Une île qui vous surplombe depuis les cieux, où dragons, Hommes, bêtes fantastiques et technologies se côtoient, c'est cette île qui vous attend, cavalier.
 
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 Que la fête commence [Post scénario]

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MessageSujet: Que la fête commence [Post scénario]   Jeu 3 Aoû - 6:31

[Ce sujet est un post scénario. Il n'y a pas obligation de répondre en dessous, il sert simplement a décrire un événement et une ambiance à l'instant T. Vous pouvez créer votre propre sujet en prenant en compte les événements de ce post par exemple.]




Malgré ce jour de vacance d'été appelant à la sieste sous l'ombre d'un arbre, nombre de citoyens de Cylnaes bravaient la chaleur pour descendre en ville. Cela faisait longtemps qu'aucune véritable fête n'avait été organisée dans la capitale, car après la guerre, la priorité avait été de relever l'île, nourrir la population, s'assurer de rétablir un équilibre économique, renforcer le gouvernement et le nouveau système. Pas même St Montails, qui depuis près de 80 n'avait pas raté leur fête annuelle en l'honneur de leur réconciliation avec Ormes-val, avait laissé de côté les festivités pendant ces trois années.

Tout l'espace de Cylnaes était mis à contribution pour organiser cette journée. Dans la plupart des rues où il était possible, des vendeurs opportunistes s'étaient installés, offrant nourritures, souvenirs, objets rares ou quotidiens, faisant de la concurrence aux magasins fixes qui affichaient eux des soldes et des promotions en tout genre pour attirer les clients. Quelques places avaient été aménagés pour accueillir les visiteurs, alors que d'autres, laissées totalement vides pour permettre l'atterrissage et le décollage des dragons, places signifiées par de larges cercles rouges de trois cent mètres tracés au sol, délimitant les zones réservées au déplacement des dragons. Seule la place Seùnla, ou le drapeau de Cylnaes est officiellement arboré, flottant au bout d'un mât de fer, était interdite à toute implantation commerciale, de part son passé historique et sa taille modeste.
Beaucoup plus bruyantes et agitées que d'habitude, les rues de la ville grouillaient de piétons, le centre-ville étant exceptionnellement fermé à tout véhicule motorisé. Par mouvement de foule, la majorité se dirigeait vers la grande place royale, immense zone aménagée à la fois de béton et d'arbres, au centre de laquelle la statue de griffon avait été remplacée, il y a trois ans, par une statue de lion, assis et la gueule ouverte. Car ce matin, ce mardi 7 juin de l'an 883, à onze heures tapante, se tiendrait le premier discours officiel du roi en personne depuis la fin de la guerre, et ce en dehors du Palais royal.

La place était presque noire de monde, d'une foule bruyante et mouvante. Au fond, une estrade était aménagée, entourées de barrières en fer gardées par les soldats, où un présentoir et un micro attendait le roi, tout aux couleurs de la royauté. En face, de l'autre côté des barrières, se trouvait la zone réservée à la presse, et enfin, les premiers rang de la foule. Au milieu de celle-ci, on pouvait apercevoir quelques petits dragons, à peine plus grand que des humains, pouvant se déplacer sans trop de difficultés... mais les autres reptiles plus imposants étaient posés à l'écart, sous les arbres ou l'herbe de la place.
Ce qui attirait l'attention de quelques curieux était aussi la présence de la dragonne rouge Néfarian. C'était chose assez inhabituelle, mais compréhensible, qu'un ou peut-être plusieurs Gardes royaux se trouvent dans les parages afin de palier à toute éventualité. Quelques badauds osaient même pointer leur téléphone portable vers la dragonne pour la prendre en photographie, de loin. Mais si la dragonne commune était là, aucune trace de Julia Robin, sa cavalière, peut-être était-elle occupée ailleurs, ou peut-être s'était-elle mêlée à la foule, disaient quelques conversations. Couchée à quelques mètres à gauche du présentoir, impassible et silencieuse, Néfarian observait la foule, même sa respiration semblait imperceptible, surveillant à la fois les civils et les soldats.
À droite de l'estrade, se trouvait Gregory Rodriguer, le conseiller principal du roi, debout et presque immobile, parfois remettant en place ses lunettes ou lissant sa barbe grise. À ses côtés, Marvin Einerson, le gouverneur de Cylnaes, légèrement en retrait, occupé au téléphone.

