Une île qui vous surplombe depuis les cieux, où dragons, Hommes, bêtes fantastiques et technologies se côtoient, c'est cette île qui vous attend, cavalier.
 
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 Le rouge et le blanc

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Ikari
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MessageSujet: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyMar 16 Avr - 17:27

La nuit prenait son temps pour tomber, comme habituellement l'été, ainsi les journées passaient, longues, éreintantes. Fatigantes. Le crépuscule sonnait aussi la fin de son travail, plus volontaire qu'autre chose. Son bureau était bien rangé, bien ordonné, propre. Il ne restait plus aucun document à traiter, les enquêtes avançaient comme elles pouvaient. Mais la notion du temps, elle, demeurait encore portée disparue.
— Capitaine, vous venez boire avec nous ce soir ?
La petite voix émergea de sa porte en même temps que la tête de son assistant, il restait toujours un peu intimidé malgré les années, toujours intimidé, mais dès qu'il voyait se dessiner le sourire de la capitaine sur ses lèvres il se sentait de nouveau rassuré quant à sa place à la caserne. Toutefois, malgré le fait qu'elle ne refusait que rarement un sortie avec les collègues, cette fois-ci la capitaine déclina l'offre. Malgré les apparences, elle restait humaine et le poids des événements commençaient à la peser. Ce n'était ni l'enquête sur la trahison d'Eavel Zéro, ni la situation avec Torn, ni même l'enquête sur cet étrange katakan dans les égouts, ni les autres enquêtes car malgré les moyens déployés par le château la vie continuait, et les criminels savaient bien user de cette situation pour leurs propres intérêts. Mais l'association de tout ce qu'elle devait faire commençait à devenir pesant. Elle finissait par rédiger ce qui devait être rédigé, par valider ou non les choses qu'elle devait valider, mais pour finir tout son travail, la capitaine passait une grande partie de son temps dans son bureau. Elle avait maigrie au cours des dernières semaines, sa peau était plus pâle que jamais, mais son teint blafard ne permettait pas aux autres de détecter les nombreuses anomalies qui accablait leur capitaine. Elle ne pouvait pas non plus se montrer malade, ni affaiblie, quel signal enverrait-elle à la population ? Les fêtes avaient brusquement été annulées, des familles avaient dû enterrer leurs proches, d'autres s'étaient tenues auprès de leurs proches dans les centres de soin, et tous réclamaient des réponses, des actions. Ses équipes ne pouvaient pourtant pas aller plus vite, ils avaient des horaires à respecter, des analyses à faire, des témoins à questionner.

Aska poussa un long soupir en regardant les derniers rayons mourant derrière l'horizon, de la fenêtre de son bureau elle voyait la ville s'étendre, et aucune aile ne brassant les cieux. Cela était d'une tristesse. Mais elle aussi, acceptait les ordres, elle était capitaine, elle ne pouvait pas toujours tout commander. La maître lame Esdeath devait être bien heureuse du déroulé. Mais Aska restait un soldat, un capitaine certes, mais un soldat tout de même. Elle devait obéir à l'état d'urgence, se donner tous les moyens pour traquer la fugitive, pour traquer les criminels, elle devait faire tout ça en respectant la loi. Elle avait demandé de nombreux mandats ces derniers jours, ses équipes d'interventions avaient réagi rapidement après leurs réceptions pour aller enfoncer des portes. Mais à chaque fois ils faisaient mouche. Aucune trace de la mercenaire. Aska se demandait parfois si le pouvoir de l'ancien chien du roi était bien celui inscrit dans le dossier. La mercenaire paraissait absente, en dehors de la vie. Ils savaient simplement qu'elle était dans la ville, mais la capitaine avait fait fausse route avec les bas-fonds, et au final quand elle avait pris du recul, Aska avait pu recentrer l'enquête dans les alentours du port. Mais par la suite, en dehors de quelques témoignages elle n'avait rien eu de nouveau. Dans les faits, l'enquête l'ennuyait, la capitaine était loyale à son travail et au roi, mais Eavel Zéro sans son dragon n'était rien. La clé de l'enquête était là, pourtant Aska ne parvint pas à saisir l'importance de sa pensée. Était-ce la fatigue, le poids accumulé des derniers jours qui avaient fait que la capitaine venait de rater l'élément crucial ? Ou bien était-ce la prétention que l'armée serait plus forte que cette mercenaire ? Après tout, même si elle voulait libérer la vouivre elle ne pouvait rien faire, seule, contre une armée. La capitaine ne pensait pas que Zéro soit folle au point d'aller chercher le dragon dans l'enceinte du palais, mais l'esprit de la capitaine avait depuis un moment commencé à flancher.

Elle se demandait si Torn allait bien, elle voulait la voir, passer ses mains sur ses écailles, elle voulait discuter, rire avec elle. Et le besoin et l'envie de voir son amie commençait à prendre plus de place que son travail. De même, la réaction de la dragonne l'avait remise en question, sa réaction -même si sur le coup cela l'avait fortement agacé- avait créé un remous en elle. Est-ce que ce qu'elle faisait était bien, juste et convergeait vers ses idéaux ? Est-ce qu'elle avait écouté les autres avant de prendre ses décisions ? Le doute s'instaurait en Aska, comme les sombres nuages avant l'orage. Son raisonnement commençait à flancher, et bien qu'elle ne montrait rien à son travail, restant toujours fidèle à elle même : souriante et agréable, la capitaine commençait à douter. Elle commençait à mélanger ce qui pouvait être bon ou non, elle aurait voulu ne plus être capitaine, déléguer l'enquête sur la trahison, mais malheureusement Aska était la capitaine. Et elle ne pouvait pas montrer la faiblesse qui l'enveloppait. Elle cachait ses émotions et ses doutes au fond, s'acharnant dans son travail.

Pourtant, l'envie soudaine lui prit de s'en remettre à Torn. La dragonne avait beau paraître rustre, elle restait aussi raisonnable -à sa façon- et si quelque chose l'avait mis en colère, alors la cavalière devait en prendre compte. Il était grand temps qu'Aska redevienne la capitaine qu'elle avait rêvé d'être : celle sur le terrain, celle qui annonce les morts, qui réconforte, celle qui écoute, qui entends et qui fait en fonction. Elle ne voulait plus être l'instrument de l'état, elle ne voulait plus sentir le poids de ces enquêtes qui ne pouvaient pas encore être résolues, elle voulait recommencer à accepter l'échec, à accepter de changer ses méthodes. Mais pour ça, il lui fallait Torn, car la dragonne avait décelé un échec, une chose ne convenant pas, une incongruité, et qu'elle était celle qui avait voulue se rebeller, mais personne, pas même elle, sa cavalière, n'avait accepté de l'écouter et au contraire même, l'avait écarté. Il fallait qu'elle la retrouve. Si elle réglait ce qui devait l'être avec Torn, Aska était persuadée de pouvoir détenir toutes les clés pour réussir. La dragonne à la mâchoire d'acier était la clé qu'il fallait.

Alors qu'elle descendait dans le parking, se dirigeant vers sa voiture, la capitaine tenta vainement de contacter la dragonne, mais elle n'y parvenait pas, échouant encore et encore, et une fois au volant, elle constata aussi qu'elle serait bien incapable de la retrouver. Ses doigts resserrèrent le volant, comme agacés, cependant la jeune femme était bien incapable de se résoudre à abandonner. Il ne fallait pas abandonner, alors elle pensa à la carte d'Argeya, à ses volcans, à l'est, à l'ouest, au nord, et au sud-est. L'Obsidien était le plus proche mais était-ce le bon choix ? Aska traquait les humains, pas les dragons. Et plusieurs jours s'étaient écoulés depuis l'incident. La solution vint à elle comme une évidence soudaine. Tout en conduisant, l'albinos attrapa son téléphone sur le siège passager, ce n'était pas réglementaire mais elle avait l'habitude tenace des talkie-walkie dans les voitures de fonction, alors elle pouvait bien faire un petit écart. Ralentissant tout de même l'allure, elle chercha le contact de William en dictant au téléphone quoi faire, et quand, enfin, elle put lui dicter le message qui disait très rapidement qu'elle recherchait un dragon et qu'elle voudrait louer ses services ce soir en l'attendant hors de la ville, un drôle de sentiment envahi la capitaine. Elle se sentait au pied du mur. Cette nuit Aska allait devoir faire un choix. Entre l'état et le roi qu'elle servait et ses propres convictions.
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyJeu 18 Avr - 21:41

