Une île qui vous surplombe depuis les cieux, où dragons, Hommes, bêtes fantastiques et technologies se côtoient, c'est cette île qui vous attend, cavalier.
 
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 Corrigeons les copies - Navi

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Ikari
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MessageSujet: Corrigeons les copies - Navi   Sam 1 Juil - 21:04

Sa main passant dans ses cheveux à la couleur étrange, ses doigts heurtèrent un court instant l'une des protubérances qui ornaient son crâne chevelus. Ses yeux d'une lueur de rubis glissèrent sur les copies qu'elle corrigeait, le contrôle passé n'avait pas été des plus simple : il s'agissait d'un test de mémoire et il était difficile aux élèves qui s'en sortaient car ils arrivaient à retrouver par logique les choses. C'était comme un devoir d'histoire après tout, de la connaissance, de la mémoire et de la précision. Elle demandait des noms exacts, des caractéristiques véridiques et non pas les suppositions des chercheurs sur la plupart des espèces qu'ils ne pouvaient pas connaître. L'enseignante essayait de paraître le plus neutre possible, elle s'efforçait de mettre de côté ses propres connaissances sur les espèces que les Hommes ne connaissaient pas ou peu, ce n'était pas la patience qui lui manquait, ni même l'indulgence : elle comprenait parfaitement qu'ils puissent se tromper, qu'ils cherchent à définir comment les dracoliches apparaissent, qu'ils expriment le fait que ces derniers ne vivent que dans les lieux tels que les anciennes cavernes, ou bien de vieux tertres bien que cela était plutôt ridicule aux yeux de l'encyclopédie vivante qu'elle était.
Elle flatta doucement l'encolure de Shirokhan contre lequel elle se tenait appuyée. Le ciel dégagé, les rayons du soleil chauffant agréablement le plateau rocheux qui surplombait l'académie et sur lequel ils se trouvaient, leur offrait un endroit chaleureux et lumineux tout en se faisant doucement fouetter par la douce brise d'un début d'été. Au loin s'entendait l'agitation de la ville et au plus proche pouvait se faire entendre la plupart des jeunes qui profitaient de la pause du midi pour sortir, s'étaler dans les parcs afin de manger, de réviser ou de se dorloter. Loin d'être désagréable, ce bruit de fond ressemblait à la douce sonorité de la paix et du bien-être, cela faisait plus de trois ans que la guerre avait pris fin, l'organisation de Cylnaes avait préféré effectuer la fête de cette fin durant l'été, et non pendant l'hiver avec le froid glacial, cela n'était pas une mauvaise idée pensait-elle, c'était toujours plus agréable, plus conviviale que de subir le froid, la neige et le verglas de l'île. Même si ce morceau de terre géant qui s'était élevé dans les cieux possédait ses propres climats, différents de ceux du monde d'en bas, son altitude offrait souvent des températures plus extrêmes, plus difficiles, et plus rudes que ceux qui vivaient sans connaître l'existence de cette île, par conséquent, dans le centre et le nord de l'île, l'hiver était très rude pour la jeune professeur.

Alors que sa main gauche soulignait, acceptait, corrigeait le tas de copies dont quelques questions, elle le reconnaissait, étaient fourbes et véritable piège pour ceux n'étant pas attentif, comme par exemple la question demandant l'espèce d'un dragon possédant des écailles cuivrés, de la taille d'un jeune humain. Le manque d'information dans la question avait guidé les élèves à répondre qu'il s'agissait d'un dragon commun, alors qu'en réalité, il s'agissait d'un Brasserian. Il fallait aussi, dans certaines questions, lister le comportement de certaines espèces tout en expliquant pour quelles raisons ces descriptions comportementales ne pouvaient pas être fiables à cent pour cent. Pourtant les questions se focalisaient aussi sur les habitats, l'écosystème et notamment le biotope en demandant le type de roche, d'arbre et la qualité de l'eau dans certains lieux de vie où l'évolution d'une espèce de dragon était propice.
Elle poussa un long soupir qui fit redescendre sa forte poitrine en même temps que son diaphragme se relâchait, tout en faisant tomber sa tête contre le corps du dragon.

-Je t'assure Shiro, lire qu'un dragon estival est un dragon possédant des ailes parce que sinon il ne peut pas voler, et savoir que cela vient d'un élève dont le dragon est un dragon estival qui possède des écailles rouges feu et une crinière blanche avec quatre courtes pattes et répondant au prénom de Valérian c'est... impressionnant je dirais.

