il oscillait entre ses deux proies, l’indécision ne se lisait point dans ses deux billes avides de mort, bien au contraire, le monstre surveillait les deux qui se combattaient auparavant, se demandant quand l'humaine enfoncerait sa lame dans les tripes du dragon pour qu'il puisse l'achever puis achever l'humaine. Il griffa un instant la roche, sa tête répugnante pivotant pour observer la queue du dragon, menaçante et capable de le faire dégringoler de la falaise. Puis, il fit chuter son regard de terreur sur les serres, tranchantes, affûtées, faites, tout comme ses griffes, pour lacérer, déchiqueter et tuer. Doucement, ses yeux se fixèrent sur le bec noir, un bec que l'on aurait pu penser être taillé puisqu'il se confondait avec des crocs hors de la gueule. Il était fait pour broyer, de la même manière que la gueule du monstre lui servait à briser les os les plus résistants.

Le Béhémoth grognait lui aussi faiblement, gardant les rugissements d'intimidations au plus profond de lui, et, soudainement, il fit un bond sur le côté, venant se replacer vers le centre de l'alcôve, sans jamais quitter des yeux ni le dragon ni l'humaine. Cette dernière s'était reculée, pourtant le monstre pouvait toujours sentir l'odeur du sang, il sentait et voyait qu'elle était la proie la plus affaiblie, mais, alors qu'il ne comprenait pas, le rapace s'était mis entre lui et elle.

Allark s'avança en même temps que le monstre se replaça, il s'écarte de la chasseuse, pourtant il continuait de faire barrière avec son corps. Peu à peu, dans son esprit, un engrenage se mit en route, et rapidement le dragon comprit de quoi il était question. Il ne s'agissait pas seulement d'exterminer le plus dangereux, entre la chasseuse et le Béhémoth, et il n'avait plus, depuis un certains nombres de batailles, l'intention de tuer l'humaine. Ce n'était pas de la pitié, ni même le résultat pour avoir reconnu la puissance et la ténacité dont elle faisait preuve, Allark avait déjà tué des êtres qu'il tenait en plus haute estime. Non, il s'agissait d'autre chose, et peu à peu la graine germait dans son esprit, se frayant un passage, faisant grandir ses racines dans l'esprit du dragon qui commençait à saisir lentement de quoi il était question. Cependant, le moment ne se prêtait pas à comprendre, et cela faisait des siècles qu'Allark était devenu un être violent, féroce, ne souhaitant plus se remettre à la réflexion, tant celle-ci lui avait coûté.
Alors, sans se préoccuper plus de son esprit, le dragon prit son envol, d'un violent coup d'aile afin de pas subir de manière trop importante le contre-coup de son poids alors qu'il décollait sans élan. Il ne s'éleva pas trop, tournoyant autour de l'alcôve. Le monstre le suivait du regard, tout en surveillant du coin de l'oeil l'humaine, afin qu'elle ne tente pas le diable, mais soudain, toute son attention se tourna vers le dragon rapace qui fondit sur lui à la manière des rapaces : son corps se laissa aller vers l'arrière tandis que ses serres s'ouvrirent, dirigées vers l'avant, prêtes à saisir le Béhémoth qui dévoila les crocs, prêt lui aussi à l'attraper par les pattes pour lui en trancher au niveau du tibia la patte, et pouvoir ainsi s'accrocher pour remonter vers le ventre. La serre gauche du dragon le heurta de plein fouet, se refermant sur son corps, l'enserrant, lui griffant les flancs, rentrant dans ses chairs, lui tirant un grognement étouffé. Toutefois, le monstre ne se laissa pas non plus faire, et alors que le dragon s'envolait un peu plus haut, les crocs du Béhémoth s'enfoncèrent dans les doigts noirs du dragon rapace. La douleur remonta jusqu'à sa tête, lui vrillant l'esprit, et finalement le dragon se posa avec urgence sur la roche, il refusait toutefois de lâcher le monstre. Les deux paires d'ailes battaient avec agitation sous la douleur provoquée par les crocs. Mais le dragon refusait de lâcher. Pourtant, alors que sa serre était en sang, il ne put que délivrer le monstre aux flancs déchirés.
Si Allark s'était un moment tenu entre le monstre et la chasseuse, il ne savait plus en cet instant où elle était, ni même si elle était à portée du monstre ou s'il elle s'était enfuie. Mais Allark ne réfléchissait déjà plus, il ne voyait que le monstre. Sans se soucier de la chasseuse qui peut-être préparée quelque chose, qui peut-être s'était enfuie, cachée, qui peut-être était morte à la suite de sa blessure. Pourtant, le dragon n'avait pas l'impression que ce dernier point soit vérifiée, il avait l'intime intuition qu'elle vivait encore même si son regard braqué sur le Béhémoth ne voyait que lui.