Quatre-vingt seize, quatre-vingt dix-sept, quatre-vingt dix-huit... alors qu'elle était sur le point d'arriver à sa centième pompe sur son bras gauche, William entendit son téléphone personnel sonner dans son coffre grand ouvert. Essoufflée et surtout transpirante après avoir quasiment achevé ses exercices de la journée, qu'elle faisait lorsqu'elle n'était pas en chasse, la jeune femme se redressa avec un long soupir pour reprendre son souffle. Quoi que ça puisse être, ça tombait plutôt bien. Le soir s'installait déjà, mais vu qu'elle avait passé une grande partie de l'après-midi à dormir, elle n'était absolument pas fatiguée et même plutôt partante pour une traque nocturne. Sans compter que ses muscles chauds n'attendaient qu'une proie après laquelle courir, c'était toujours bien plus motivant qu'un bête footing en forêt. Ce fut donc en s'épongeant le front à l'aide d'un morceau de serviette qu'elle consulta l'appareil, étonnée de recevoir un autre message de la capitaine. Chercher un dragon ? Ah donc il s'agissait d'une demande de traque ! Enfin quelque chose qui tombait dans ses spécialités. Même si c'était une bestiole volante, ça ne lui posait aucun soucis. C'était simplement plus long, mais elle réussissait toujours à les rattraper. Après tout, même les dragons restait des êtres vivants avec des habitudes, des terrains de chasse, des nids, des climats préférés. Dans son message, Aska lui indiquait simplement un point de rendez-vous en dehors de la ville, mais ne précisait pas quel type de dragon elle voulait pister. Par déduction, William envisagea directement qu'elle voulait retrouver son propre dragon, pour deux raisons, la première étant la dispute, et la seconde, que de toute façon, l'armée n'avait pas le droit de faire appel à des personnes extérieures pour mener ses enquêtes. Il s'agissait donc d'une demande personnelle. Enfin ! Au moins, heureusement qu'il ne s'agissait pas d'un problème avec les examens qu'elle avait passé au laboratoire de la caserne, de la maladie, des catacombes ou quoi que ce soit dans ce genre !

En parlant de ça... la chasseuse envoya une réponse affirmative en disant qu'elle se mettait en route, et reposa son téléphone. Puis fixa le dos de sa main gauche, frottant les chairs déchirées de son pouce. Ça ne s'était pas aggravé. Mais...
Ça ne guérissait pas non plus.
La griffure restait rouge, légèrement gonflée, et la jeune femme avait beau désinfecter, et attendre, c'était comme si le processus de guérison s'était mit en pause. Normalement, le corps devait réparer les chairs, commencer à les refermer et combattre l'infection ! Mais là, non. Juste rien. La blessure semblait figée dans le même état depuis des jours. Ça ne saignait pas, mais c'était toujours ouvert. Et vu que ça ne s'aggravait pas non plus, William hésitait à forcer la guérison à l'aide de sa magie. Peut-être que c'était juste plus long pour une raison inconnue ? Elle préférait encore attendre pour voir si vraiment, rien ne se passait. Et puis... c'était juste une griffure. Même si elle était un peu moche à voir, la chasseuse n'avait pas de fièvre, ni de faiblesse, bref rien qui indiquait de quelconques complications. Elle se sentait même plutôt bien. Les examens avaient montrés qu'il n'y avait aucune contamination, alors...
La jeune femme haussa les épaules. Plus tard, tout ça, pour l'instant, il y avait un travail à faire !

Toilette de chat à l'eau froide pour se rafraîchir et retirer la transpiration, changement de vêtements, rangement des affaires de camping éparpillées autour de la voiture, et elle était en route. Elle s'était contenté de mettre un pansement sur la griffure, ainsi que des gants noirs de conduite.
N'étant pas bien loin de Cylnaes, elle ne mit pas longtemps à arriver au point de rendez-vous. Il s'agissait d'un simple bas-côté de route, l'une des routes qui traversait les plaines et forêt entourant la capitale... sauf qu'au lieu d'arriver par la route comme n'importe qui aurait fait, William avait complètement coupé à travers champs et arriva donc comme un taureau dans un magasin de porcelaine. Sans attendre, elle freina et se gara juste en face de la voiture d'Aska, à seulement quelques centimètres.
– Salut Aska ! s'exclama t-elle en ouvrant la portière. C'est pour ton dragon, c'est ça ? Merci d'avoir pensé à moi. Pour ça, c'est sur que je peux t'aider. Oh, et... merci de m'avoir conseillée, tu sais, pour la relation avec le dragon, tout ça. J'ai réussi à lui parler mentalement alors qu'il était loin.

D'habitude, lorsqu'elle rencontrait en personne quelqu'un souhaitant engager ses services, William était parfaitement professionnelle et expliquait ses tarifs, adaptait le prix selon les demandes du clients – s'il voulait juste une extermination, ou qu'elle rapporte le corps du monstre, ou juste retrouver un animal disparu... – et une fois tombé d'accord sur le montant, faisait signer un devis et tout le tralala juridique pour être au clair avec la loi... la plupart du temps. Mais maintenant, elle ne se voyait pas vraiment se mettre à discuter argent comme s'il s'agissait de n'importe quel client, sans vraiment savoir dire pourquoi, elle ressentait une légère gêne. Ce qui était un peu frustrant car normalement, se montrer sérieuse, sûre d'elle et avant tout inflexible avec ceux qui essayaient de rogner sur les coûts, tout cela n'était pas un problème. Mais là, non. Rien ne venait, et si la chasseuse était dans une bande dessinée, alors à ce moment, sa bulle de dialogue ne comprendrait que trois petit points. Bon, dans tout les cas, mieux valait éviter qu'un silence bizarre ne s'installe, alors elle enchaîna directement, agitant son téléphone portable qu'elle tenait toujours.
– Bref, je pense que commencer par le début, à savoir le volcan le plus proche, serait le plus logique. Vu que ton dragon a été blessé, il est probable qu'il soit parti à l'endroit ou trouver des bassins de lave rapidement. Est-ce que tu as quelque chose de ton dragon ? Un morceau d'écaille, de corne ? Je sais que certains cavaliers aiment bien conserver ce genre de truc comme talisman ou je ne sais quoi. Ou alors sa selle ou son harnais ? Enfin, n'importe quel objet ayant son odeur. Ça m'aiderait à suivre la piste.
Tout en parlant, William croisa les bras, l'air sérieux. Son esprit s'était branché sur le mode « chasseuse ». Et cette fois, il s'agissait d'une traque en pleine nature, autrement dit, son terrain. Ce n'était pas bien souvent qu'on lui demandait de retrouver un dragon « porté disparu », mais quand ça arrivait, généralement le cavalier était particulièrement concerné sur l'avancement des recherches, et la jeune femme avait dû plusieurs fois refuser que ce cavalier l'accompagne quand bien même il était inquiet pour son ami à écailles. Généralement parce que jusqu'ici, il avait s'agit de jeunes cavaliers ne se rendant pas compte de la difficulté, et que la chasseuse ne voulait pas en prendre la responsabilité... et ne voulait pas non plus avoir quelqu'un dans les pattes. Voudrait-elle faire une exception si Aska lui demandait ? La réponse restait encore à délibérer. Même s'il s'agissait d'une capitaine, à savoir une militaire entraînée – donc déjà plus avisée qu'un jeune adulte lambda – William mit tout de même les choses au clair directement.

– Écoute Aska, avant tout, sache que j'ai déjà eu des cavaliers me demandant de retrouver leur dragon. À chaque fois ils voulaient m'accompagner, et à chaque fois, j'ai refusé, parce que je savais que ça allait être beaucoup trop difficile pour eux de suivre le rythme. Ce n'est pas toi qui décide si tu viens ou pas, c'est moi qui décide si j'accepte de t'emmener ou pas. Ne crois pas que je te veuille te décourager, ou te déprécier, mais la traque peut durer plusieurs heures, ou jours, et ce n'est pas une randonnée du dimanche. Si tu veux m'accompagner, je ne tolérerais aucune plainte et j'attendrais que tu respectes mes décisions sur le terrain, tout comme moi je sais écouter lorsque c'est en dehors de mes aptitudes.
Son ton était volontairement direct et rude, cherchant à tester si son interlocutrice était consciente des risques si elle voulait vraiment venir... et si elle savait garder la tête froide et écouter. Parce qu'en terrain inconnu, certains avaient tendance soit à paniquer, soit à s'inventer des compétences quitte à faire n'importe quoi. Bien sur William avait déjà une plutôt bonne opinion après la chasse réussie au leshen et les autres interactions, mais elle préférait creuser encore, quitte à piquer un peu, histoire d'être certaine que la traque n'allait pas se terminer prématurément.
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyVen 19 Avr - 16:09

Une vingtaine de minutes s'étaient écoulées depuis le message vocal qu'elle avait envoyé. Aska attendait, patiemment, en dehors de la ville. Ce n'était pas le meilleur endroit pour garer une voiture, mais bon, qui viendrait ennuyer le capitaine de la caserne ? Même si typiquement elle restait aussi citoyenne, il fallait bien profiter et jouir de certains avantages. En patientant, la capitaine avait tenté de discuter avec la dragonne, mais en vain. Elle se demandait si la colère de Torn s'était calmée, ou si au contraire la dragonne l'avait entretenue, remuant sans cesse les événements, comme une vache qui rumine et qui sans cesse broie les mêmes herbes. Les événements tournaient dans la tête de la femme aux blancs cheveux, elle se questionnait sur ce qu'elle aurait dû faire plutôt. Elle se demandait aussi comment William réagirait, ce qu'elle lui dirait, ce qu'elle ferait. Aska se questionna aussi sur le prix d'une traque, sur les tarifs demandés par la chasseuse. Mais son esprit n'eut pas le temps de trop divaguer, de trop s'interroger que le son ronronnant d'un moteur commença à se faire entendre par la capitaine. Son regard balaya la route, mais elle ne voyait ni phares, ni voiture. Pourtant le ronronnement était devenu un rugissement qui se rapprochait avec un bruissement étrange.