En même temps qu'elle s'exprimait, la jeune femme laissait un commentaire, quelque peu dépitée par  l'annonce qu'un dragon estival pouvait posséder des ailes.

-À croire que certains se moquent de leur dragon, enfin, je sais que pour certains c'est le cas, mais Dragonvar offre un avenir dans des métiers en duo avec son partenaire dragon, alors que font-ils ici ? On dirait qu'avoir un lien est devenu... Banal, bon en soit, ce n'est pas faut, mais cela reste en réalité plutôt rare comparé à la population importante des dragons, c'est surtout que la population humaine étant croissante, on a cette impression de « maintenant tout le monde a un dragon » alors qu'en soit, plus qu'avant mais cela doit représenter quarante, à, à peine, cinquante pour cent de la population, ce qui est déjà énorme mais cela ne représente qu'à peine la moitié de la population. Mais il est vrai qu'à Cylnaes, comme il s'agit d'un lieu où les gens affluent, l'impression est renforcé, je ne serais pas impressionnée si soixante pour cent de la population de Cylnaes partageaient un lien avec un dragon.

Sa main allait et venait sur l'encolure du dragon blanc, avec calme, elle se laissait bercer par ses propres mouvements tout en continuant de lire les copies. Elle arborait toujours son sourire satisfait, heureux malgré certaines horreurs qu'elle pouvait lire et dans son regard une lueur dansait et agrandissait son sourire lorsqu'elle lisait de bonnes réponses et qu'elle sentait que tous les cavaliers ne voyaient pas leur compagnon comme un animal domestique. Il s'agissait là du plus gros problème à son goût, être cavalier durant l'adolescence pouvait rapidement devenir un effet de mode, une tendance qui poussait à considérer un dragon comme un bien, comme un animal de compagnie que l'on avait eu gratuitement, qui se nourrissait tout seul généralement quoique certains dragons pouvaient accepter de se nourrir avec des produits offerts par leur cavalier, parfois par nécessité : trop loin des zones de chasse ou bien souffrant d'une maladie. Il y avait aussi la possibilité pour certains dragons d'accepter, doucement, ce côté « domestication ». Elle trouvait ça triste à dire, et à imaginer, que des êtres si puissants concèdent à s'adoucir. Cette institutrice ne souhaitait pas un oppression de la part des dragons, ou une suprématie de la part des dragons mais cette jeune femme aux roses cheveux ne souhaitait pas voir l'image puissante des dragons se ternir, et finir par s'effondrer tel un château de carte. Ils étaient doués d'intelligence, et la professeur avait l'impression de pouvoir vivre ce que les humains sur Terre avaient appelé « discrimination », « racisme ». Les termes existaient sur Argeya, certains cavaliers se pavanaient d'avoir un dragon, d'avoir de la magie, et certains se montraient aussi homophobe, et raciste entre eux mais de la discrimination Homme à dragon cela était difficilement imaginable pour la jeune femme, pourtant, il s'agissait d'un problème naissant et progressif. Pourtant, cela se faisant de manière passif : les dragons semblaient se « domestiquer » de manière volontaire, inconsciente même.

-Reste toujours un bon vieux dragon sauvage toi hein.
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MessageSujet: Re: Corrigeons les copies - Navi   Mer 5 Juil - 0:15

Douce matinée. Le dragon blanc avait les yeux fermés, il écoutait les coups de stylo sur le papier, sentait la lumière chaude du soleil glisser sur ses écailles comme de l'eau qui coulerait entre les nervures d'une écorce d'arbre. Alimentée par les rayons, sa magie circulait paisiblement. Tel un chat en pleine sieste, Shirokhan ne bougeait pas un muscle, couché sur le flanc, son torse se levant lentement au rythme de sa respiration, l'esprit bercé par les commentaires de sa cavalière sur les inepties toujours plus inventives pondues par ces analphabètes d'étudiants. Prendre un bain de soleil ainsi ? Peut-être sa définition du bonheur. Il essaya vaguement de se rappeler quelque chose à propos d'un Valérian, ou de son cavalier, mais rien. Après tout, il ne faisait pas l'effort de se rappeler de leurs noms, il surnommaient tous les étudiants « gamins ». Ou alors, sa cavalière était là pour s'en souvenir pour lui. Tsss, comment un élève inscrit à une université spécialisée pouvait écrire ce genre de trucs ? Il admirait la patience de Navi. Lui, si un étudiant lui déblatérait ce genre de bêtises, il n'hésiterait pas à lui faire manger des livres jusqu'à qu'il en sache le contenu par cœur. Tout comme il se montrait déjà menaçant envers ceux qui osaient manquer de respect au professeur, qui n'écoutaient pas ou qui allait jusqu'à sécher les cours pour aller se peloter dans un coin ou traîner en ville.
Au moins, ça rappelait à ses gamins boutonneux intéressés uniquement par leur nombril qu'un dragon n'était pas là pour la décoration et qu'il pouvait sans problème leur arracher la tête s'il le voulait. Peut-être que se faire menacer par un dragon toutes griffes dehors leur rappellerait aussi que leur propre compagnon à écailles était plus qu'un animal qu'on pouvait embêter ou commander.

