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 Peluches et boulangerie

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Ikari
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MessageSujet: Peluches et boulangerie   Dim 9 Avr - 0:41

Son doigt fin dessinait des traces dans la poussière qui s'accumulait sur le meuble, la matière grisâtre voletait par-ci par-là... cela faisait bien deux bonnes heures qu'elle se tenait là, bien droite, devant le bureau d'un bois terni par l'âge, par la dureté du temps ainsi que par l'abandon de ces possesseurs, nul entretien, plus personne pour observer le travail du bois, pour observer sa finition. Personne non plus pour se servir de l'utilité première. Alors elle se tenait là. Debout, bien droite, son doigt traçant des arabesques dans ce meuble salit. Son regard vide s'attardait sur ces lignes, sur ces courbes qui formaient un méli-mélo incompréhensible.
Une petite patte se posa sur sa jambe couverte d'un fin collant noir, mais aucune réaction ne se fit observer, absorbée par son étrange activité la jeune fille ne sentit qu'à peine la chose grimper sur sa jambe, elle lui rampait dessus, pressant un étrange et dur pelage contre cette peau cachée. Doucement, ça remontait, lentement, et toujours sans attiser la moindre réaction, l'être prenait de l'altitude, déjà le haut de son crâne touchait la fin de la robe, il ne lui manque que quelque centimètres, un petit chemin pour arriver à sa taille, pour ensuite mieux atteindre son épaule..

Soudainement la porte derrière la jeune fille s'ouvrit à la volée, la lumière fusa et baigna rapidement la pièce d'où s'éleva un étrange grognement à peine humain.
-Lisette ! … Que fais-tu donc ? T'es flippante parfois tu sais ! Bref, Il veut que tu ailles dans Cylnaes, faire quelques achats, ça te convient ?

« Lisette ». Non. Tout son être s'agita, pourtant son corps réagit avec lenteur : son doigt se stoppa dans ses dessins, lentement elle releva et tourna ses yeux améthystes quelques peu cachés par ses longues mèches blondes, son regard morne, torve, vide, et presque sans vie, chercha celui de l'homme qui était rentré. C'était un bel homme, du moins, sûrement, peut-être, très certainement. Son esprit ne s'encombrait pas de ce genre de détail, nullement intéressée dans des histoires, des romances. Pendant quelques instants elle fit l'état de son physique : un grand homme aux yeux en amande, aux pupilles d'écorces brûlées, aux boucles courtes et d'un blond aux reflets roux, il avait ramené ses cheveux vers l'arrière, se donnant les airs d'un grand patron. Mais n'était-il pas un grand patron après tout ? Pourtant, cela ne lui donnait pas le droit de la nommer Lisette. Elle détestait ça. Ils se jaugèrent du regard quelques instants, sans rien dire. Il ne fallait pas l'appeler par ce prénom. Il le savait. Que voulait-il faire. Dans sa tête les questions tournoyaient. Sa main se plaça sur le ciseau doré qui se tenait accroché sur sa robe.

« T'es flippante parfois tu sais ». De quel droit. Comment osait-il. Son corps se crispa. Sa poigne se raffermit sur l'objet tranchant. Elle voulait voir son sang couler, soudainement. Comme une envie subite. Incontrôlée. Un petite rire nerveux lui échappa. Il tressaillit.
Puis soudain elle lui fonça dessus, il s'écarta brusquement, se heurtant au mur alors qu'il tentait vainement de se débattre. Elle appuyait tantôt sur sa gorge, tantôt sur ses yeux comme si elle voulait les arracher. Lui prendre ses deux billes sombres qui lui servaient d'orbites. Elle les voulait. Pour elle. Pour que Lisette puisse les lui coudre à la place des deux anciennes orbites.
La jeune fille s'approcha du corps s'agita tel une anguille sous la violence de ce qui avait voulu tenter de grimper le long de la jambe fine, ses doigts fins glissèrent sous le ventre de la chose qui se laissa soudainement faire, doucement sa main vint caresser le haut du crâne de la petite chose aux allures d'ours en peluche avec un petit nœud papillon rouge autour du cou, et avec trois pointes tranchantes sur chaque pattes lui servant de griffe.

Lisette, ou de préférence Liz, enjamba le garçon au magnifique visage lacéré, tenant toujours l'ours en peluche aux yeux minuscules, à peine plus gros qu'une bille, d'une belle couleur chocolat tout comme son tissu doux et agréable, mais éclaboussé par du sang séché. Sur ses traces, un petit cerf albinos lui aussi fait d'un tissu doux.