La capitaine se retourna brusquement en comprenant d'où arrivait la voiture, ou plutôt de quelle route elle n'arrivait pas ! Durant un cours instant l'étonnement s'afficha sur son visage, l’incrédibilité aussi et une forme d'inquiétude alors que la voiture qui avait surgit du champ se rapprochait dangereusement de sa propre voiture et d'elle-même. Aska eut même un mouvement de recul, en positionnant un pied derrière, prête à bondir sur le côté pour éviter cette folle du volant. Mais contre toute attente, William s'arrêta juste devant sa voiture, et sorti comme si de rien n'était, tandis que la capitaine se disait qu'elle avait engagé William et que ce n'était pas pour lui mettre une contravention. Bien que la conduite dangereuse... Enfin, chacun avait droit à son petit privilège, et pour un chasseur, savoir conduire devait être primordial même si cela signifie aussi passer par des « non-routes » et mettre à mal le code de la route. Aska eu un sourire mi-figue mi-raisin pendant qu'elle revoyait les quelques secondes où elle s'était dit que William avait un problème de frein. Cependant son calme et sa prestance revinrent dès que la chasseuse ouvrit la porte, elle s'était arrêtée, alors à quoi bon en faire tout un fromage après tout ?

— Bonsoir, William, répondit Aska d'un ton calme et agréable, c'est en effet à propos de Torn, je ne parviens pas à la connecter, et nous ne nous sommes pas laissées en très bon terme non plus...
Sa voix avait pris une légère sonorité plus sombre ; ce n'était pas tant la dispute qui l'ennuyait, mais plutôt la couverture médiatique derrière : l'affaire avait fait le tour de l'île. Tout le monde y était allé de son petit mot, il y avait eu les gens quelque peu « pro-humain » qui s'étaient offusqués qu'un dragon se retourne ainsi contre les Hommes, à l'inverse, les individus pour la protection des dragons s'étaient étouffés de rage en apprenant l'usage d'arme anti-dragon et l'usage de la magie de la cavalière contre le dragon... Même ses parents l'avaient appelé pour lui intimer de mieux prendre soin de son compagnon à quatre pattes. Aska avait mis son téléphone sur silencieux et n'avait plus répondu aux messages, ni à la presse qui comme des vautours avaient cherché à « comprendre ce qu'il s'était passé ». Ils voulaient en réalité le scoop « La capitaine ne gère plus sa dragonne ! » ou encore « Des armes anti-dragons juste parce qu'elle était énervée ! ». Ils avaient eu ce qu'ils voulaient d'ailleurs, mais rien ne servait de remuer ce qui avait été fait, retourner dans le passé n'était pas une possibilité et avoir des regrets et des remords n'étaient pas une bonne chose.
— Tant mieux si tu es parvenue à discuter avec ton dragon alors, ça sera plus facile avec le temps, enfin si vous deux le voulez bien, ajouta t-elle en pensant à ses propres échecs.

La capitaine écouta la chasseuse, et en même temps qu'elle lui expliquait qu'elle débuterait par le volcan le plus proche, à savoir l'Obsidien, Aska se dirigea vers le coffre de sa propre voiture. En tant que capitaine, elle avait quelques petites choses à l'intérieur de son véhicule qui pouvait toujours servir. Il ne s'agissait cependant pas d'un coffre de chasseur, et Aska avait notamment des gilets pare-balle, des cartes d'Argeya et des villes principales, son coffre contenait aussi une sorte d'armoire, installée là spécialement, contenant d'autres objets médicaux, ou non, à but militaire ou non. Chaque tiroir s'ouvrait avec une clé spécifique afin d'éviter que toutes personnes non autorisées ne s'y attardent. Mais ce n'était pas ce coffret dans le coffre qui l'intéressait, Aska recherchait ce qui avait bien pu toucher Torn. Elle n'était pas le genre de cavalière à courir derrière les écailles de la dragonne, ni à vouloir des morceaux d'elle, alors trouver quelque chose à son sujet ayant son odeur... La capitaine se mit à réfléchir, cherchant dans le coffre de la voiture, le problème n'était pas le manque de rangement, mais savoir ce qui avait bien pu toucher Torn.

— Bien sûr, je comprends que ce n'est pas la même chose que rester assise à son bureau toute la journée, s'amusa la capitaine, je ferai comme tu le voudras, selon ton choix il faudra aussi que je donne mes instructions pour les jours à venir alors...
Il était toujours très délicat de partir comme ça, sans prévenir à l'avance, mais bon, ils lui devaient bien ça estima t-elle, après tout elle avait travaillé bien au-delà de ses horaires ces derniers jours, et elle avait un second assez performant normalement. Ils pouvaient bien accepter ça, tout avait avançait, il fallait attendre et elle avait déjà indiqué d'autres pistes au besoin. Tout était prêt à son départ en quelques sortes.
— Les entraînements de l'armée sont compliqués certes mais la vie réelle est toujours différente, continua la femme tout en furetant dans ses affaires, rah mais où est cette vieille couverture ?
Le ton de la capitaine était restée calme, comme indifférente à ce que pouvez raconter William, ce n'était pas de la prétentieux, mais la capitaine avait l'habitude de devoir suivre des ordres, parfois d'être mise à l'écart aussi, il était par conséquent plus naturel pour elle d'accepter ce genre de dialogue.

— Ah, enfin ! Tiens, c'est tout ce que j'ai pu trouver, c'est une vieille couverture qui a déjà été au contact de Torn, mais je n'ai rien de plus malheureusement... Je ne suis pas vraiment du genre à garder des écailles ou bien des griffes, cornes et autres, expliqua la cavalière.
Elle ne savait si la couverture contenait encore des traces de la dragonne mais c'était une première piste et tout ce qu'elle avait actuellement.
— Sinon, combien voudras-tu pour la traque, j'imagine que tu ne fais pas ça gratuitement, nous ferons comme tu veux, enfin, tant que les prix restent quand même raisonnable, j'ai beau être capitaine je ne roule pas avec une voiture plaquée or non plus, ria la capitaine, bon après on me l'aurait confisqué car elle pourrait éblouir les autres mais bon !
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyDim 21 Avr - 1:42

William se dérida rapidement en constatant que Aska gardait un calme olympien. Au delà des compétences acquises par l'entraînement physique, la chasseuse estimait qu'il fallait également un certain savoir-être dans le caractère pour pouvoir tenir lors des longues traques. Peu de gens étaient prêt à abandonner toute forme de confort pendant un sacré bout de temps, et c'était parfaitement normal. Il fallait bien être un ermite un peu bizarre pour apprécier dormir à même l'herbe et manger des insectes ! Quoi qu'il en soit, elle était heureuse que la capitaine accepte les remarque ainsi. Dans les moment de tension, c'était toujours plus rassurant de savoir que l'autre écouterait au lieu de se braquer devant un éventuel ton rude employé.
La chasseuse décroisa les bras, satisfaite de la réponse, aussi rassurée de ne pas s'être trompée sur le dragon à rechercher. Elle aurait eu l'air stupide, sinon, et en plus, cela faisait un point de repère vers où se diriger. Les volcans, même s'ils allaient être longs et difficiles à explorer, c'était déjà une zone plus réduite que l'île entière.
– Super ! Dans ce cas... si tu as des lunettes de protection, comme celles que mettent les cavaliers pour voler, prend-les. Et des fringues confortables, aussi, en particulier les chaussures, parce qu'on va devoir crapahuter dans de la caillasse. Est-ce que tu as ton uniforme de soldat ? Sinon, je peux te prêter un jogging et des basket.
William s'approcha nonchalamment, et ne put s'empêcher de jeter un coup d’œil dans le coffre ou cherchait Aska, presque rassurée en se disant qu'elle n'était donc pas la seule à trimbaler tout un tas de trucs à l'arrière de son véhicule. Ça lui faisait penser que si la capitaine voulait vraiment venir, alors... il allait tout de même falloir un minimum de sécurité. La jeune femme ouvrit la portière passager de sa propre voiture, et attrapa l'un de ses casque. Il s'agissait d'un simple casque de conduite, semblable à ceux qu'utilisait les motards, entièrement noir.
– Oh, et... tiens, met ça, aussi.
Elle tendit le casque à Aska, avec un grand sourire, l'air de dire « tu ne sais pas dans quoi tu viens de t'embarquer », puis saisit la couverture que lui tendait son interlocutrice, passant ses doigts dessus, l'approchant doucement de son visage. Sentir, ou renifler, une odeur n'était pas ce qu'il y avait de plus classe, en particulier pour un humain, mais il n'y avait pas trente-six solutions. Il restait effectivement un senteur caractéristique, après tout ça restait, surtout quand il s'agissait de dragon. Un odeur de soufre, de léger brûlé, puis derrière, celle de l'individu qu'elle s'apprêtait à pister. Immédiatement, elle se concentra pour retenir toutes les subtilités qu'elle arrivait à discerner, chose indispensable pour ne pas faire d'erreur. Une simple erreur pouvait coûter plusieurs heures.