Intéressé par la réflexion que sa cavalière exposait dans son esprit, Shirokhan émit une sorte de grondement ronronnant, et ramena sa tête un peu plus vers son corps, laissant une trace dans la poussière de la falaise. Il ouvrit ses yeux d'un bleu uni, sans pupilles, fixant le tas de copie. Puis retroussa légèrement ses babines sur les côtés, faisant une sorte de rictus qui dévoilait ses crocs blancs.

– Il n'est pas né celui qui pourra se targuer de m'avoir apprivoisé.

Être sauvage ne pouvait pas empêcher d'apprécier la compagnie humaine. Le reptile reprit une expression neutre, et ajusta la position de son aile, faisant un coin d'ombre à sa cavalière, pour éviter que le soleil de juin n'abîme son beau minois.

– N'importe quel dragon ayant un minimum de fierté et de jugeote ne se laisserait pas traiter comme un animal de compagnie. Sinon, c'est qu'il lui manque ces deux choses et dans ce cas, c'est tout ce qu'il mérite. Tu ferais mieux de filer un zéro pointé et trois heures de colle aux élèves qui écrivent des aberrations dans ce genre, en espérant que ça active leurs quelques neurones noyés dans les hormones et l'alcool !

Shirokhan était souvent assez catégorique sur ce point. Ceux de sa race qui se laissait domestiquer comme des simples animaux ne valaient pas mieux que ces derniers... enfin, sans aller jusqu'à souhaiter que tous les dragons se retournent contre les humains, mais il fallait avouer qu'il ne supportait pas lorsqu'un gamin avait des propos rabaissant envers un dragon, et dans ce cas là, il le faisait bien savoir. Que ce soit un adulte qui pouvait au moins argumenter un peu, passe encore, mais un adolescent stupide qui passait son temps à se plaindre et trainer sur l'arpanet comme s'il savait tout de la vie du haut de ces vingt ans ? Ça lui donnait juste l'envie de lui manger un bras. Certes, le dragon blanc n'avait pas une très haute estime des étudiants, un comble, alors qu'il assistait parfois sa cavalière durant les cours de plein air.
Le fait que l'académie tourne encore à cette période faisait que certains se croyaient en vacances, en plus. Mais la journée vide restait encore à venir... même si le lendemain était voué à la fête dans la capitale, les cours étaient officiellement maintenus, bien que certains professeurs prenait un jour et que les étudiants en profitait pour ne plus venir.

– Sur un sujet plus détente, est-ce que tu as posé un jour de congé pour profiter de la fête demain ? Où tu travailles encore ? Moi je...

Il s'apprêtait à expliquer en long et en large qu'il allait profiter de l'animation de la ville même si ça impliquait de supporter beaucoup de monde et de dragons, mais l'image de son cher frère lui vint en tête. Et si jamais il le rencontrait encore, volant au-dessus des immeubles, celui-là ? Il valait mieux l'éviter. Shirokhan releva soudainement la tête, comme s'il avait vu quelque chose dans le lointain, mais il se contenta de démontrer inconsciemment un léger énervement sous-jacent avec une attitude de dragon habituelle lors de ce genre d'émotion, un soufflement des naseaux accompagné d'un très court raclement de gorge. Finalement, il termina sa pensée après une petite pause par une toute autre idée.