Onze heures tapantes, la cloche du temple hydramien résonna non loin, sonnant lentement, et ce son fit baisser le niveau de décibels de la foule, sans pour autant la rendre silencieuse. À peine quelques secondes après, un rugissement se fit entendre. Venant directement du Palais royal, Seventy, la dragonne bleue de Vassilias, survola la place, portant entre ses épaules son cavalier. Avec des mouvements calculés et calmes, elle vint se poser derrière présentoir. Les soldats et leurs dragons se mirent au garde-à-vous, la foule se rassemblait petit-à-petit, les journalistes dégainaient leurs bloc-notes et leurs caméras.

Solennellement, le roi Vassilias posa pied à terre. Il portait son uniforme de Grand général des armées, noir, doré et rouge, aux trois étoiles, la casquette en moins, laissant ses cheveux bruns libres. Alors qu'il montait les quelques marches de l'estrade, puis apparaissait derrière le micro, il n'eut nul besoin de réclamer le silence, la foule s'étant tue. Comme impatiente d'écouter ce que le roi allait dire, alors que sa voix résonnait dans la place.

– Il y a plus de trois ans, j'ai tenu un discours en cette même place. Un discours placé sous le signe d’un optimisme raisonné, qui convainquit les derniers cavaliers de baisser les armes, qui mit fin aux combats, aux effusions de sang, à la guerre. C'est dans ce même esprit que je souhaiterais m'exprimer aujourd'hui.

Le roi fit une courte pause.

– Ces dernières années ne nous auront épargné ni tempêtes, ni tourmentes ni inquiétudes, ni déceptions, ni angoisses, ni douleurs en tous lieux et sur tous les plans. En cet instant, je souhaite que nous nous recueillions quelques instants, que nous nous souvenions du passé pour mieux nous tourner vers l'avenir. Car si ce jour restera malgré tout significatif de la fin des combats, un jour de joie pour beaucoup de nos concitoyens d'alors, mais une joie altérée par les victimes décédées, blessées ou infirmes et ce, en n'oubliant jamais que cette guerre fut aussi un drame pour Argeya qui n'allait que difficilement s'en relever. Pas seulement il y a plus de trois ans, mais je pense aussi aux événements antérieurs à ceci, ainsi qu'à vous, vous qui avez perdu biens, amis et familles, vous qui avez versé votre sang pour cette terre et vos convictions. Trois ans après, cette paix durement acquise est toujours fragile. Il nous appartient, plus que jamais, dans le monde périlleux dans lequel nous vivons, d'aller plus loin, d'associer et de conjuguer le souvenir des victimes avec la connaissance des causes, des circonstances et des conséquences de cette guerre. C'est un devoir pour la mémoire et donc pour l'avenir de nos enfants.
Je ne souhaite pas être trop long, j'en resterai donc là de mon discours pour tout ce qui est de sa dimension publique. Reste donc avant de conclure la dimension personnelle et citoyenne de tout discours, avec, je veux le dire, pour ce qui me concerne personnellement, après ces trois années où j’ai parfois eu le sentiment de deviner autour de moi dans l’ombre des vautours qui espèrent que « le jeune lion » que je suis ne pourra tenir ses engagements, ni la paix sur une île profondément marquée dans le sang.
Alors, je veux le dire ce matin que celles et ceux qui pensent ainsi se trompent et que leurs manœuvres n’auront pour effet que de renforcer ma détermination à aller jusqu’au bout de ma tâche pour réaliser tous nos projets, de maintenir l'entente et la coopération entre les peuples et les races d'Argeya, de faire que cette paix soit durable. Car cette paix, chèrement acquise, nous en sommes tous collectivement les artisans et les héritiers, et nous pouvons en être fiers et heureux. Pour conclure, j'aimerais humblement vous demander, mes chers concitoyens, vous qui vivez sur cette île millénaire, ainsi qu'à vous, dragons de toutes espèces qui peuplez le ciel, d'œuvrer ensemble pour le bien de tous.