William se frotta le cou dans une mimique pensante lorsque la capitaine aborda le tarif. Ça l'arrangeait que Aska aborde le sujet d'elle même d'ailleurs, elle espérait juste qu'elle ne soit pas surprit par le montant du prix. Souvent Les gens ne comprenant pas pourquoi c'était cher... ils s'imaginaient sûrement engager juste une course ! Mais Malgré tout, William arrivait tout juste à rentrer dans ses frais de réparations, d'essence et de matériel. Et il fallait faire en fonction du marché, mais aussi... se donner une certaine « qualité » !
– Hé bien, sans vouloir me vanter... bon en fait si, c'est totalement pour me vanter, mais dans le panier de chasseurs, je suis plutôt en haut ! … Je veux dire qu'il n'y a pas tellement de gens prêt à aller tuer les monstres que j'ai l'habitude de... mais bref, de toute façon s'il s'agit simplement de retrouver un dragon... le prix varie selon le temps, en fait. Je demande une base de deux cent couronnes, et après, ça dépend la distance et les heures qu'il faut. On part sur ça si ça te vas, et après, on verra ce qu'on trouve ou non à l'Obsidien, je te ferais le devis une fois arrivé. Ne t'inquiète pas, que ce soit à Mephistor ou la Crète de la Fournaise, quand je me lance dans un truc, j'y vais jusqu'au bout.

William enfila son propre casque, et s'installa derrière le volant, non sans un grand enthousiasme, tapotant avec une petite fierté le tableau de bord, pressée de partir comme une gamine toute contente à l'idée de montrer son jouet préféré à sa copine.
– Bon, alors grimpe ! Ce tas de ferraille a des amortisseurs de compétition, mais accroche-toi quand même ! On va couper à travers champs pendant plus de six cent kilomètres, et la ou on va, il n'y a pas de panneau de signalisation. Ça ne va pas être une partie de plaisir quand on est habituée aux routes plates et droites. Enfin, je ne sais pas, peut-être que tu adores les rallye. J'espère que tu n'as pas encore mangé... ou que tu as l'estomac accroché ! Sinon préviens-moi avant, qu'on s'arrête avant d'avoir à nettoyer les sièges. Prochaine pause dans 3h !
Tout en parlant, elle se prépara physiquement et mentalement à tenir la conduite pendant longtemps. Elle se craqua les doigts, s'étira les bras, se frotta les yeux et se cala au fond de son siège. L'exercice allait demander une force de concentration épuisante, mais elle était prête pour ça, surtout que pendant le trajet, elle n'allait plus avoir uniquement sa propre vie entre les mains. Elle espérait juste que Aska ne se mette pas à paniquer. Dans sa tête se dessinait déjà le trajet pour aller jusqu'au volcan, le seul obstacle important étant les forêts, ou il faudrait passer par les routes forestières, mais pour le reste... que ça soit pierriers, plaines ou collines, c'était juste des détails.
Le moteur vrombit à la seconde ou la clé fut tournée. La voiture fit rapidement marche arrière d'un bond, puis partit plein ouest tel un rhinocéros en train de charger.

La chasseuse gardait une allure soutenue, se servant même de chaque butte comme un tremplin, faisant décoller les quatre roues du sol, driftant et dérapant à tout va lorsqu'il fallait éviter les rochers trop imposants, passant à travers les rivières peu profondes. Sûrement qu'un écolo aurait de quoi faire un très long discours sur sa manière de conduire. On pourrait penser qu'elle faisait tout à l'instinct, et ce n'était pas totalement faux. Mais cela lui demandait également pas mal de force pour tenir et forcer sur le volant ou rester appuyer sur les pédales. Et si William restait concentrée sur les terrains difficiles, c'était autre chose dans les plaines ou collines herbeuses, la voiture avalait les kilomètres tandis que sa conductrice s'amusait de la vitesse, la fenêtre grande ouverte, bras de fer contre le vent, parfois tenant le volant d'un genou pour ouvrir une bouteille d'eau. A vrai dire, par moment elle oubliait même la présence de sa copilote, l'esprit totalement absorbé par l'enivrante sensation de liberté offerte par l'air tiède d'une soirée d'été en pleine nature.
N'ayant pas vu le temps passé, mais les bras fourbu par l'effort et les jambes engourdies par la position assise, la jeune femme donna un coup de volant et freina pour s'arrêter en moins de quelques secondes sans avoir à piler, faisant un lourd dérapage dans la terre et soulevant un nuage de poussière. Comme après une terrible course, l'adrénaline se calmait, et William retira son casque pour essuyer les gouttes de sueur perlant de son front.
– Tu tiens le coup ? Il nous reste pas mal de route. Et quand la nuit sera tombée, c'est là que ça deviendra encore mieux.
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyLun 6 Mai - 13:32

Aska savait à peu près dans quoi elle s'embarquait, dans une aventure où elle serait très sûrement tout le temps surprise, étonnée et captivée par un monde qu'elle côtoyait sans jamais atteindre : celui des chasseurs. La capitaine avait un monde très semblable, mais pourtant très différent. Elle ne chassait pas les monstres ou les animaux mais des hommes et des femmes. Elle ne ramenait pas une partie de monstre mais elle ramenait des corps à des familles, des criminels à leurs barreaux. Elle ne roulait pas dans la jungle et la plaine, dans les volcans et les déserts, mais dans une toute autre jungle, de bitume et d'immeuble. Le monde des soldats possédaient de nombreuses similitudes avec celui des chasseurs. Pourtant il paraissait si différent et lointain aux yeux de la capitaine. La femme aux yeux bandés aimait son métier, elle avait le mauvais rôle pour beaucoup -du moins dès que le peuple commençait à revendiquer des choses et que le gouvernement faisait la sourde oreille- mais elle aimait son métier. Pourtant elle avait la sensation d'une grande différent, d'un gouffre, entre les chasseurs et les soldats. Cela passait par la liberté. Pour Aska la liberté chez les soldats n'était qu'un rêve, un espoir vain et futile. Ils obéissaient sans cesse aux ordres, ne pouvant faire autrement, il fallait parfois faire taire leurs convictions, d'autrefois endosser de lourdes responsabilités, et si par malheur les choses n'allaient pas alors bien souvent cela retombait sur l'organisation militaire. Quand elle y réfléchissait, il fallait être fou pour désirer devenir soldat. Les chasseurs eux roulaient sans limites, vivaient sans limite. Peut-être se fourvoyait-elle, sûrement même, mais c'était comme ça qu'elle le vivait. Pourtant Aska aimait son métier, mais les intempéries des dernières semaines pesaient lourdement sur ses épaules. Vingt-cinq ans était un jeune âge pour être capitaine.


Lorsque William lui fourra le casque dans les mains, le visage de la capitaine se figea dans une expression mi-figue mi-raisin -encore une fois-. Allaient-elles partir en moto ? Son regard balaya rapidement les alentours mais il n'y avait rien de significatif. Point de deux roues en tout cas. Pendant un court instant, Aska se demanda si la chasseuse ne se moquait pas d'elle. Pourtant en voyant la chasseuse faire de même en s'installant derrière son volant, elle sut qu'elle s'embarquait pour quelque chose de vraiment étrange. Elle partait chercher la dragonne qu'elle ne parvenait pas à contacter avec une femme qu'elle n'avait vu que quelques fois mais qu'elle appréciait déjà, tout en ayant prévenu à demi-mot la caserne.
Porte un casque dans une voiture était une drôle de sensation, vraiment étrange, mais soit, Aska devait écouter William et ne rechigna pas, mais elle ne pouvait s'empêcher de trouver l'idée bizarre.
— Le prix m'ira, je veux simplement retrouver Torn, par contre selon mes devoirs je devrai te laisser mais je rentrerai par mes propres moyens. J'ai laissé mes instructions mais il peut toujours arriver quelque chose qui me demande, ce sont les aléas, je dois toujours pouvoir répondre présente, après selon ma position ils acceptent que je puisse mettre un peu plus longtemps.

Prévenir William était une bonne chose, bien qu'elle ferait de son mieux afin de ne pas contrarier les plans de la chasseuse il pouvait toujours arriver qu'elle soit rappelée. Elle avait choisi un métier où elle devait être disponible, mais elle savait compter sur ses équipes.