– … vais peut-être aller voler jusqu'au Joug d'hiver. Il paraît qu'il y a des lions aussi grands que des dragons, avec des crinières de glace et des crocs d'acier. Si ça se trouve, ils sont cannibales et se dévorent entre eux.
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Ikari
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MessageSujet: Re: Corrigeons les copies - Navi   Jeu 6 Juil - 1:04

Il était vrai que Shirokhan était un peu plus brut, voire rude que Navi par rapport aux élèves, plus indulgente elle appréciait néanmoins ses commentaires qui lui permettaient d'avoir un deuxième regard et notamment le regard d'un dragon, après tout, même si les dragons n'avaient pas de cours à proprement parler, ils étaient eux aussi très concernés, leurs avis comptaient. Tout comme leurs ressentis. L'enseignante repris la copie qu'elle avait corrigé un peu plus tôt en y ajoutant cette fois une petite note personnelle « Attention, Shirokhan pourrait bien venir te croquer un bras ! ♥ » disait cette annotation. L'académie ne favorisait pas réellement cette prise de liberté de la part de la jeune femme à cornes, toutefois ses connaissances et le taux de réussite de sa classe parvenait souvent à raisonner les hauts placés qui grognaient et aboyaient sans jamais mordre. De même, elle avait pleinement conscience que même si sa place pouvait être mise en danger d'autres endroits l'accueilleraient volontiers... Ou bien, pensait-elle, peut-être s'en irait-elle avec le dragon.
Elle déposa le stylo rouge sur la pile de feuille qu'elle plaça sur sa sacoche vide, s'octroyant alors une petite pause. Ses mains se joignirent tandis qu'elle levait les bras vers le ciel, faisant craquer tout son buste avant de tout relâcher, terminant légèrement avachi sur elle-même puis finalement en s'appuyant pleinement sur le dragon blanc qui lui faisait un peu d'ombre.

-Ouuh ça c'est mon petit Shiro pas content hein, oh oui c'est mon petit Shiro pas content, répéta-t-elle avec un sourire narquois, mais qui s'occupe bien de moi aussi.
Si Navi avait pu lui tirer les joues elle l'aurait sûrement fait, mais au lieu de ça, elle frictionnait vivement le haut du crâne du dragon en se moquant doucement de lui avec une voix un peu gaga, peut-être même niaise à la manière de ces personnes folles de leurs animaux mais que Navi affectionnait car souvent amusantes et sachant apprécier l'animal pour l'animal et non pas pour ce que l'animal pouvait apporter comme prestige. C'était amusant de le taquiner comme cela, elle ne le voyait pas comme un animal loin de là, mais plutôt comme un bon compagnon et sûrement comme le seul homme qu'elle voulait bien qu'il entre dans sa vie. Enfin, c'est pas comme si elle n'avait pas eu d'histoire, mais il était vrai qu'avec ce dragon elle ne sentait pas l'envie de passer du temps avec un autre, il s'agissait de son cher petit Shirokhan après tout !
Et en plus de ça, il détournait la vérité, Navi savait bien qu'il voulait profiter des festivités, mais que des différents familiaux le rendait réticent à l'idée de rester en ville. Navi n'allait pas remuer le couteau dans la plaie, elle restait silencieuse, non sans penser tout de même qu'ils allaient tout les deux être bien occupés et que, même s'ils se passaient à côté, sûrement même pas se voir !
-Hmm ah oui tiens, je n'ai pas pensé à prendre quelques jours... Oh de toute façon, je vais sécher je pense...
Dire qu'il s'agissait d'une professeur qui disait ça, elle ne pouvait s'empêcher de rire toute seule à ses propres propos.
-Nah j'irais sans doute voir ce soir, peut-être... Et quand à toi, tu feras attention, ce genre de lions ont tendance à manger les mignons petits dragons comme toi aussi, après tout, le cannibalisme c'est quand même pas top partout, quand on peut se farcir un petit dragonneau... hihi !