Allark : 70/250 Pv


Dernière édition par Ikari le Dim 20 Aoû - 13:00, édité 3 fois (Raison : Bon au moins personne n'échoue x))
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Sam 19 Aoû - 15:32

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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Dim 20 Aoû - 2:45

Toujours en train de reprendre lentement ses esprits après s'être faite à moitié mangé le ventre par le monstre, William mit encore un peu plus de distance entre elle et les deux géants qui luttaient. Il ne valait mieux pas se retrouver prise entre deux feux surtout dans son état. À cause de la perte importante de sang, elle voyait trouble, malgré la chaleur et l'air sec, ses yeux étaient humides, et ses mains tremblaient. La nausée ne voulait pas non plus lui lâcher la gorge, formant comme une boule l'empêchant de déglutir correctement... de toute façon, elle n'avait presque plus de salive. La soif se faisait de plus en plus sentir.
La chasseresse, observait le rapace se tenir entre elle et le Béhémoth, comme s'il voulait la défendre. Elle avait déjà vu ce genre de comportement, mais... cela avait été lorsque la bête qu'elle chassait voulait défendre son nid ou ses petits contre un agresseur. Alors que son regard parcourait les plumes couleur nuit tâchées et dégoulinantes de rouge, son esprit embrumé réalisa finalement quelque chose, cela la percuta étrangement. Elle se rappelait de sa réaction lorsque le monstre avait foncé sur le rapace, sur le moment elle n'en avait pas fait beaucoup cas, mais l'attitude défensive du dragon lui semblait étrangement familière. Était-ce un genre de syndrome bizarre ? À force de se chasser mutuellement et se combattre, une sorte de familiarité s'était développée ? Maintenant qu'elle y songeait, même lorsqu'elle escaladait la montagne, l'idée de donner le mort le dragon-rapace s'était finalement enfuie. De toute façon, même si le Béhémoth mourrait, elle ne pourrait plus continuer le combat d'une quelque manière que ce soit. Mais cela ne lui faisait pas peur. Elle ressentait une étrange fierté à voir le grand oiseau s'interposer ainsi... à moins que cela ne soit que des divagation de son mental affaibli par la plaie ouverte.

La jeune femme eut un mouvement de recul, et leva ses bras devant sa figure, fermant les yeux, lorsque le dragon décolla, soulevant la poussière avec une bourrasque. Et dans son esprit, pas une seconde elle ne pensa qu'il voulait simplement s'enfuir et laisser tomber le combat contre le monstre. Se rapprochant un peu de la falaise pierreuse, William se faisait discrète pour ne pas que le Béhémoth ne décide de l'attaquer pendant que l'oiseau volait. Heureusement, le monstre avait surtout l'air de surveiller les mouvements du dragon, qui fini par lui foncer dessus, les serres en avant. D'autres grandes giclements de sang tachèrent le sol, et encore une fois, les grands battements d'ailes du rapace faisaient bouger la poussière de la terre, la soulevant en nuages étouffants. Il serait sans doute suicidaire de tenter quoi que ce soit alors que son flanc était encore à moitié ouvert, mais intimement, elle se refusait à laisser le dragon combattre le monstre tout seul... même si elle ne pouvait ne serait-ce que détourner son attention quelques secondes, ou même lui taillader les pattes, c'était déjà quelque chose.

Impossible de rester les bras ballants alors qu'il luttait contre le montre. Profitant de la mêlée, la chasseresse se rapprocha, ni trop vite ni trop lentement, les deux mains serrant le manche de son épée. Il fallait lutter contre les bourrasque de vents et malgré tout, faire attention de ne pas se prendre un coup perdu, mais c'était le moment, pendant que le Béhémoth était concentré sur le dragon. Elle visait cette fois le ventre du monstre, dans l'espoir de lui percer un ou deux organes. Mais le monstre bougeait beaucoup trop, et pour sa propre sécurité, la jeune femme dû abandonner l'idée de le toucher cette fois -ci, car un coup en plus, et elle savait qu'elle ne tiendrait pas. Si bien, que même si elle avait avancé en rasant la falaise, elle se stoppa quelques instants à côté d'une pierre, observant les mouvements du monstre, tentant de trouver une meilleure ouverture.


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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Dim 20 Aoû - 2:45

Le membre 'Crayon' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


'Humain - attaque' :
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Dim 20 Aoû - 19:04

Il commençait à faiblir, sa vue se troublait, il sentait son corps lourd et le sang qui tachait la roche le ramena rapidement à la sagesse d'antan. Ce Béhémoth était jeune, puissant. Trop puissant. Le dragon s'ébroua puis vint se frotter la tête contre ses ailes, retirant le sang de ses yeux ébènes. Il devait trouver un solution puisqu'il savait que son corps n'allait pas tenir un autre assaut du monstre, notamment si ce dernier parvenait à le blesser dans une zone sensible. Trouver un moyen devenait vital.
Ses yeux sombres balayèrent l'alcôve de roche, à la recherche de la chasseuse tandis que le monstre s'ébrouait avant de se préparer à attaquer encore une fois. La bête au cuir violacé ne semblait nullement épuisée, les blessures sur ses flancs n'étaient pas superficielles mais pas assez importantes pour mettre à mal le monstre. Il fallait trouver autre chose. Il s'agissait de la seule penser dans l'esprit du dragon. Lorsqu'il s'attaquait à ce genre de monstre, le dragon les prenait par surprise, en fondant sur eux, de ce fait, les monstres n'avaient pas le temps de réagir que ses serres s'enfonçaient dans leurs organes. Sa chasse était nette, sans blessures pour lui. Les quelques fois où il avait fait face en combat singulier, à ce genre de monstre, Allark avait du rusé, avait du passer de longues heures pour se rétablir et à chaque fois les batailles s'étaient éternisées, longues, douloureuses, pénibles.
De nouveau, son regard se tourna pour se fixer sur la chasseuse, il voyait bien, l'état pitoyable dans lequel elle se trouvait. Ce n'était plus possible. S'ils faisaient perdurer ce combat, l'issue était inévitable : la mort pour au moins l'un des deux si ce n'était les deux. Même s'il détestait cela, Allark ne voyait qu'une solution. Il ne la trouvait pas lâche, au contraire, mais l'idée de laisser son nid à la porté d'un monstre ne lui était jamais agréable. Même s'il y avait déjà des années que ce nid n'était plus qu'un fantôme du passé. Pourtant, il ne pouvait se résoudre à réellement quitter l'endroit, il appréciait la localisation de son nid, en hauteur, sur le flanc d'une crête, proche des volcans qui étaient une protection naturelle. Pourtant, en cet instant, Allark comprenait qu'il devait battre en retraite, et que la chasseuse aussi. Il aurait pu l'abandonner aux crocs du monstre, s'assurant qu'elle ne le pourchasse plus, mais la graine qui germait dans son esprit l'empêchait de l'abandonner. Puis, au delà de cette graine, Allark avait saisi.