La route lui parut à la fois longue et courte. Courte car elles empruntaient des chemins inexistants et sûrement allaient-elles prendre autant de temps qu'à vol d'oiseau, mais longue car malgré les amortisseurs Aska se sentait sans cesse ballottée à droite et à gauche et même en haut et en bas ! Puis mine de rien, ne pas conduire était particulier, elle conduisait si souvent que se retrouver aussi longtemps sur le siège passager était d'un ennui ! Mais Aska ne se plaignait pas, docile elle avait appris à endurer, ne pas se plaindre et juste patienter. Cependant lorsque William stoppa la voiture, la capitaine bondit en dehors comme une enfant pressée. Ses jambes ne demandaient que du sang et un peu d'action, la jeune femme de vingt-cinq ans n'hésita pas longtemps avant de s'étirer de toute sa hauteur en levant les bras le plus haut possible. Tout son corps semblait la remercier de l'étirement et de l'effort qu'elle fournissait en faisant quelques pas. La nuit avait commencé à faire fuir le soleil, mais elle pouvait encore bien y voir. Elle espérait encore retrouver la dragonne dans la nuit mais ce doutait bien que cela prendrait plus de temps, notamment si Torn ne voulait pas être retrouvée. Mais qu'importe, Aska voulait aussi profiter de cette « traque ».
— Alors comme ça tu conduis régulièrement avec les genoux, taquina la capitaine à cette « chauffarde », on passe le permis mais dès qu'on l'a on oublie tout ce qu'on a appris hein.
Aska n'était pas là pour mettre des contraventions, ce n'était pas son rôle non plus, mais la conduite de William était vraiment... étonnante et quelque peu terrifiante.
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyMer 8 Mai - 21:29

William s'étira les muscles en sortant de la voiture, pas mécontente de cette pause. Elle souleva ses cheveux pour faire un peu d'air sur sa nuque, le tout en souriant devant la remarque d'Aska sur sa manière de conduire.
– Je plaide coupable, madame la capitaine ! Mais je ne conduis pas comme ça en ville, hein, seulement quand il n'y a que moi, ou ceux qui ont signé...
Elle s'arrêta en pleine phrase en réalisant qu'elle avait oublié quelque chose de légèrement important.
– Ehhh, oups...
Bon sang, heureusement qu'elle n'était pas rentrée dans un arbre, ni se s'était retrouvé les roues en l'air après avoir roulé sur une pente trop raide. La jeune femme grimpa sur le siège conducteur, et se pencha vers le coffre pour fouiller dans un compartiment rempli de papiers et de dossiers. Elle en retira une pochette bleue dont les élastiques tendus peinaient à maintenir le tas de paperasse à l'intérieur. Une fois ressortit, elle ouvrit la pochette en grand sur le capot de la voiture, et tria rapidement les papiers afin d'en sortir une feuille imprimée, légèrement délavé mais encore lisible. Feuille qu'elle tendit à Aska, accompagné d'un stylo, le tout avec un regard fuyant et un sourire gêné.
– … ceux qui ont signé la décharge. Ça dis juste que tu es consciente des risques et que je serais pas tenue responsable, si... bref, c'est pas que je ne te fais pas confiance, mais tu sais, la loi, tout ça... enfin je suppose que tu dois le savoir, vu que la loi... c'est ton métier en quelque sorte...
Et puisque la paperasse était de sortie, autant profiter de cette pause pour régler ce genre de trucs, estima William, qui se pencha sur le capot pour griffonner sur une autre feuille. Elle imprimait elle-même les devis, dans un format général, en laissant des blancs pour les remplir à la main pour chaque traque spécifique.
– … et pendant qu'on est dans les trucs ennuyeux, je te fais le devis... alors, une traque simple... au centre de l'île principale... on n'a dit deux cents... du moins pour le premier volcan... et voilà. J'accepte le liquide ou les chèques, mais pas les virements. S'il faut aller plus loin, on verra... mais tu sais, je ne gonfle jamais mes prix, pas comme certains garagistes...
Elle le fit évidemment en double exemplaire après avoir grommelé dans sa barbe. Puis, histoire de montrer un minimum le trajet à Aska, elle sortit une carte pliée en seize, visiblement vieille à en juger par les déchirures, les notes manuscrites et tâches d'eau qui l'a parsemait.
– On est à peu près ici. L'Obsidien est très facile d'accès, et assez proche. On va passer comme ça, et s'arrêter à la fin de route, poser la voiture, et marcher.
Elle suivit une route du doigt... ou plus précisément, le trait d'un stylo qui n'était sûrement pas sur la carte de base, vu comment il coupait à travers les plaines. Mais au moins, à la fin, il rejoignait une véritable route.

Une fois toute la clique rangée, William n'attendit pas pour se remettre en route, après dix minuscules minutes de pause. Encore plusieurs heures, mais cette fois, la conduite fut moins mouvementée, car la chasseuse rejoignit une route de béton qui montait sur le volcan. Ou du moins, qui commençait à monter, car la route s'arrêtait au pied du flanc du cratère. Le tout avec un panneau annonçant la fin de route et mettant en garde des dangers. D'ici, on voyait clairement l'imposant cratère, vomissant une lourde fumée noire en continue. Tout autour se trouvait d'innombrables monts en pointes, qui faisaient de parfait perchoir pour les dragons. Le volcan était parsemé de rivières de lave, qui se séparaient et se rejoignaient tels des filets de sang incandescent. L'odeur de souffre et de pierre brûlée prenait au nez, et irritait la gorge.
William se prépara à explorer le volcan à la recherche de traces. Il fallait falloir chercher entre les monts, les falaises, les creux et plateaux. Elle enfila des lunettes de protection et un foulard autour du nez et de la bouche pour éviter d'être trop gênée par les cendres flottantes.
– Premièrement, regarde bien ou tu met les pieds. Teste toujours la solidité avant de prendre appuis quelque part. Je connais... ou plutôt connaissait, un chasseur qui est mort dans le coin. Il avait plus de vingt ans d'expérience, et pourtant, il a perdu l'équilibre et s'est ouvert le crâne sur une pierre coupante. Deuxièmement, dis moi dès que tu as besoin d'une pause et n'essaye pas de forcer si tu sens que tu vas faire un malaise. La chaleur va devenir de plus en plus insupportable.
Ayant passé son enfance à voyager dans le désert, elle avait la chance de bien supporter la chaleur, mais était bien consciente que sa limite de tolérance était plus haute que la plupart des gens, même en bonne condition physique. La chasseuse prit un sac à dos avec plusieurs outils de survie, ainsi qu'une bonne réserve d'eau, et partit en tête de la marche, droit vers le cratère du volcan.

Il ne lui fallut pas longtemps pour que son mode « chasseuse » soit activé, et que tout ses sens soient mobilisés sur chaque détails de l'environnement. Sa seule crainte était de s'approcher trop d'une harde de dragon des volcans, vu qu'ils étaient nomades, ils ne marquaient pas de territoire. Mais de toute façon, il était certain que le dominant viendrait grogner s'il estimait que des humains n'avaient pas à rôder autour de son groupe. William marchait d'un bon pas, gravissant les hauteurs de pointes, souvent raides au point d'obliger à s'aider des mains, s'accrochant aux pierres noires et chaudes. Mais c'était loin d'être comme une randonnée où il fallait simplement avancer en suivant le chemin. La jeune femme marchait parfois rapidement, trottinait même sur certaines distances, puis changeait soudainement de direction, parfois s'arrêtant complètement pour vérifier des traces sur le sol, puis repartait dans la direction opposée, avant de revenir. Son esprit était tellement focalisé sur la traque qu'elle en oubliait la présence d'Aska. Et du coup, se retournait soudainement vers elle en entendant ses pas... avant de se rappeler qu'elle n'était pas seule.
La chasseuse passait souvent ses mains pour retirer les cendres de ses lunettes de protection, et que dire des poussières qui parsemaient ses vêtements, cheveux, et collaient à la transpiration. Malgré la présence de lave qui donnait une ambiance sanguine à la nuit, elle alluma sa lampe torche.

Ce fut finalement après trois bonnes heures de recherche qu'elle sentit une piste. Le vent lui porta une légère odeur connue, et sans attendre, William partit dans cette direction, bien qu'il lui fallut forcer durement sur ses jambes pour gravir la montée raide. Encore trente minutes d'effort, pour arriver sur une sorte de petit plateau rocailleux, coupé en deux par un mince ruisseau de magma épais. Se baissant pour vérifier le sol, la main dans les cailloux, la chasseuse remarqua immédiatement les indices invisibles laissés sur place.
– Torn s'est posée ici. Elle a saigné et a sans doute cautérisé avec le magma, par ici... En tout cas, on est sur la bonne voie.
Profitant de s'arrêter, William sortit sa bouteille d'eau pour boire à grande gorgées, avant de se tourner vers la capitaine.
– Ça va ? Si tu n'en peux plus, je peux aller la chercher seule et lui dire de te retrouver là, si elle est toujours dans le coin.