Elle rangea rapidement les copies dans le sac qu'elle passa autour d'elle, sur son épaule tout en se relevant rapidement, comme pour fuir ce dragon qu'elle n'arrêtait pas de taquiner.
-Hein mon petit chéri !
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MessageSujet: Re: Corrigeons les copies - Navi   Mar 11 Juil - 22:37

Le dragon blanc profita d'avoir la tête levée pour s'étirer la mâchoire en baillant largement, puis replia le cou pour revenir dans sa position initiale, posant le museau à terre près de sa cavalière. Même si la ville était assez grande pour deux dragons, il espérait tout de même ne pas croiser son frère au détour d'un chemin... bien qu'il était loin d'être peureux ou lâche, s'il pouvait éviter une confrontation, c'était le mieux. Enfin, il ne savait pas si son frère allait attaquer ou ignorer, mais il ne le connaissait pas, seulement de réputation, et de ce qu'il en avait entendu, Shirokhan préférait ne pas tenter le diable. Mais mieux valait se concentrer sur autre chose, et fuir les pensées démoralisantes. C'était bientôt la fête de toute manière, on sentait déjà l'air de la ville chargé d'attente et d'excitation, ne serait-ce que par les vitrines des magasins qui annonçaient des promotions, la présence de l'armée plus importante, ou encore les places prises d'assaut par les commerces éphémères. Même à l'académie, la marmaille qui grouillait entre les couloirs était encore plus agitée qu'à l’accoutumée.

Shirokhan regarda Navi noter encore des choses sur ses copies, son œil bleu entrouvert. Il ne broncha pas quand elle se mit à le mignoter, même mieux, il fit vibrer sa gorge d'une sorte de ronronnement guttural et racla la poussière du ciel de quelques mouvements de queue, ses pointes grises laissant des marques nettes dans la terre rocheuse. On pouvait être sauvage et apprécier les caresses. Mais bien sur uniquement quand ils n'étaient que tout les deux, sinon bonjour la perte de crédibilité devant les gamins. Navi était bien la seule dont il acceptait les attentions, et à laquelle il donnait toute sa considération, et n'était-ce pas normal ? Il l'avait plusieurs fois pensé : c'était la seule personne qu'il aimait sincèrement, et ce, de toute sa vie de dragon. Même avec ses frères et sœurs, maintenant perdus de vue, il n'avait jamais eu une complicité ou une prévenance, sa cavalière était la seule dont le bonheur était une préoccupation. D'ailleurs, rien que le fait de la voir sourire et pouvoir apercevoir une lueur pétillante dans ses yeux lui suffisait. Oui Navi était une belle femme, et avec cela il ne pouvait s'empêcher de ressentir une once de fierté lorsqu'il repensait à ses jeunes années parmi les enfants abandonnés, et qu'il se rendait compte du chemin parcouru. Mais le dragon ressentait aussi un sentiment protecteur, comme un père devant la protéger des autres attirés par son apparence féminine. C'était simple, lorsqu'il la voyait ainsi, il se sentait prêt à déchirer tout ceux qui oseraient lui faire du mal, ou qui lui ferait perdre cette étincelle de vie qui lui seyait si bien.

Ses paupières se refermèrent sur ses yeux bleus complètement unis, qu'on ne pouvait savoir la direction de son regard, comme pour éviter que sa cavalière ne lise dedans et se rende compte de son attendrissement. Ah, ça lui arrivait parfois, lorsqu'il prenait trop ses aises au soleil ! Comme si la lumière chaude faisait littéralement fondre son cœur de dragon. Ce n'était pas le moment de partir dans un vague-à-l'âme.
Shirokhan releva la tête lorsque Navi se leva, prête à partir comme une enfant qui voulait échapper aux représailles de celui qu'elle venait d'embêter. Le grand reptile blanc ne la laissa pas faire, se ramassa sur ses pattes pour se lever, et entourer sa cavalière de son cou, lui barrant le passage.

– Tu ne peux pas échapper à ton dragonneau gardien, princesse.

Parla-t-il à voix haute avec une certaine aménité. Il cogna son museau contre le front de son amie, lui donnant un faible coup pour la taquiner à son tour.

– Et d'ailleurs, ton « petit chéri » pourrait bien s'envoler et te laisser redescendre à pied !

Pour ponctuer ses propos, Shirokhan s'écarta et fit un léger bond pour se rapprocher de la falaise qui surplombait l'académie. Posté sur ses deux pattes arrières, il se dressa en bombant le poitrail et écartant ses ailes en grand, comme s'il voulait se montrer menaçant envers le monde d'en bas.

– Alors, retournons-nous parmi la valetaille, votre altesse ? Ou préférez-vous aller côtoyer les cieux en compagnie de votre humble veilleur ?