Soudain, le monstre se mit à courir dans sa direction, mais d'un coup, la terreur changea de direction, il bifurqua entièrement, laissant une trace de dérapage dans la poussière de cendre. Le dragon rapace releva la tête pour apercevoir ce que le Béhémoth chassait dorénavant, bien qu'il avait déjà la réponse avant même de voir la chasseuse qui se tenait près d'un flanc de la crête. Le dragon secoua la tête, un grognement d'irritation résonnant dans sa gorge.
Sans réfléchir, sa queue claqua dans l'air, et d'un pas lourd et difficile à cause des blessures qui suintaient et crachotaient du sang, Allark se mit à courir, ou plutôt trottiner, voire sautiller afin de prendre son envol, ne faisant pas subir à son corps la violence d'un vol sans élan. Il aurait pu l'abandonner, la laisser là, puisque lui ne voyait aucun problème à prendre la fuite, ou plutôt à se rétracter pour soigner ses blessures, il avait le temps, lui, et le dragon savait qu'il reverrait tôt ou tard le Béhémoth. Cependant, Allark ne choisit pas l'option de fuir seul. Il dépassa le Béhémoth, et calcula son vol afin d'enserrer la chasseuse de ses serres. Afin d'éviter de se percuter contre la paroi rocheuse, le dragon posa sa patte de libre sur la pierre, il grimpa difficilement alors que le Béhémoth tenta d'attraper sa queue qui balayait le sol. Toutefois, Allark parvient à se propulser grâce à sa patte de libre, celle que le monstre n'avait attaqué puisque l'autre tenait entre ses doigts la chasseuse. Ses ailes brassaient les cieux, il s'élevait de manière verticale, mais du coin de l'oeil il observait le Béhémoth, pouvant sentir la frustration qui s'échappait des râles qu'il poussait. Pourtant le dragon n'allait pas bien loin, il tournait autour du nid, malgré l'épuisement qui l'accablait, malgré la fatigue et le sang. Le grand dragon se posa un peu plus haut, tenant son poids sur la serre libre qui entourait la roche tranchante alors qu'il reposait l'humaine à ses côté. Ils se tenait au-dessus de l'alcôve o le Béhémoth s'agitait, dans le plus petit étau composant son nid, sur la crête qui encerclait ce dernier. Au besoin, il pouvait toujours reprendre son vol, mais l'accès au nid était bien trop haut pour qu'un saut du Béhémoth puisse les menacer. Puis, il aurait aussi fallu escalader la seconde paroi, surplombant son nid, et là encore, le Béhémoth n'aurait pas pu d'un simple saut les approcher.

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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Mar 5 Sep - 4:15

Dire que même les efforts conjugués d'un grand dragon et d'une chasseresse expérimentée n'arrivaient qu'à égratigner un monstre pareil. Même si ses flancs étaient couverts de griffures et de sang, le Béhémoth semblait prendre cela comme une simple écorchure, peut-être dans un élan de fierté, pour montrer qu'il ne ressentait aucune douleur. Quoi qu'il en soit, William, appuyée d'une main sur la parois brûlante de la falaise, n'osait pas même esquisser un mouvement de peur que le monstre retourne son attention vers elle. Tout son flanc droit n'était qu'une plaie, et ses vêtements étaient devenus spongieux, ne pouvant plus s'imbiber davantage du sang qui coulait. À cause de la température de l'endroit, il flottait aussi comme une espèce d'odeur de viande chaude écœurante, ajoutée au goût âcre et métallique qui emplissait sa bouche sèche, s'emparant de  entièrement de son sens. Même si les chairs avaient été forcée de plus ou moins se refermer, il restait toujours certains dégâts internes sur lesquelles William n'avait fait que gagner un peu de temps. Finalement, se fut son épaule qui s'appuya largement contre la falaise, après plusieurs toussotements rouges. Des minuscules points noirs envahissaient sa vision alors que son esprit partait dans un vertige nauséeux. Elle connaissait cette sensation, l'anémie menaçait.
Se frottant les yeux pour tenter d'apercevoir quelque chose, elle distingua la masse sombre du Béhémoth prêt d'elle, trop prêt. Cette fois, elle ne pourrait rien faire pour l'esquiver, la seule chose à espérer était qu'il soit assez stupide pour s'assommer tout seul contre la paroi en chargeant, mais même avec cela, elle se trouverait de toute façon entre la tête du monstre et la falaise et il ne resterait pas grand chose de son petit corps humain. Pourtant, sans même le voir, la chasseresse fit confiance à l'intuition qui sortait de nulle part : attendre ici et ne pas essayer de s'éloigner ou de se recroqueviller. Si le Béhémoth courrait lourdement sur le sol, le rapace le dépassa rapidement, et avant même qu'elle puisse réfléchir à quoi faire, la jeune femme se cramponnait déjà aux doigts rugueux de la serre qui l'avait attrapée au passage.