Obsidien:
 
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyVen 17 Mai - 15:44

Au moins William reconnaissait qu'elle avait une conduite dangereuse et peu appropriée pour conduire en compagnie d'autres personnes... Sauf que la route c'était justement ça : il y avait toujours quelqu'un devant soit même lorsqu'on ne le voyait pas, et une voiture était toujours la voiture de devant de quelqu'un. Mais Aska était capitaine, ses agents prenaient parfois des risques en conduisant et ils mettaient aussi en danger les autres. Elle n'était pas non plus une sainte de la conduite. Personne ne l'était d'ailleurs, Aska se rappelait de son moniteur qui lui disait « Moi je le fais mais toi tu ne pourra pas », comme quoi, même les « experts » faisaient ce qu'ils voulaient aussi.
— C'est sûr, je ne voudrais quand même pas te croiser sur la route, la capitaine fit une pause avant de se mettre à sourire, enfin... Vu comment tu conduis, je suis sûre de ne pas te trouver sur la route mais plutôt dans le champ à côté de la route !

Elle prit le papier que lui tendait William tout en terminant sa phrase, son œil habitué aux documents et à l'administration. Pendant ses années en tant que soldat, puis en tant que gendarme la jeune femme s'était imaginée courant derrière les criminels, au volant d'une voiture pour des courses-poursuites endiablées... Dans les fait en tant que capitaine, elle faisait tout ça, mais elle faisait aussi beaucoup de papier ! Trop même à son goût ! Pourtant même si elle n'appréciait guère la paperasse -qui pouvait aimer ça après tout ?- la femme lisait tout, même les petits caractères. Une fois terminé, et sa signature apposée avec la date, Aska rendit le papier pour en prendre un autre et lui donner la même attention qu'au premier.
Le devis lui paraissait honnête bien qu'elle n'avait en réalité pas de quoi comparer, mais le prix restait actuellement dans ses cordes, il était très abordable même elle trouvait... William lui avait dit se trouver en haut du panier, donc le prix aurait pu être plus haut, encore une fois Aska n'avait rien pour comparer.
— Deux cents couronnes cela me convient bien entendu, pour l'instant, après nous verrons oui, affirma de nouveau la capitaine, je te ferai un chèque, dans la voiture, ou bien tu préfère tout à la fin ?


Lorsqu'il fallut remonter dans la voiture, Aska se dit que c'était bien pour la dragonne qu'elle faisait ça, et que plus jamais elle ne remonterait dans cette monstrueuse voiture. Elle allait cracher ses poumons et même tous les organes, et son salut n'arriva que lorsqu'elles rejoignirent la route bitumée. Jamais Aska ne fut si heureuse de revoir ce bon vieux goudron. Alors certes, elle exagérait légèrement, mais il fallait s'habituer à ce genre de conduite, ou plutôt à ce genre de « non-route ». Mais finalement, en voyant le volcan, la voiture avait été un avant-goût plutôt agréable et sympathique. L'air chargé en cendre n'était pas vraiment respirable, les lézardes de lave s'écoulant jusqu'au pied du volcan n'étaient en rien rassurantes non plus. Pour avoir quelque chose de plus respirable la capitaine utilisa le bandeau qu'elle avait habituellement sur les yeux pour sa bouche et elle remonta aussi son col roulé. Mais ce n'était certainement pas ça qui allait réellement servir en réalité, il aurait mieux fallu des masques à gaz, des vrais, pas ceux sur le marché.
— Compris, je ferai attention, et j'éviterai de tomber dans la lave aussi, je n'ai pas envie de finir en rôti...
Aska fit quelques pas, proposa aussi de prendre des ressources, elle n'était pas en sucre et les entraînements militaires se faisaient en portant tout le barda : sac de couchage, nourriture, boisson, armes, tenues... Ce début de traque allait sans doute lui rappeler ses premières années, ou la ferme... C'était un difficile métier malgré toute la technologie du monde, elle espérait n'avoir pas trop perdu en force, en capacité et en vivacité. La capitaine n'avait pas pris le chemin de l'armée mais celui de policier, de la gendarmerie et même si ce n'était pas non plus simple, c'était... Différent.


Comme lors de ses enquêtes, la capitaine se concentra, ses yeux observaient les points stables, ceux qu'il fallait éviter au contraire, elle testait avec ses pieds, parfois avec ses mains et elle se retrouvait dans des postures fortement étranges. Mais son rythme restait plutôt bon, son endurance était bonne, elle respirait par la bouche pour apporter le plus d'oxygène possible -bien qu'elle ne savait pas si ça marchait vraiment- et elle continuait d'avancer. Lorsque William s'arrêtait, elle s'arrêtait aussi, lorsqu'elle avançait, alors elle avançait aussi. Par moment elle se demandait si elle pourrait rattraper la chasseuse avec la télékinésie, ou si elle n'en était pas capable. Les objets, inanimés, c'était une chose, mais un être humain...
Puis soudain, la chasseuse bifurqua, comme captivée par quelque chose. Elle avait sûrement une piste. La raideur de la pente obligea Aska à s'aider de ses mains, mais elle tenait bon, même s'il commençait à faire sacrément chaud.
Lorsque la chasseuse s'arrêta et lui affirma que Torn était passé par-ci, Aska hocha de la tête, Torn était blessée et était venue se soigner, ce n'était pas étonnant après tout, mais peut-être qu'elle s'était envolée vers un autre volcan.
— Oui, ça va, je peux continuer, il commence à faire chaud mais ça ira puis je ne sais pas comment elle pourrait réagir si tu lui dis ça mais que moi je ne suis pas là. C 'est une dragonne des volcans, ils ont une forme de fierté, de courage, ça serait très lâche je pense et elle le percevrait comme ça...
et ça ne lui ferait pas plaisir pensa la capitaine. L'ascension avait été compliquée et ses jambes travaillaient beaucoup, mais elle pouvait encore continuer un moment.
— Donne moi juste encore un peu d'eau s'il te plaît et après on pourra repartir.
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyLun 27 Mai - 1:43

Enfin quelqu'un qui ne se plaignait pas et suivait le rythme ! Bon les fois où elle avait été obligée d'emmener le contractant se comptaient sur les doigts d'une seule main, mais cette fois était sans conteste la plus agréable. Quel dommage que les autres chasseurs soient tous des imbéciles sans discernement et sans un gramme de sympathie – ce qui était sans doute l'opinion de tous les autres chasseurs sur n'importe lequel de ses « collègues ». Et puis ce n'était pas tout le monde qui pouvait se vanter de gravir un volcan en pleine nuit sans s'évanouir de fatigue et de chaleur ! Reboostée par l'endurance et la ténacité dont faisait preuve sa compagne de route, William lui offrit une vraie tape de chasseur entre les omoplates, avec un grand sourire enthousiaste.
– On n'abandonne pas qu'importe à quel point c'est difficile, hein ? L'armée a le mérite de forger le caractère. Je me souviens, quand j'étais en formation à l'école militaire de Tereldor, l'instructeur ne manquait jamais d'imagination quand il s'agissait de nous faire transpirer.
Après avoir partagé le gourde d'eau, rendue chaude par l'ambiance, la jeune femme s'étira rapidement les jambes pour repartir sur la piste.
– C'est vrai que je me sentirais mieux si t'es là... je ne voudrais pas me faire griller sur place si le dragon est de mauvaise humeur. Vous allez bien ensemble, toutes les deux ! Enfin je parle de... ce que t'as dit à propos du courage, euh... c'est que grimper sur un volcan en activité comme ça, et... mais bref...
À peine les mots sortit de sa bouche que William regretta la façon dont elle les avaient dit. Bon, pour la tentative de compliment, on repassera. Damnation, elle se ficherait des baffes pour être aussi peu à l'aise dans une simple conversation. Ah ça, pour communiquer et comprendre les animaux ou les monstres qui lui servaient de proie, il y avait du monde ! Mais quand il s'agissait de parler normalement avec une autre humain, c'était le bazar... exactement comme si ses neurones se trouvaient devant une interro remplie de questions et impossible de trouver la moindre réponse. Bon autant reprendre la traque tout de suite avant de s'enliser dans un babillage sans queue ni tête.

C'était beaucoup plus facile de traquer une bête déjà blessée, elle avait des réactions plutôt prévisibles. Un dragon solitaire n'était pas différent, il allait essayer de trouver une cachette pour lécher ses plaies et se reposer en toute tranquillité. La chasseuse se recentra sur sa tâche, et entre les odeurs de magma et de soufre, ses sens affinés repérèrent la senteur âcre et passée du sang coagulé. Suivant son impression sans se poser de questions, la jeune femme bifurqua en trottinant, contournant une saillie rocheuse pour aller examiner la falaise formée par un relief du volcan. Il y avait là une belle trace de sang, qui devait dater de plusieurs heures. On aurait dit que le dragon avait frotté une plaie ouverte contre la parois de roche. L'aspect n'avait rien d'étrange, pourtant, sans pouvoir l'expliquer, un sentiment lui donnait la chair de poule. William soupira d'agacement, se n'était pas le moment de lambiner.
Encore une bonne heure de marche, mais la piste se précisait. Plus elle se rapprochait, plus la chasseuse accélérait le pas, tel un coureur qui donnait tout dans la dernière ligne droite. Puis vint la fin du voyage, la fin de la traque, lorsque la proie était débusquée. D'habitude, c'était à ce moment que le travail commençait réellement : étudier le terrain, poser des éventuels pièges, acculer et mettre à mort. Mais ici, cela signifiait que le contrat était rempli.