Il fit frémit ses naseaux, sentant le vent chaud s'intensifier, comme s'il appelait à la voltige aérienne. Shirokhan savait parfaitement qu'il ne ferait pas l'affront de laisser descendre sa princesse à pied, au milieu des cailloux et de la poussière, après tout, il avait un côté galant ! Enfin, uniquement avec Navi, il ne fallait pas exagérer non plus. Le grand reptile blanc étendit un peu plus son échine, libre de toute pièce de cuir. Il n'aimait pas les selles, il détestait ça. Les selles, c’était bon pour les chevaux. Après tout, si un cavalier dragon se considérait comme tel, alors il devait au minimum savoir tenir sur le dos de son compagnon à écailles sans devoir s'aider d'un harnachement. Un dragon n'était pas une vulgaire monture que le cavalier peut modifier à sa guise, au contraire, c'était au cavalier de s'adapter s'il voulait avoir l'honneur de voler avec un dragon ! Shirokhan était toujours très clair sur cela avec les étudiants qui se plaignaient des conditions de monte... comme si chevaucher une créature aussi fantastique qu'un dragon devait être facile ! Non, ça se méritait. Point.
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MessageSujet: Re: Corrigeons les copies - Navi   Jeu 20 Juil - 22:32

      - Quoi ?! Han, quel dragon méchant qui sert mal sa cavalière, tu es une honte pour les dragons, s'exprimait-elle faussement outrée, indigne va, toi qui veut et menace ta cavalière de partir, de l'abandonner !
Pour accompagner son extrapolation, Navi faisait de grands gestes, sa main se posait à la base de son cou, alors qu'elle détournait légèrement la tête, la bouche ouverte, choquée, le regard n'osant plus se poser sur son cher compagnon blanc. Puis, soudain, elle éclata de rire, d'un bon vieux rire franc et honnête, alors qu'elle donnait une bonne tape sur l'épaule du dragon qui s'était rapproché du bord. Ah, se disait-elle, heureusement qu'elle n'avait pas peur du vide, enfin, de toute manière, avoir le vertige était peu compatible avec le fait d'être un cavalier, un cavalier avec le vertige... Certes, cela existait, mais cela ne devait pas être très agréable !
Elle était consciente qu'il ne partirait pas sans elle, qu'il ne l'abandonnerait pas. Il ne lui avait jamais fait un tel coup et la jeune dame avait toujours eu confiance en Shirokhan, il ne l'avait pas trahi, n'avait pas usé des connaissances qu'elle possédait, et n'avait pas cherché non plus à lui faire un quelconque coup bas. Si Navi avait toujours placé une grande confiance dans les dragons, même les plus féroces, même les plus fragiles, même les plus fourbes et sournois, sa confiance était très sûrement absolue envers Shiro, jamais la peur ne s'était fait ressentir quand il volait toujours plus haut, toujours plus vite ou en faisant toujours plus d'arabesques, jamais l'inquiétude n'avait assombri son être lorsque le dragon parlait ou partait. Certes, elle s'était déjà mise en colère contre lui, avait plusieurs fois désapprouvé ses propos mais il s'agit là d’événements normaux, mais elle n'avait jamais perdu confiance, jamais perdu l'amour qu'elle lui portait.

     - Alors, selon toi, je joue bien la comédie ? Ce n'était pas trop extrapolé ? Qui sait, peut-être qu'un jour je me reconvertirais en comédienne, et l'on fera des tournées dans tous Cylnaes avec une troupe qui s'appellera « La comedia del dragone » !

De nouveau elle éclata de rire tandis qu'elle rassemblait et ordonnait sa sacoche, faisant en sorte que les copies ne puissent pas s'envoler ou bien se plier, ce n'était guère appréciable de rendre des copies pliées, déchirées et abîmées, la plupart des élèves rendaient des copies assez propres, après tout, même si certains n'étaient pas des perles, ils avaient appris dans les classes plus basses qu'une bonne copie bien présentée c'était déjà quelques points. Par conséquent, Navi se faisait un devoir de rendre des copies aussi impeccable que possible. Puis elle n'avait pas non plus envie de devoir rajouter quelques petits points à cause d'une copie dont elle s'était mal occupée !