Une seconde courte pause, puis il reprit avec un voix plus posée.

– Ainsi, à tous et à toutes, humains et dragons, en toute humanité et simplicité, je vous souhaite une agréable fête, puisse les années à venir être placées sous le signe de l'apaisement et de l'entente mutuelle.

Quelques secondes après le dernier mot, la foule applaudit comme si elle avait retenu sont souffle durant les paroles. Le brouhaha revint, encore plus fort, entre les applaudissements, les commentaires, ceux qui levaient les bras en faisant des signes, les dragons qui s'agitaient, les journalistes qui analysaient déjà chaque phrase du discours à peine terminé. Le roi Vassilias fit quelques signes à la foule, avant de descendre les marches de l'estrade, allant répondre à la presse. Il fut rapidement suivit par deux soldats, ainsi que son conseiller et le gouverneur de la ville, déjà bombardé de questions de la part des intervieweurs. Certains soldats s'agitèrent ensuite, les capitaines donnant des ordres afin d'aller surveiller le bon déroulement des festivités ainsi que les rues en générale. Seventy la dragonne aux écailles bleues reprit soudainement son envol, laissant son cavalier aux journalistes, se mettant à faire de large cercles aériens autour de des quartiers environnants. Seule Néfarian restait immobile dans toute cette agitation.
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Ikari
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MessageSujet: Re: Que la fête commence [Post scénario]   Jeu 3 Aoû - 20:34

La journée s'annonçait difficile, ou plutôt tendue plus que difficile. Elle connaissait son métier après tout, elle connaissait l'art du combat, du maniement des armes avec lesquelles elle partageait un étrange lien puissant. Il paraissait compliqué de pouvoir penser partager un lien avec une arme, en fin de compte, il était plus probable de parler d'affinité, d'habitude. Pourtant la mercenaire partageait quelque chose en plus avec ses armes, quelque chose qui lui permettait de les invoquer, de les faire apparaître, ses armes, et pas celles d'un autre.
Avant même qu'il n'arrive, le duo infernal était déjà près, tout en haut de la plus grande tour du château se tenait la vouivre blanche, les ailes légèrement dépliées, prêt à fondre si elle l'appelait ou s'il voyait une menace. Tout n'était pas rose, ni même blanc ou noir, la fin de la guerre était plus proche qu'il le semblait, trois ans n'étaient rien dans la vie d'un dragon, cela pouvait être beaucoup pour celle d'un humain mais pas lorsqu'il s'agissait de guerre. La répercussion des batailles se faisait encore entendre, et la douleur de la perte d'un fils ou d'une fille, d'un frère ou d'une sœur, d'un conjoint, d'un ami ou d'une amie était encore douloureuse malgré le temps passé. Trois ans pour marquer la fin d'une guerre c'était comme trois ans dans la vie d'un dragon : ce n'était rien, même pour un Homme. Trois ans, ce n'était pas assez pour une guerre, tout était trop proche. Les enfants nés après la guerre n'étaient pas assez grands pour apporter un jour nouveau, et les combattants n'avaient pas assez vieillis pour oublier les atrocités qu'ils avaient commise ou qu'ils avaient vu.
Alors, et comme le risque zéro était toujours présent, le grand blanc ainsi que sa cavalière veillait à ce que de pauvres fous ne puissent pas venir perturber ces jours festifs.