Il s'agissait d'une sorte de plateau, légèrement en pente, entre plusieurs des monts pointus caractéristiques qui parsemaient le paysage de l'Obsidien. Il y avait une arche de pierre, tel un pont naturel, en dessous duquel coulait des lourdes couches de magma luisant. À quelques mètres de la lave rougeoyante, tout contre la base de l'arche, on discernait le corps massif de Torn légèrement éclairé par la lumière rouge de la rivière en fusion.

William s'arrêta à une distance respectable. Bon, et maintenant, il était certain que ces deux-là avait deux ou trois trucs à se dire, alors elle estima qu'il valait mieux les laisser seules. La chasseuse parla à voix basse en direction de la cavalière.
– Je, euh... je vais vous laisser. Je retourne à la voiture. Envoie un message s'il faut que je te ramène. Et puis, si jamais tu as besoin de quelqu'un pour chasser un monstre... n'hésite pas, hein ! Et je ne dis pas ça uniquement par intéressement. Mais je ne ferais pas de ristourne la prochaine fois !

***

L'esprit et les yeux fermés, ce fut lorsqu'une odeur familière arriva à ses narines que Torn se rendit compte de la présence inhabituelle qui rôdait dans les parages. Elle l'a reconnu immédiatement, mais se demanda quelques secondes si son imagination de lui jouait pas des tours. Non, non, il ne fallait pas qu'elle soit ici ! Pas maintenant ! Pourquoi est-ce qu'elle n'avait pas simplement attendu dans son minuscule bureau carré, dans cette grande ville carrée ? Mais non, il fallait que madame la capitaine fasse le chemin jusqu'ici.
Jusqu'ici ?
Venait-elle réellement de braver un volcan actif en pleine nuit juste pour venir la chercher ? Même après toutes les horreurs qui avaient fusées lors de l'engueulade ? Cette idée éveillait en Torn des sentiments contraires. Alors, ainsi, elle avait utilisé ses petites jambes pour gravir, escalader, et finir par vaincre la chaleur de l'Obsidien, n'était-ce pas impressionnant pour un humain ? Mais bien sur qu'elle en était capable, sa cavalière n'était pas n'importe qui, après tout.Et pourtant, la dragonne ne voulait pas qu'elle soit là. Pas toute suite, pas maintenant, alors que des plaies encore ouvertes l'empêchait de bouger correctement, alors que plus aucune plaque ne couvrait les stigmates passé.
Le seul morceau de métal restant était la mâchoire de fer. Sur le reste de son corps, l'absence de plaques laissait apparaître les diverses mutilations. La chair de sa nuque était à vif, sans écailles et sans cuir, les sillons de chair carbonisée formaient un enchevêtrement de coûtes entre lesquelles le sang séché et la sanie stagnait. À la place de la lame habituellement greffée sur la queue, on ne voyait qu'un moignon sectionné. Le plus profond stigmate restant la brèche de son poitrail, dont les écailles découpées nettes s'ouvraient sur sa chair entourant la poche de plasma en fusion, entaille habituellement maintenue par des plaques de métal et incandescent. Mais cette fois, son torse ouvert en deux était entièrement noir et cassant, s'effritant comme des braises éteintes. Le poitrail, avant chaud et luisant, n'était plus que froid et sombre.

Diverses griffures et blessures marquaient également ses flancs et son front, ainsi qu'une trace de croc sur la gorge, des plaies visiblement récentes mais qui se saignaient plus. Sous on aisselle demeurait la trace du harpon, cautérisé grossièrement.
Torn n'ouvrit pas les yeux, ses paupières encore collées par le sang séché de sa blessure au front, ayant coulé tout le long de ses orbites et joues, mais ses narines se dilataient régulièrement. Elle bougea légèrement la tête, pour la tournée vers l'odeur qui lui parvenait. L'esprit entièrement fermé, impossible de savoir comment sa cavalière se sentait. Était-elle en colère ? Allait-elle exposer un ressentiment dans un discours typiquement humain, eux qui savaient si bien manier les mots ? Ou peut-être était-elle simplement venue observer ce qu'il en était, s'assurer que son dragon était encore en vie, puis juste repartir, afin d'être certaine de pouvoir toujours être appelée « cavalière » ? Torn redressa sa tête, la posant de façon à ce qu'elle soit droite, que le reste de son crâne s'appuie sur la mâchoire de métal. Elle parla lentement, détachant les mots, d'une voix asséchée par le manque d'eau et éraillée par les poussières des volcans.
– Vas-y, ricane donc. L'ironie de me voir dans cet état doit être terriblement savoureuse, n'est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyMer 29 Mai - 12:06

La capitaine laissa apparaître un sourire sur son visage, elle ne se moqua pas de William ni ne ria, mais la voir se dépatouiller maladroitement pour lui parler avait quelque chose de légèrement amusant. Enfin, amusant pour ce que la situation le permettait. Même si l'entraînement qu'elle avait connu lui apportait du bénéfice, c'était tout de même pour Torn qu'elle continuait. Non pas qu'elle aurait voulu faire demi-tour, mais sans Torn elle n'aurait tout de même pas suivi la chasseuse jusqu'ici. Gravir un volcan... C'était quelque chose ! Heureusement, la nuit permettait de mettre en valeur la lave luisante, elle se demandait si de jour il était tout aussi facile de voir la lave, mais est-ce que le jour était possible avec l'épais nuage du cendre qui flottait au-dessus du volcan ?
Tout de même, pensa la capitaine, ce n'était pas tous les jours qu'elle ferait ça. Elle avait déjà gravi une petite montagne pour s'occuper d'une Torn blessée quand elles s'étaient rencontrés, mais les falaises du Mont Celrons ce n'était tout de même pas celles de l'Obsidien !
— Les instructeurs adorent faire ça, c'est presque leur petit plaisir en vérité, comme eux aussi en ont bavé ils sont ravis de faire connaître la même chose aux autres, plaisanta Aska non sans reprendre son souffle à certains moments.
Parler tout en gravissant la terre, c'était aussi un bon exercice physique. Elle se rappelait l'une de ses amies, une vraie pipelette, avec qui elle courrait parfois le matin et qui lui parlait tout le temps sans paraître essoufflée. Aska pouvait courir longtemps mais certainement pas parler en même temps ! Elle était admiratrice envers son amie qui avait appris à parler tout en courant à une allure soutenue.

Cependant ses pensées revinrent rapidement sur l'ascension, il fallait faire attention où poser les pieds et la capitaine manqua de glisser plusieurs fois, se raccrochant avec les mains. L'effort commençait à doucement tétaniser ses muscles, elle sentait qu'elle poussait son corps à bout. Mais c'était ça aussi l'effort, ça passait par le mental, par l'esprit, alors elle se concentra de nouveau afin de ne plus glisser bêtement. Mais plus elles continuaient, plus Aska pouvait sentir la présence de Torn, comme quelque chose de familier, quelque chose que l'on est heureux de sentir. Pourtant la présence du sang sur la roche la mettait aussi en alerte sur l'état de la dragonne. Elle serait sûrement sur la défensive, et quand elle constata la grande trace de sang, la capitaine se dit qu'elle devait avoir retiré les plaques. Les plaques lui permettaient de cacher les parties de son corps ouvertes, trop sensibles ou qui avait été arraché, mais pour Aska, elles servaient aussi d'un point de vue psychologique. C'était sa carapace, sans, elle était nue, dévoilée. Sa fragilité pouvait être vue par tous. Qu'il s'agisse de Torn spécifiquement, d'un autre dragon ou d'un humain, le fait d'avoir ses faiblesses dévoilées amenaient toujours à une position sur la défensive. Mais la capitaine préféra garder le silence jusqu'à ce qu'elles retrouvent la dragonne.

Ce qui ne tarda pas à arriver, lorsqu'un plateau encadré par les reliefs acérés se dévoila devant elles. Il était possible d'y voir le corps de Torn de loin, et en quelques coups d'oeil bien avisés, Aska confirma l'absence des plaques. Il ne fallait pas que William s'approche plus, même pour la capitaine cela pouvait être dangereux, Torn pouvait parler, mais elle restait un individu blessé. Et un individu blessé consistait toujours une menace silencieuse.
— Très bien William, je te tiens au courant quand je le pourrai, et je n'hésiterai pas à faire appel à toi. Je te mettrai peut-être sur la liste des chasseurs à appeler si jamais la caserne à besoin, si t'es d'accord avec ça et si ce n'est pas déjà fait... Comme ça ce n'est pas toujours moi qui vais payer, surtout s'il n'y a plus de rabais qui tient, termina la capitaine avant de la saluer d'un sourire.