-

La ville se trouvait plutôt animée, il n'y avait pas masse de monde, mais assez pour que Liz soit observée par certains. Malgré sa maigreur, ceux qui la croisaient ne pouvaient détourner le regard de sa belle chevelure blonde, de son côté adorable dû à la présence de cette peluche de cerf blanc dans la bras. De loin, elle paraissait si innocente, si pure... Éloignée de toutes ténèbres, éloignée de toute impureté.
Faire des courses hein ?
La tête du cerf bougea, faisant froncer les sourcils à ceux qui observaient la jeune fille. Elle ne voulait pas faire les achats. Elle ne savait même pas quoi acheté. La foule n'était pas dérangeante. Mais les dragons au-dessus de sa tête était particulièrement agaçants. Pourquoi se trouvaient-ils dans une ville humaine ? Ne pouvaient-ils pas rester dans leurs terres reculer ou se laisser tuer ? Liz les haïssait. Ces dragons. Ces maudites bêtes. Elle voulait leur arracher les yeux, elle voulait leur arracher les écailles et les découper lentement avec ses ciseaux.

D'un pas agile et féminin, Lisette se déplaçait dans les rues, attisant, attirant le regard des autres, elle cherchait, errait, ce qu'il fallait acheter. Mais déjà elle oubliait quoi prendre. Son esprit chantait dans son crâne et de sinistres et angoissantes voix lui parlaient. « Tue liz », « ils te regardent », « cet homme est louche », « il y a des caméras ». Quelquefois la jeune fille se mettait à rire de la bêtise de ces voix avant de reprendre une mine relativement sombre et inquiétante.
Son reflet se dessinait sous son regard cerné, mais ce n'était point ce dernier que ses yeux pâles observaient. Face à elle, derrière une vitre propre se dessinait multitudes de gâteaux. La peluche dans ses bras s'agita. Elle avait faim. Mais ce n'était pas ce qu'elle devait acheter. Elle se souvenait maintenant de ce qu'elle devait acheter. Mais elle avait faim.
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Crayon
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MessageSujet: Re: Peluches et boulangerie   Lun 24 Avr - 18:15

Pourquoi aller s’enfermer dans une salle de classe pour écouter une vieille radoter des trucs passés, alors qu’il faisait un temps superbe dehors ? Ryuko, fidèle à sa réputation, préférait largement traîner en ville plutôt que faire l’effort d’aller en cours. De toute façon, c’était censé être les grandes vacances ! Qu’est-ce que c’était que cette école qui ne respectait même pas ça ? Quand toutes les autres étaient fermées, celle-là tournait encore, et tout cela à cause des cavaliers en apprentissage qui bossait pendant l'été. Mais pourquoi fallait-il que le lycée suive aussi cette ligne ? Dire qu'elle avait cours alors que tous les autres pouvaient librement glander au soleil.

La matinée était un peu avancée, et comme la jeune fille n’avait pas beaucoup dormi durant la nuit – chose habituelle – elle se reposait posément sur un  petit escalier en pierre, agréablement chauffé par le soleil, devant le perron d’un immeuble. Comme tous les jours dans la capitale, le centre-ville était toujours animé, en particulier durant cette période, non seulement de vacances mais aussi de veille de fête. Affalée sur les marches grisâtres, Ryuko bâillait à s’en décrocher la mâchoire, s’ennuyant quelque peu.

Au lieu de travailler, elle était plutôt à la recherche de quelque chose à faire pour passer le temps. Souvent les élèves de terminal ou de première aimaient s'agglutiner autour des terrains de sport pour regarder leurs aînés et leurs dragons s'entraîner, mais pas question d'aller à l'académie plonger dans ce nids à ragots.
Peut-être trouver une connerie à faire ? En ville, ce n'était pas ce qui manquait après tout. Aller crever les pneus d'une voiture, piquer quelque chose dans une boutique, ou alors faire les poche à quelques passants... mais tout seul, ce n'était pas forcément très drôle. Ryuko sorti son portable à clapet de sa poche, tapotant sur les touches en ce demandant qui contacter. Pourquoi pas Shôto ? Comme ça, elle pourrait le provoquer avec quelques insultes bien choisies, puis ça partirait rapidement en bagarre amicale, quelques coups donnés pour se défouler et non dans le réel but de faire mal. Et après, on rigole et on va s'acheter une glace ou crêpe. Ou alors Orion, comme ça, elle pourrait lui poser des questions et des défis informatiques, et ça finirait dans un cybercafé devant un ordinateur afin de s'amuser à pirater quelques réseaux, le tout en mangeant une gaufre accompagnée d'un soda aux fruits. Bah, et pourquoi pas les deux en même temps.