Le Béhémoth grognait de frustration, voyant ses proies maintenant hors d'atteinte. Il griffait la parois, tentait de prendre de l'élan de ses pattes arrières, mais si ce monstre était taillé pour le combat, il ne l'était pas vraiment pour l'escalade ni le saut en hauteur. Fort, oui, mais son propre poids était le revers de la médaille. Il allait bien finir par s'épuiser tout seul et abandonner. Le grand dragon avait choisi la falaise, et bien qu'il l'ai posé à terre, la jeune femme n'était pas restée longtemps debout sur ses jambes. En ce moment, elle était surtout assise les genoux repliés, appuyé contre le duvet blanc de la patte du rapace, l'une de ses mains serrant ces plumes à s'en faire blanchir les jointures. Et occupée à comprendre ce qu'il lui était arrivée, comme si tout cela faisait parti de son vertige. En réalité ça se décrivait en quelques mots : il lui avait sauvé la vie. Et puis, c'était à sens unique. Elle avait eu besoin du rapace et la réciproque n'existait pas. William entrouvrit un peu les yeux, le front collé contre les plumes blanches, le sang qui s'y trouvait déjà tâchait ses cheveux, un peu plus ou un peu moins de toute façon...

Finalement... n'était-ce pas mieux que le monstre se soit incrusté ainsi ? Cela lui avait donné une raison de stopper le combat avec le rapace. Chose que, malgré tout, elle avait espérée, au-delà de son acharnement habituel et de son esprit qui n'abandonnait jamais. Peu à peu, si la volonté de combattre se perdait petit à petit, la chasseresse pouvait facilement deviner que quelque soit le moyen de retourner à sa voiture, si jamais elle y arrivait, cette trop longue traque était terminée pour elle. Tant pis pour le commanditaire, et sans doute que sa réputation de chasseuse de prime allait en prendre un coup avec ce contrat non-honoré, mais tant pis.

Puis, comme si elle prenait soudainement conscience de sa position, elle lâcha les plumes et se décolla un peu, comme si elle s'était endormie sur l'épaule d'un inconnu dans le train et qu'elle venait de se réveiller. La question en suspend dans son esprit s'imposa enfin en toutes lettres : pourquoi s'était-il donné la peine de la sauver ? Ce n'était pas comme si elle lui avait rendu la vie plus facile ou quoi que ce soit... de plus si elle n'avait pas été là, il aurait bien pu s'épargner des blessures. Son esprit embrumé par la douleur et l'anémie avait du mal à réfléchir. Que faire maintenant que le Béhémoth n'était plus une menace immédiate ? On se dit au-revoir et on repart de son côté ? Elle ne pourrait de toute façon pas faire le chemin du retour dans son état. William se pencha légèrement en levant la tête, tentant d'apercevoir la tête du rapace derrière son amas de plumes collées entre elles par le sang.
C'était un dragon... pas vrai ? Elle s'était toujours posé cette question. D'accord elle avait lu des trucs sur les « dragon-rapace », alors même s'il avait plus l'air d'un oiseau géant, il devait bien être comparable aux autres dragons, avoir une intelligence au minimum équivalente... en tout cas, il était bien plus qu'une simple bête un peu maligne. Mais malgré tout ces combats, absolument aucun des deux n'avaient jamais esquissé un mot envers l'autre, alors...
– Alors, euh... est-ce que tu parles, toi ?

Ben tiens, la première phrase qu'elle prononçait à voix haute depuis un sacré bout de temps. Sa voix était d'ailleurs bien plus éraillée qu'elle l'aurait pensé, mais cela était sans doute dû à la poussière et la soif qui asséchait sa gorge. Et une fois ces mots sorti, la chasseresse les trouvait d'un coup bien stupide. Mais il fallait bien commencer par quelque chose, après tout. Et autre chose qu'une action belliqueuse... pour une fois.
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Mer 6 Sep - 0:35

Son regard sombre continuait de fixer le Béhémoth, il ne le jaugeait plus, il le voyait encore, surveillait ses mouvements mais la fatigue commençait à l'accabler. Sa queue, à la manière d'un balancier, frottait la paroi rocheuse tandis qu'il sentait les plumes de ses pattes subir la légère pression exercée par la chasseuse. Son état ne paraissait pas glorieux, et même son attitude ressemblait plutôt à celle d'une enfant apeurée par l'orage grondant plutôt qu'à celui d'une femme forte capable de traquer et de chasser durant des jours. Il ne lui faisait aucune reproche : un face à face avec un Béhémoth pouvait rapidement, et même souvent, tourner à une douleur autant physiologique que psychologique. La douleur tétanisait le corps, si intense que la mort semblait attendre, tapis dans l'ombre. Même lui, lors de ses chasses, n'était jamais serein quand il s'attaquait à l'une de ces bêtes, pourtant il lui fallait bien manger, et quand le temps et son humeur ne lui permettaient pas de chasser trop longtemps, alors Allark devait se rabattre sur des proies plus... imposantes, mais elles devenaient alors plus fortes. Bien qu'il ne se soit jamais frotté aux légendaires vers de sable donc la force équivalait à leur résistance qui elle même équivalait au plus résistant des métaux...