Elle passa la lanière par-dessus sa tête avant de se représenter devant l'épaule du dragon pour grimper sur son dos, repliant les jambes à la manière des jockeys mais en restant tout de même assise sur les fesses, afin de ne pas gêner les mouvements ailés de l'animal.
   -  Aller mon coco, on va rejoindre les ptits poulets, la « valetaille » comme tu dis, j'irais voir les gens demain ou je leur enverrais un message ce soir, peut-êêêêtre.
Elle fit traîner la fin de sa phrase en baillant volontairement tout en plaçant sa main devant sa bouche avant d'appuyer son bassin contre le dragon tout en serrant les jambes, histoire de lui dire « aller mon coco, on s'envole ! ».
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MessageSujet: Re: Corrigeons les copies - Navi   Ven 21 Juil - 20:47

Shirokhan inspira profondément, comme pour juger de la qualité et de la force de l'air qu'il allait bientôt battre de ses ailes. Le vent venait du sud, il était chaud, tout comme cette journée d'été, et l'on pouvait presque sentir les odeurs des dunes. Sur les falaises, il n'était pas pollué des odeurs humaines ni de celle de la ville, du béton ou du gazole. Il écouta rire sa cavalière, et comme pour l'accompagner, émit une sorte de ricanement étrange et grondant, tel le rire d'un grand lézard, profitant de cet instant de quiétude, qui n'allait peut-être pas durer. C'était ainsi, lorsqu'il était heureux et que tout allait bien, entre la fête de demain et ce moment tranquille d'une belle journée ensoleillée, qu'il avait toujours la crainte que cela finisse par disparaître, ou que quelqu'un chose se passe.
Mais l'ombre ne durait jamais longtemps, et le dragon blanc émit une courte jubilation à l'idée de faire du théâtre.

C'était absolument parfait, exactement comme toi et tout ce que tu as entrepris jusqu'à ce jour !

Annonça le dragon sur une intonation amusée. Rien de mal à faire des compliments, même si ces derniers semblaient trop grandiloquents, mais cela ne marquait jamais une ironie grinçante, plutôt une envie de poursuivre d'un ton taquin.

... Sauf quand tu t'es encombré de ce type, je ne me rappelle plus son nom, mais j'ai toujours dit qu'il avait été bercé trop près du mur.

Ajouta t-il, sans manquer l'occasion de lancer une petite pique à certains garçons qui avait bêtement pensés mériter sa cavalière. Certes il pouvait être lourd sur quelques aspects dans ce genre de sujet, mais après tout, on ne se refait pas et c'était un côté de son caractère, personne n'est parfait. Mise à part Navi, bien entendu !
Shirokhan se baissa légèrement pour la laisser s'installer convenablement. Avant de partir, il lui ouvrit complètement son esprit, afin que, si elle le désirait, elle puisse ressentir les sensations du vol ainsi que ses mouvements, pour s'adapter aux vents et aux actions. Il lui faisait bien sur assez confiance pour cela, car ouvrir complètement son propre esprit, pour un dragon, ces créatures fières et indépendantes, même entre eux, c'était compliqué car cela donnait accès à un aspect des plus privé.
Le dragon blanc écarta les ailes en grand, laissant le vent glisser sur sa membrane. Même si Navi souhaitait retourner en bas, il n'avait pour autant pas l'intention d'aller se poser tout de suite avec les étudiants, cette ambiance appelait son cœur de créature aérienne à quelques exercices de voltige. Il hérissa les pointes grises de son arrière-train, ainsi que cette sur sa queue, et, posté sur ses pattes arrières, il se laissa basculer en avant, la tête la première dans le vide. Le dragon piqua vers le sol quelques secondes, suivant la paroi de roche, le vent fouettant ses flancs albinos, avant de prendre une violente impulsion en cognant ses pattes arrières sur la falaise et pivotant ses ailes, se redressant au-dessus des toits de l'académie. Au lieu de descendre, il fit plusieurs battements afin de prendre de l'altitude.
Shirokhan vola en cercle, au-dessus des jardins de l'école, et émit un rugissement assourdissant, comme pour attirer l'attention de ces pauvres petit enfants, et leur dire de bien observer car c'était a ce niveau qu'un cavalier pouvait atteindre lorsqu'il traitait son dragon avec tout le respect qu'il devait. Une petite démonstration de voltige improvisée, en somme. Le dragon lança un violent battement d'aile pour grimper, puis les replia aussi sec, se donnant au passage une impulsion avec le vent. Il tourna sur lui-même tout en piquant en diagonal vers le sol. Au lieu de freiner de manière brusque, il ouvrit légèrement ses ailes, se redressant quelque peu. Deux ou trois puissants battements de plus, et il eut assez de vitesse pour entreprendre un magnifique looping, restant quelques secondes le ventre vers le ciel, avant de se laisser reprendre par la gravité. La descente se fit d'ailleurs avec un décrochage, qui donnait l'impression que le dragon ne contrôlait plus rien et allait s'écraser, mais... chaque mouvement, chaque action était maîtrisé, chaque turbulence du vent était analysée précisément pour donner cette impression de non-contrôle. Même si les voltiges étaient courtes, leur maîtrise était parfois fatigante à cause de la concentration et de la tension générée. Shirokhan avait l'habitude de ce genre de figure, mais il préféra ne pas s'éterniser, il valait mieux deux ou trois figures bien exécutées, qu'une démonstration qui s'éternise. Le dragon blanc reprit se remit d'aplomb quelques secondes avant de toucher terre, freinant pour atterrir de manière classe quelques mètres devant la porte d'entrée du bâtiment principal, histoire de dire « on dégage les gosses, laissez passer le professeur ».
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Ikari
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MessageSujet: Re: Corrigeons les copies - Navi   Sam 22 Juil - 18:19