Sauf que, avant de leur envoyer un message, Ryuko se redressa en se rappelant qu'elle avait oublié un léger détail. Elle, elle était purement en train de sécher, mais eux, ils étaient à l'académie après tout, ils étaient peut-être en cour, tout bêtement ! La jeune fille soupira longuement. C'était compliqué d'être pote avec des aînés, même s'il n'y avait qu'un an d'écart, mais surtout, avec des cavaliers. Comment est-ce qu'il faisait pour arriver à comprendre des dragons ? Pour Orion, elle ne disait pas, lui n'avait pas vraiment l'air d'essayer. Mais Shôto avait l'air de bien s'entendre avec sa dragonne, alors... sans doute que tous les dragons n'étaient pas aussi compliqués que Dahaka. Un autre long soupir.
La tour est loin... que fait-il en ce moment ? Est-ce qu'il s'ennuie ? Peut-il s'ennuyer ?

Dans le doute, Ryuko envoya tout de même un message aux deux autres pour leur demander s'ils étaient en cours – écrit évidemment en langage sms complètement naze du genre « slt t en cour ? » – puis se bougea enfin des escaliers. S'étirant largement, la jeune fille balaya distraitement les passants du regard. Entre les monsieur et madames tout-le-monde, une présence inhabituelle attira son regard. Chevelure blonde, plutôt bien habillée, semblant être adolescente, sans doute que s'ils étaient là, l'un des garçons aurait fait un commentaire plus ou moins intéressant.
Intriguée, Ryuko descendit les marches. N’ayant rien à faire et curieuse de nature, elle se mit à la suivre de loin pour voir où elle se rendait. De dos, elle ne voyait pas son visage, mais vu son allure générale, elle devait être super mignonne.

Lorsqu’elle la vit s’arrêter, l'adolescente s'appuya contre un mur, les mains dans les poches de son mini short en jean, observant la devanture de la boulangerie. Dans tout ce qu’elle avait pensé faire plus tôt, il y avait un point commun : ça se finissait avec un truc à manger. Comme pour lui répondre, son ventre émit un gargouillement, lui rappelant qu’elle n’avait rien avalé depuis hier midi. Ce n’était pas faute d’avoir envie, mais… en fouillant dans les poches de son sweat, elle ne dégota qu’une pauvre pièce d’une couronne d’argent. Il faudrait qu’elle se rappelle de taxer quelques piécettes à Orion quand elle le verrait – et essayer aussi avec Shôto, bien que ce dernier soit un fauché de la vie.
Affamée, Ryuko s’approcha de la vitrine du magasin, jugeant les appétissantes pâtisseries qu’elle ne pourrait pas se payer, et en profita pour jeter à œil à la fille en robe à côté. Outre la peluche louche qu’elle se trimbalait, elle avait un air tout aussi louche, ne serait-ce que par l’impression générale qu’elle dégageait. Finalement cette fille avait l’air un peu plus bizarre que Ryuko ne l’aurait pensé. Mais après tout, dans son quartier ce n’était pas les gens bizarres qui manquaient. Seulement cette autre adolescente n’avait pas l’air d’être le genre à zoner dans les bas-quartiers, si elle avait été mieux coiffée et accompagnée de parents bien habillés, on aurait dit une fille de bonne famille. Durant ses réflexions, Ryuko était restée plantée devant la vitrine à regarder pensivement l’intérieur. Jusqu’à ce que sa faim se rappelle à elle.

Voyons un peu cette boutique !  À travers la vitrine, la jeune fille jugeait de ses possibilités. Évidemment, tous ce qui était pâtisseries et viennoiseries étaient derrière une vitre, comme dans toutes les boulangeries. Le seul truc à portée de main était le présentoir à confiseries, sur lequel étaient posées diverses sucettes, biscuits et berlingots. Rien de plus facile. Un client venait d’ailleurs de sortir, et à ce moment, il n’en avait pas d’autres. Saisissant l’occasion d’être toute seule dans la boutique, Ryuko alla pousser la porte, qui émit un léger tintement en s’ouvrant.

– 'Jour, je pourrais avoir une baguette comme ça s’il vous plaît ?

Elle désigna les pains posés derrière d’un geste du bras, et alors que le boulanger se retournait pour l’attraper, Ryuko en profita pour chopper quelques bonbons sur le présentoir, juste quelques-uns histoire que ça passe inaperçu. Avec un mouvement posé mais rapide, en moins d’une seconde c’était dans la poche. Puis, elle paya le pain avec sa dernière pièce, et remercia comme si de rien n’était, ressortant en même temps qu’un autre client entrait. Cette fois, elle avait eu de la chance, pas besoin de se mettre à courir, le geste n’avait alarmé personne – Ryuko en était presque déçue, une petite course poursuite lui aurait permis d’écouler un peu son énergie.
Et le butin ? La main dans sa poche, elle compta. Voyons, un berlingot rouge pour Orion, un bleu pour Shôto, et deux autres de différentes couleurs. Et vu qu’en ce moment, elle n’était pas trop sur les nerfs ni en plein maux de tête, elle en proposa à la fille blonde.

– Tiens, cadeau. Tu veux le vert ou le jaune ?
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