La bête tentait vainement de les rejoindre, mais le grand dragon connaissait son nid, même s'il lui arrivait de le quitter durant de longues années, Allark se rappelait toujours de sa disposition, et quelquefois il pouvait même dire le nombre de branchage, de plumes et de cadavres jonchant le sol. Il s'agissait de son nid après tout, il était forcé de connaître les lieux, les alentours, les dangers du volcan qui apportait une douce chaleur à son corps recouvert de duvet et de plumes.
Plusieurs options se dessinaient dans son esprit, il pouvait toujours reprendre son vol et la laisser là se débrouiller seul, mais cette pensée s'évanouit avant même d'avoir éclos, il était dorénavant bien trop tard pour le dragon de laisser la jeune femme seule ici, d'autant plus à cause de ses blessures. Attendre que le Béhémoth s'épuise de lui-même peu à peu et qu'il abandonne le combat était aussi une possibilité. Toutefois, si son état lui permettait de patienter de longues heures sans bouger, cela n'était peut-être pas le cas pour la petite humaine qui s'était éloignée de lui. Lui non plus, n'était pas au mieux de sa forme, l'épuisement le gagnait, son corps se sentait accablé par la bataille. Il pouvait voler, mais une énième blessure suffirait à le mettre à terre, ainsi, l'idée de continuer de batailler était un risque, une inconscience, une idiotie parfaite même.

Puis soudain, une voix légèrement rauque se fit éclaircir plus bas, à ses serres, si bien qu'il baissa la tête, s'écartant un peu de l'humaine pour la fixer de son regard d'ébène.
– Alors, euh... est-ce que tu parles, toi ?

Sa tête se pencha, il ne jaugeait nullement la question, après tout, même s'il savait que les Hommes parlaient, ils n'avaient jamais adressé une parole, pas même une raillerie, une insulte ou défiance envers l'autre, comme si, toujours, leurs combats avaient été assez solennel, avec seulement la saveur de l'affrontement, jamais tachée par des mots. Allark, de toute manière, n'avait pas prononcé une parole depuis bien longtemps, depuis des décennies le dragon avait coupé les ponts avec les humains, chassant seulement ses chasseurs, du moins jusqu'à cette femme qui pour lui n'était qu'une enfant en terme d'âge. Et même avec les autres dragons, Allark n'était pas retourné auprès des siens malgré qu'il en avait trouvé, il n'avait pas non plus cherché à établir des relations avec d'autres bêtes, quels qu'elles fussent. Quelques minutes s'écoulèrent, cherchant dans sa gorge les sonorités du langage des Hommes, faisant taire celui similaire aux sons parfois stridents des rapaces.
Mais, alors qu'il aurait simplement pu répondre par un oui, il répondit par une toute autre question :
-Où est la voiture ?
Sa voix était, elle aussi, assez écailleuse, rauque mais profonde, il avait eu une voix plus douce qui reviendrait avec le temps, et cette voix assez carverneuse finirait aussi par disparaître, mais les années passées sans parler avaient enchaîner sa voix au plus profond de sa gorge.

Déjà le rapace commençait à étendre ses ailes, si elle était plus en contrebas, il aurait juste à se laisser planer vers la base des volcans, sans user de force ou autre. Allark ne pourrait voler sur une trop grande distance, mais simplement se laisser planer était encore possible. Sa serre non endommagée s'ouvrit, prête à reprendre la chasseuse. Puis, sans attendre de réponse, le dragon décolla avec la jeune femme entre les doigts.
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Jeu 7 Sep - 21:23

Ainsi donc il était bel et bien un vrai dragon-rapace. La question qu'il posa à propos de la voiture lui tira un court souffle mi-amusé, mi-nerveux, sans qu'elle sache trop pourquoi. Cela lui faisait bizarre de penser que durant tout ce temps, elle se battait bien avec un dragon et non avec une simple bête, elle se demandait par la même occasion si le commanditaire était au courant, ou s'il savait véritablement la teneur du contrat qu'il proposait. Quoi qu'il en soit, le fait qu'il veuille bien la déposer à sa voiture sans qu'elle ait à lui demander la soulager grandement, nulle besoin de se taper tout le chemin du retour à pied. Après tout il en avait déjà fait tellement pour elle, jamais elle aurait osé lui demander de jouer le taxi, surtout pas avec toutes les blessures qu'il avait ramassé. William s'accrocha à la serre qui la tenait, faisant un mouvement du bras un peu inutile pour désigner une direction.

– Plus bas, au pied du volcan.

Il fallait dire qu'elle n'était pas compliquée à repérer, cette voiture, cette seule tâche noire en plein milieu d'une zone sauvage, surtout pour le regard aiguisé d'un rapace. Ce fut donc avec un apaisement non-dissimulé que la chasseresse se retrouva non loin de sa voiture, là ou elle avait de quoi se prodiguer des vrais soins.

– Ben, merci, souffla-t-elle en allant fouiller dans son bazar.