Si lui était posté de manière assez visible mais bien loin de la place festive, la fleur maudite était directement sur les lieux. Il lui était difficilement possible de passer inaperçue avec sa chevelure blanche, le lys rosée remplaçant son œil et l'autre œil rougeoyant... Ce n'était pas meilleur camouflage, même dans un foule. De ce fait, elle se tenait légèrement à l'écart, près de l'endroit aménagé pour le discours du roi tout de même afin de garder un œil sur celui qu'elle avait pendant longtemps servi. Malgré son statut de garde du roi, Zéro était parvenue à rester mercenaire, en fin de compte, elle restait une mercenaire engagée par le roi sur le long terme et pour coller on lui avait affilié un titre « décor » puisque cela faisait tâche qu'un roi « achète » et se paye les services d'une mercenaire. Après tout, en tant que roi, il n'avait pas besoin de mercenaire et un roi usant d'un mercenaire... C'était comme une épée : elle servait à tuer mais on la paraît pour la rendre jolie, on l'accrochait en haut d'une cheminée on disait qu'elle ornait la maison pourtant, dès qu'il fallait s'en servir, l'épée ne servait qu'à tuer et ni les parures n'y changeaient quelque chose, ni l'ornementation dont elle avait fait preuve durant quelques années n'émoussait assez la lame pour qu'elle ne serve plus. Zéro était comme cette épée, on la paraît de titre, mais elle ne restait qu'une mercenaire. Cela lui servait assez : elle gardait son indépendance, restant ce qu'elle avait toujours voulu rester : une simple mercenaire, travaillant parfois pour des êtres infâmes, abjectes, ou des êtres ridiculement chétifs incapable de savoir se défendre au moins un minimum.
Mais, il y avait certains jours comme celui-ci où le roi lui demandait de ne pas prendre de contrat autre que le sien, il la payait bien entendu, et Zéro ne voyait aucun inconvénient à ce genre de jour tant qu'il n'en abusait pas. Il était son roi certes, il était celui pour lequel elle s'était battue, et plus qu'une relation d'employeur à mercenaire, elle avait toujours apprécié d'un Homme et d'un Dragon au pouvoir, plus qu'un griffon qui ne pouvait pas comprendre, de son avis, ni les cavaliers, ni les dragons dont il perçait même les écailles les plus solides. Avec le temps, puisque durant les trois ans la jeune femme avait gagné en maturité, elle s'était accordée à dire qu'il avait pu être un sage, peut-être, mais qu'il ne pouvait diriger un peuple dont il ne partageait pas l'espèce et dont il pouvait tuer les deux espèces sur lesquelles il régnait.

Le discours du roi lui importait peu, elle n'était pas du genre « lecture, long discours et gentil blabla » ni genre « blabla » tout court d'ailleurs. Les mots ne lui parlaient pas tout simplement. Elle n'était pas inculte, elle avait reçu l'éducation des nobles familles et même si elle n'avait pas fait de grandes études elle comprenait très facilement mais ça ne l'intéressait pas plus que ça, elle avait fait le choix du sang, pas celui des belles lettres. Puis à force, cela lui donnait un sentiment de langue de bois, un sentiment d'usurpation, comme si les longs discours cherchaient seulement à embobiner l'esprit. Ainsi, Zéro veillait simplement à ce qu'il ne se passe rien, à ce qu'il ne soit pas pris en chasse par un humain, il s'agissait de sa seule mission, à l'inverse des autres soldats, elle n'assurait que la survie du roi, pas celle de la foule, puis, à cause de son métier, Zéro était loin d'être sentimentale, elle était loin d'être le genre de personne à prendre facilement en pitié ou même à regretter. Le roi passait avant les autres.
Toutefois tout se déroula merveilleusement bien, le roi rejoignit les différents journalistes et après les applaudissements la foule commença à se disperser afin de vaquer aux différentes activités de la fête. Alors que la mercenaire observait toujours le roi dans un coin d'ombre, ce dernier lui fit un discret signe de tête pour la libérer. Ainsi donc il la laissait profiter de la fête ? Sans acquiescement, la jeune femme se retira du coin sombre pour aller dans des rues plus calme, regardant les différents marchands et ce qu'ils proposaient.
Profiter de la fête ?
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