Elle ferma les yeux, ses mains à plat sur le corps du dragon, elle ne s'accrochait à rien, elle tenait, en contractant les muscles des jambes sans s'en rendre compte, sans même subir le lendemain ou le soir même des courbatures. La jeune femme prit une grande inspiration alors qu'elle pouvait ressentir l'envol du grand reptile.
Elle se souvenait, lorsqu'elle était plus jeune, de l'adrénaline, de la peur et de la fascination qu'elle éprouvait sur le dos du dragon, à la manière des gens dans les montagnes russes elle criait toujours, et ce cri mélangeait à la fois tout son effroi et tout l'émerveillement dont la jeune Navi à l'époque faisait preuve. Si aujourd'hui elle ne hurlait plus, et que la peur avait quitté ce tourbillon d'émotions, de sentiments qui l'emportait comme une violente vague, comme un ouragan, la fascination elle restait toujours présente. Notamment avec toutes les sensations qui venaient frapper ses os, son corps et qui faisaient fourmiller dans son ventre ses entrailles. Qu'importe si elle se retrouvait la tête en bas, qu'importe si, de temps en temps, elle glissait sur le corps du dragon, se retrouvant un peu plus en avant sur l'encolure, un peu plus sur le dos, voire, de temps en temps, ses fesses se soulevaient et son emprise au niveau des jambes devait se resserrer afin de ne pas chuter. Mais, Navi avait pleinement conscience que si elle chutait, il reviendrait toujours la chercher. Tout comme elle avait conscience que ce n'était que du vent, que cette voltige était parfaitement contrôlée, il ne pouvait pas la leurrer, plus maintenant du moins, lorsqu'elle était plus jeune elle avait souvent eu peur eux, allaient-ils s'écraser car il se montrait trop impétueux ? Allaient-ils se prendre ce grand arbre, là-bas, au loin ? Ou bien se tuer contre la falaise ? Au fil du temps, la femme avait appris qu'il ne laissait rien au hasard, qu'il calculait tout, et puis, c'était un dragon, il avait l'habitude, il avait la maîtrise et il la protégeait.

Elle appréciait chaque figure, s'amusait de cette impression de non-contrôle, pourtant elle ne disait rien, profitait au maximum des sensations, du vent fouettant son visage l'obligeant quelquefois à fermer les yeux sous l'action des zéphyrs ; elle aurait pu rire, elle aurait pu lui parler ne serait-ce que mentalement mais son souhait était de profiter de l'instant, qui en réalité ne durait jamais assez longtemps à son goût, cette voltige était courte, en soit, toutes les voltiges étaient courtes, elles semblaient durer longtemps lorsqu'on les regardait au sol, mais en réalité chaque action était courte, rapide et effectuée dans un laps de temps étroit. Si bien que lorsque Shirokhan se posa, Navi eu une légère sensation de vide, cela n'avait pas duré longtemps, cela avait été court. Mais elle ne s'en plaignit pas. Bien au contraire, la professeur n'était pas dérangée, nullement embêtée elle savait se satisfaire de ce qu'on lui donnait et c'était toujours bien, de toute manière, se disait-elle, j'en aurais d'autres !
Posant le pied à terre, toujours souriante et étrangement très bien coiffée, Navi poussa un soupir d'aisance. Aller, il était temps de sortir de leur petite bulle maintenant.
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