En quelques gestes douloureux, William se débarrassa de son haut, retirant lentement la veste beige. Certaines fibres du vêtement déchiré par la mâchoire du Béhémoth étaient restées accrochées dans les chairs mutilées. Voilà ce qui arrivait lorsqu'elle forçait sur sa magie trop rapidement et sans réfléchir, bien que devant cette plaie mortelle elle n'avait pas pu faire autre chose. Ce n'était pas la première fois que ce genre de chose lui arrivait. Plus aucune pièce de tissu ne couvrait son torse lorsqu'elle s'assit sur le capot de la voiture noire, armée d'une piqûre de morphine, d'une pince, couteau et autres trucs utiles pour réparer ce qui pouvait l'être. En serrant les dents, la jeune femme entreprit de retirer tout les corps étrangers de la blessure, que ce soit morceaux de tissus, graviers ou poussières, avec des bruits humides assez écœurants. Le désinfectant à l'alcool arrivait à lui donner la sensation de brûlure habituelle malgré l'anti-douleur, et elle eu juste assez de bandage et de compresses pour arriver à couvrir l'intégralité de la plaie, pansements qui s'imbibèrent de rouge presque immédiatement après l'entrée en contact avec la peau.

Une bonne chose de faite, en espérant que les points de suture artisanaux tiennent le coup. Même si elle avait prit plusieurs minutes pour se rafistoler, elle n'avait pas totalement détournée son attention du rapace dégoulinant. C'était tout de même impressionnant de voir la quantité de sang. Même les dragons avaient leurs limites n'est-ce pas ? Il lui faudrait peut-être de l'argile fraîche pour recouvrir ses plaies, ou alors il allait juste attendre l'arrêt du saignement par la coagulation naturelle... enfin, ce qu'elle supposait. Son boulot était plutôt de tuer les bêtes, pas de les soigner.

– Ça se termine là, hein, dragon ? Pour moi, en tout cas. C'était amusant, au moins.

Elle tenta d'essuyer la sueur de son front avec un mouvement du poignets, mais ne réussit qu'à étaler un peu plus le sang qui s'y trouvait. Ce sang qui n'était même pas le sien d'ailleurs. Cela faisait combien de temps qu'elle n'avait pas mangé un vrai repas nourrissant et eu une vrai nuit de sommeil réparateur ? Impossible de se souvenir. Elle avait été tellement obsédée par l'idée de chasser une unique proie qu'elle n'avait même pas prix la peine de tuer des bêtes pour les faire cuire, s'étant contentée de végétaux et d'insectes, ni même dormi plus de cinq heures, entrecoupées de temps de voyages.
Assise en tailleur, la chasseresse se vida une demi-bouteille d'eau sur le front et les épaules pour se rafraîchir un peu, puis le reste dans le gosier pour étancher la soif. Elle ne savait pas si le rapace géant allait s'en aller, ou s'il était cloué au sol à cause de ses plaies, mais un Béhémoth rôdait toujours dans les parages après tout, alors elle n'allait peut-être pas s'éterniser dans le coin, elle n'avait qu'à presser une pédale pour pouvoir se déplacer. Bien qu'elle ne partirait pas avant de savoir ce que le dragon comptait faire, la pensée de ne plus le revoir lui faisait étrangement de la peine.
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Sam 16 Sep - 23:21

Allark ne savait plus quoi penser, la sensation lui paraissait étrangère. Il connaissait le lien unissant un Homme avec un dragon, ou un dragon avec un Homme. Dans son passé, il avait rencontré d'éventuel cavalier, sans jamais vouloir devenir comme ces congénères. Loin de penser à un asservissement des Hommes sur les dragons, bien que certains le faisaient, il savait aussi que beaucoup appréciait la compagnie et la présence d'un lien. Lui ne savait quoi penser. Le dragon à plume avait réfléchi durant tout le vol, à la signification de tout ceci, et avec le court temps qu'ils avaient mis il n'avait pas pu réfléchir longuement.

Il comprenait, après tout ce n'était pas inconnu non plus, ce qui l'unissait à la chasseuse, toutefois il ne savait pas s'il était préparé. Allark ne pouvait pas pas dire qu'il était prêt ou non. Il n'allait pas se mettre du jour au lendemain à la coller parce qu'elle était soit-disant sa cavalière, d'après un lien surnaturelle, et non avéré de manière physique. Mais il se questionnait sur son devenir. Allait-il, ou plutôt, arriverait-il à retourner dans un monde d'Homme ? Voulait-il accepter de suivre, de temps à autres, une chasseuse qui l'avait traqué durant tout ce temps ?  Au fond de lui la véritable question était « était-il prêt à prendre son revers sur la vie, et à revenir dans la course en acceptant de se sociabiliser et de prendre part à la vie de l'île ? ». La réponse ne fusait pas, il ne pouvait pas choisir, il n'avait pas la force de prendre une décision aussi rapidement, de manière aussi irréfléchi presque.
Tout ce que le dragon accablé par les blessures comprenait était qu'il ne se sentait pas agressé par la présence de la jeune femme. À peine dérangé, l'avoir entre ses serres ne l'inquiétait pas davantage, malgré le fait qu'elle avait attenté à sa vie. Peut-être ressentait-elle la même chose ? Peut-être, alors que lui aussi avait tenté de la tuer, ne ressentait pas la crainte qu'il referme ses griffes sur son corps sanguinolant. Il n'était pas en mesure de savoir, pourtant il ne lui semblait pas sentir de peur de la part de la chasseuse. Non dérangé par sa présence, Allark ne se sentait tout de même pas de l'avoir sur le dos ou la tête, mais il y avait tout de même un début : il ne rechignait pas à la transporter.
Au final, le grand dragon ne savait quoi penser, se sentait-il capable d'accepter un lien, de l'élaborer et de retourner à la civilisation de l'île ? Même lui ne savait point quoi répondre.

Lorsqu'ils déposa la chasseuse, il n'était pas plus éclairé que ça, et même si ses yeux suivaient les mouvements de la jeune femme, Allark ne prêtait aucune attention à ce qu'elle faisait réellement, sûrement se soignait-elle se disait-il. Lui aussi, profitait de s'être posé pour se revigorer un peu, pas assez, tout juste pour que l'adrénaline chute et que son corps ne lui demande le répit. Les blessures n'étaient pas seulement superficielles, l'une de ses pattes laissaient quelques mares de sang, sur le sang séché, coulait encore du sang frais par les griffures qui ne parvenaient pas à se refermer. De temps à autres il se frottait contre son plumage, se débarrassant de ce liquide qui glissait dans ses yeux. Sur son torse se peignait une grande tache rougeâtre, même si le sang était sec la plaie restait assez ouverte et douloureuse lorsqu'il se déplaçait.
Les Béhémoths étaient rares, pourtant ils avaient fallu qu'ils tombent sur l'un d'eux. La bête encore jeune allait sûrement devenir un dangereux prédateur avec le temps. Allark savait déjà qu'il fallait s'en occuper au plus vite. Mais leur état était laborieux, si bien qu'il reporta son attention sur autre chose : alors que la chasseuse lui avait parlé -mais il avait à peine écouté- et qu'elle était remontée dans sa ferraille, Allark posa une patte devant. Son museau sombre se baissa, permettant ainsi à son regard de se fixer sur la femme. Elle était une chasseuse, elle avait pu le chasser pour le plaisir et la reconnaissance de porter sa tête en tant que trophée, tout comme elle avait pu se faire engager pour l'abattre. Le dragon se porta plutôt sur la deuxième option, aucun chasseur n'était assez fou pour continuer de le traquer durant tout ce temps juste pour la reconnaissance, ni aucune chasseuse d'ailleurs.
Sa voix rocailleuse s'éleva encore une fois, moins rauque mais toujours engourdie de devoir parler les langues des Hommes, cette fois-ci il posa une question :

-Qui ? Celui qui t'a donné l'objectif de me tuer, qui était-il ? Je veux le voir, amène moi à lui.

Même si dans ses mots il n'y avait nullement de demande polie, son ton était doux, et à lui seul faisait comprendre que ce n'était pas un ordre, mais plutôt une demande, ou mieux encore, une proposition. Puisque le dragon ne disait pas ça sans une arrière pensée cachée. En disant ça, ils se permettaient de rester un peu plus longtemps.
Allark avait pris un semblant de décision. Avant d'être sûr complètement, il ne pouvait qu'essayer de voir. Il ne souhaitait pas tout rejeter en bloc, faire comme s'il ne ressentait pas ce lien envers cette chasseuse, il ne voulait pas le refuser, ou l'ignorer comme il l'avait longtemps fait. Mais il était aussi incertain sur ce qu'il ressentait vraiment, et ne voulait pas vivre non plus complètement avec une humaine. Alors il voulait essayer, voir comment les choses pouvaient être. Allark ne pouvait pas tirer du regret s'il essayait, peut-être de la perte de temps mais pour un dragon de son espèce le temps était long, trop long peut-être au point que parfois ils ne savaient plus comment s'occuper, notamment depuis la fermeture des ponts Terre-Argeya. Le seul regret qu'il pouvait avoir était celui de tourner le dos à l'humaine. Notamment à cette humaine, qui n'avait jamais lâché, qui s'était montrée courageuse et l'avait ébranlé, physiquement et psychologiquement. Alors il avait pris une demi-décision en attendant la véritable.
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MessageSujet: Re: L'Affrontement [Crête de la fournaise]   Lun 18 Sep - 19:51

Même si ce n'était pas la première fois, devoir manipuler sa propre chair comme s'il s'agissait de morceaux de tissus à recoudre était toujours particulièrement écœurant. Encore un peu perturbée par l'anémie et par la morphine, William ne réagit pas immédiatement en entendant le rapace s'adresser une fois de plus à elle. Elle prit quelques secondes pour se mettre debout sur le capot, la tête levée en direction du crâne du bestiau, qui, penché vers elle, n'était pas bien loin, elle aurait pu le caresser en tendant le bras. Et ce fut d'ailleurs exactement ce qu'elle fit, sans y penser, simplement parce qu'elle avait envie de toucher le cuir noir du bec bardé de crocs effilés. Ce n'était pas désagréable. Alors comme ça, il voulait rencontrer le commanditaire ? Celui à cause duquel toute cette chasse avait commencé ? C'était vrai que si l'on voulait se débarrasser définitivement d'une menace, il valait mieux s'occuper de celui qui tirait les ficelles plutôt que des tueurs qu'il envoyait.

– … Très bien, dragon. C'est à l'ouest de Tereldor. Et, loin de moi l'idée de te dicter ta conduite, mais...

La jeune femme laissa ses paroles se perdre, se disant qu'elle devrait peut-être y réfléchir plus longuement. Autant aller prévenir tout de suite le commanditaire que le contrat n'allait pas être honoré, de vive voix. Quoique... il voulait qu'elle lui rapporte la tête de cet oiseau-géant ? D'une certaine manière, c'était ce qui allait se passer... sauf que cette tête était encore attachée à un corps vivant. Si le dragon souhaitait effectivement se débarrasser de ce commanditaire, il n'avait pas plus simple moyen que de mettre un terme à sa vie. William savait que certains dragons n'accordaient pas beaucoup d'importance à une vie vie humaine, et même si elle ne pensait pas que le rapace soit de ce bord là – après tout il aurait tué la chasseresse dès qu'il en aurait eut l'occasion – elle n'était tout de même pas très rassurée à l'idée de l'emmener rencontrer le type qui payait des mercenaires pour le voir mort. Après une hésitation, la jeune femme annonça tout de même son accord, mais non sans émettre une réserve.

– … Je ne peux pas t'empêcher de me suivre, mais je n'aimerais pas qu'il arrive quelque chose de fâcheux à ce type. Comme une mort prématurée sous les serres d'un dragon géant, à tout hasard.

De toute façon elle ne pourrait pas vraiment l'empêcher de faire ce qu'il voulait, donc... sans ajouter quoi que ce soit, William descendit du capot et grimpa derrière le volant. Le moteur émit un grondement métallique, et le véhicule bougea lourdement. Tout en roulant à vitesse mesurée, la chasseresse manipulait sa radio, raccordé au téléphone militaire, pour joindre le commanditaire, histoire de lui demander de se déplacer aussi.

Durant le voyage, la jeune femme conduisait presque sans y penser, un mélange de soulagement et de mélancolie tournant dans son esprit. Comme souvent à la fin d'une chasse. La fenêtre ouverte, sa main faisant un bras de fer avec le vent, elle mit de la musique à volume raisonnable... elle se sentait simplement contente. C'était étrange, mais plutôt agréable... ou alors, c'était l'effet de l'anti-douleur, allez savoir. Penchant la tête quelques secondes, elle tenta de voir si le rapace suivait bel et bien la voiture depuis les airs. Cela aussi, c'était étrange, d'être suivie par une bête géante.
Est-ce que c'était comme cela, d'avoir un dragon à ses côtés ? L'impression de ne pas être seule ? De pouvoir partager la route et les paysages parfois surprenants de l'île avec quelqu'un d'autre ? De savoir qu'une conversation était possible ? De savoir que parler, que ce soit du beau temps ou de choses plus profondes, avec quelqu'un qui serait là pour écouter était possible ? Le seul dragon qu'elle avait côtoyé était l'estival de sa mère, qu'elle aimait bien, mais... il était effectivement juste le dragon de sa mère. Cette dernière avait d'ailleurs plusieurs fois tenté d'expliquer comment était le lien entre un cavalier et son compagnon, mais sans grand succès, soit parce que William ne comprenait pas, soit parce qu'expliquer ce genre de chose était simplement impossible. De cela, la chasseresse ne connaissait que ce dont la majorité des gens disait, à savoir les conséquences du lien, telles que la transmission de pensés ou d'émotions. Mais c'était juste des paroles sans grand sens.  

Le crépuscule commençait à tomber lorsque William ralenti. La route bétonnée passait en plein milieu d'une plaine verte, et au niveau de la lisère de la forêt, garée sur le bas-côté, l'attendait une belle voiture rutilante, de couleur rouge pétant, qui semblait sortir d'une série à gros budget. Un homme très bien habillé était appuyé contre la portière, les bras croisés. La route était loin d'être très passante, même avec sa longueur, on ne voyait aucune trace d'un quelconque importun. Lorsque le gros véhicule militaire se gara tout prêt de lui, il se décolla de sa superbe automobile d'un air renfrogné. Sans doute considérait-il qu'un homme de son rang n'avait rien à faire au beau milieu de nulle part, à salir ses chaussures hors de prix dans la terre, mais après tout, la chasseresse avait insisté pour que ce soit lui qui vienne en personne et non un de ses larbins.
La jeune femme immobilisa son véhicule à quelques mètres, et sorti. En la voyant, l'homme s'approcha d'un air à la fois surpris... et d'avoir un léger haut-le-cœur.

– Euh... vous voulez que j'appelle les secours ? Vous devriez vous asseoir quelques instants...

Ah, c'était vrai qu'elle ne s'était pas changé. Ses vêtements étaient toujours terreux, mais surtout, couverts de sang, dont la couleur avait quelque peu brunie sur les endroits secs. C'était bien le dernier de ses soucis, alors elle se contenta de faire un geste de la main d'un air détaché. L'homme croisa les bras, et étonnamment, se mit à lui faire tout un tas de reproches.

– Vous vous rendez compte du temps que vous avez mit ? J'espère que toute cette attente vaut le coup, sinon vous pouvez dire adieu à la paye.

Ce n'était pas dans son habitude de menacer les clients – c'était mauvais pour les affaires – mais là, tout de suite, elle lui aurait bien mis une belle tarte dans la figure. Elle estimait tout de même mériter de recevoir une compensation monétaire pour toutes les peines qu'elle s'était donné... et surtout à cause du fait qu'elle était à court d'argent, cela faisait un moment qu'elle n'avait plus accepté de contrat ni donné signe de vie, peut-être que le réseau la croyait même morte. Quoi qu'il en soit, ce type était bien culotté de lui tenir un discours de ce genre là, et après ce qu'elle venait de vivre, elle n'était clairement pas d'humeur à supporter ce genre de fadaises. Mais dans très peu de temps, ce type allait sans doute moins faire le malin. William garda son calme habituel, et se contenta de croiser les bras en répondant d'un air neutre.

– Quelqu'un souhaiterait vous voir.
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