La descente du plateau était un pur bonheur pour ses muscles, mais on lui avait appris à ne jamais courir dans une descente mais plutôt dans les montées. Elle ne se souvenait plus trop la raison mais suivait toujours ce conseil. De ce fait, elle marchait lentement, en continuant de faire attention. Elle examinait Torn au fur et à mesure de ce qu'elle pouvait voir. Ce qu'elle voyait ne lui plaisait pas du tout, mais elle s'efforça de garder son calme. Torn pouvait sentir la plupart de ses états d'âmes, et il valait mieux rester calme. Non pas qu'elle craigne que Torn lui saute sauvagement à la gorge, mais plutôt qu'être paniqué ne résoudrait aucun problème, le calme au contraire était une sensation à laquelle on pouvait se raccrocher pour raisonner, pour réfléchir et pour parvenir à des solutions.

Sur le corps de Torn se dessinait des plaies anciennes, des plaies nouvelles, des vestiges, des traces. L'absence de lumière au niveau du poitrail de la dragonne avait quelque chose d'inquiétant et d'anormal, mais il fallait rester calme. Ses blessures n'avaient pas l'air bien soignée, comme si Torn avait fait ça grossièrement, et Aska ne trouva pas non plus les plaques du regard lorsqu'elle les chercha.
Tandis que Torn bougeait la tête pour lui faire face, la capitaine elle décida de s'asseoir non loin d'elle, lui laissant tout de même un espace nécessaire. Petite humaine face au grand dragon. Une lueur étonnée passa dans son regard dévoilé lorsque Torn engagea la conversation, puis un froncement de sourcil surpris.
— Tu penses réellement que je vais gravir un volcan juste pour me moquer ? J'ai un bon mental pour venir mais alors il faudrait que je sois complètement folle si c'était pour ça.
Elle s'arrêta de parler, en portant ses mains à son visage comme s'il y avait quelque chose dessus, avant de reprendre :
— Je ne suis pas folle quand même, enfin je ne pense pas, n'est-ce pas ?
Ne fallait-il pas être un peu dérangé pour gravir une montagne, un volcan même, pour retrouver la personne avec qui on s'était disputé allant même jusqu'à la violence physique ? Peut-être qu'elle était folle en fin de compte. En tout cas elle avait une voix surprise, mais sans colère, sans peur, comme si on venait de lui faire une blague.

La capitaine passant ses bras sous jambes, la roche lui cuisait le derrière mais c'était la même chose lorsqu'elle était sur Torn, quoique peut-être un peu moins brûlant tout de même. Pourtant Aska n'en avait rien à faire, elle regardait Torn en priorité, bien que sa vision périphérique voyait les stimagtes de batailles récentes et anciennes. Elle n'osait pas trop regarder ailleurs que la grosse tête écailleuse de la dragonne, comme si elle attendait l'autorisation.
— Je ne suis pas venue pour me moquer de toi, mais parce que j'ai besoin d'être remise dans le droit chemin, concéda Aska, je pense que je me suis assez égarée de mes priorités, à commencer par nous deux.
Torn était blessée, alors il fallait bien qu'Aska lâche quelque chose montrant sa fragilité aussi, il fallait égaliser, puis Torn était une amie aussi, avec qui il était parfois difficile de communiquer, mais elle restait une personne à qui Aska aimait se confier, et appréciait l'avis.
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptySam 1 Juin - 22:13

Pendant quelques secondes, la commissures des babines de la dragonne noire se souleva, dans un rictus un peu étrange. Sans la mâchoire de métal, ce geste aurait sans doute ressemblé à un sourire de dragon, mais avec la tête de Torn, il s'agissait plutôt d'une grimace déformée. La pique n'avait servi qu'à tester l'état d'esprit de sa cavalière, et le reptile semblait étrangement satisfait.
– Gravir un volcan en activité, passer en plein dans le lieu de nidification d'une harde, et s'asseoir en face d'un dragon blessé, je n'appelle pas ça être totalement sain d'esprit.
Sa queue s'agita légèrement, se soulevant et reposant sur le sol, signe visible d'un dragon plutôt content. Car qui ne le serait pas, en sachant qu'une personne avait littéralement affronté la rigueur d'un volcan pour venir retrouver un ami ? Torn le sentait bien, sa cavalière devait en avoir bavé pour arriver jusqu'ici, dans cet environnement inhospitalier pour beaucoup de créature et en particulier les humains. Si elle laissait parler sa mauvais foie, elle pourrait dire que ce n'était que justice, vu le nombre de fois où elle avait dû aller dans cette ville horrible pour les beaux yeux de sa cavalière ! Mais ce n'était pas vraiment comparable. Surtout que, contrairement au volcan, les humains avaient fait un minimum d'effort pour permettre aux dragons de se rendre en ville.

Torn ne pouvait pas la voir, mais elle sentait que Aska s'était assise un peu plus loin. C'était compréhensible, avait ce qu'elle avait dû vivre... à cause de sa dragonne.
– Je ne pense pas que tu veuilles vraiment être « remise dans le droit chemin » par un dragon des volcans !
Chez eux, tout se résolvait par un combat. Torn émit une sorte de grognement qui ressemblait à un gloussement, mais qui se transforma rapidement en un toussotement douloureux. Elle expira des naseaux, ce n'était plus la peine de jouer les impassibles, alors que tout son corps la lancinait. Après tout la petite humaine avait souffert pour arriver jusqu'ici à pied alors maintenant c'était à la dragonne de faire un geste. Elle sentait la fatigue d'ici. Et après avoir autant transpiré, elle avait sûrement besoin d'un câlin, qui ne voudrait pas être réconforté après une épreuve pareille de toute façon ? C'était pareil pour Torn, en tant que solitaire, tout les autres dragons des volcans la chassait, Aska était la seule à qui elle pouvait demander des papouilles. Bien qu'elle ne l'avouerait pas quand bien même on lui arracherait la mâchoire une seconde fois.

La dragonne noire se recroquevilla légèrement sur elle-même, faisant glisser son lourd crâne pour replier sa nuque. Puis, elle gratta le sol de ses griffes, au creux de l'arc-de-cercle formé par son cou et ses épaules, pour inviter sa cavalière à se rapprocher.
– Viens, ne reste pas là-bas, viens te reposer par ici.
Torn fit un dernier effort pour gratter sa paupière droite à l'aide d'une griffe, faisant tomber des particules de sang séché, et ainsi pouvoir ouvrir son œil jaune. Sous son poitrail, des morceaux de charbon noirs et cassants tombaient à chaque mouvement.

Elle repensait à la dispute. Tout avait été si vite, et sous le coup de l'émotion, la dragonne noire ne se rappelait pas toutes les paroles qu'elle avait dit, seul les sentiments de colère, de tristesse, restaient. Mais à tête reposée, le reptile ne voyait que le désarroi de sa cavalière obligée d'ordonner l'attaque contre son propre dragon incapable d'écouter et de s'arrêter.
Torn se serra un peu plus sur elle-même, rouvrant enfin son esprit. Parler avec sa mâchoire posé par terre était difficile, et elle avait l'impression que l'esprit de sa cavalière lui manquait, comme si un feu de cheminée s'était éteint.
Tu sais, je trouve que tu peux être fière d'avoir protégé les autres humains d'un dragon enragé. Non ? Tu as fait ce qu'il fallait. Même si... je dois dire que ça pique encore un peu.
Après tout, c'était bien elle qui avait commencé à s'énerver sur ce stupide parking. D'ailleurs, sans doute que Aska voudrait un début d'explication ? Torn hésita, fixant sa cavalière de ses paupières mit closes.
J'étais... contrariée, parce que... mon feu s'éteint, Aska. Et l'autre humain qui vient me parler de sa ferraille sur roues... tu sais ce que ça signifie, pour un dragon des volcans, quand son feu s'éteint ?
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyMer 5 Juin - 14:43

Il était vrai que gravir un volcan, c'était quelque chose, un exploit presque mais pas totalement vu que des chasseurs faisaient quand même ça régulièrement. Enfin, elle n'en savait rien de si c'était régulièrement ou non mais elle se doutait que gravir des montagnes et des volcans devaient faire parti du métier. Mais pour elle, petite capitaine dans une grande ville, c'était tout de même une sacré victoire pour l'avoir fait sans l'aide de Torn.
— Je ne ferai quand même pas ça tous les jours, répliqua Aska avec un sourire, mais j'étais bien accompagnée par une chasseuse, c'est grâce à elle si je suis ici, elle t'a pisté avec ton odeur, des déductions et les traces que tu as laissé. J'ai déjà chassé avec elle, c'est une personne très forte dans son domaine !
Elle remarqua que la dragonne s'était déridée un peu, ce qui était plutôt bon signe, elle n'avait pas envie de la mettre en colère, surtout dans l'état pitoyable dans lequel elle semblait se trouver. Aska n'était pas venue jusqu'ici pour s'énerver et se prendre le bec une nouvelle fois. La capitaine n'était pas venue en tant que capitaine, mais en tant que cavalière et amie.

Ce fut pour cela d'ailleurs qu'elle ne rechigna pas l'invitation de la dragonne des volcans et qu'elle se leva pour rejoindre le petit nid qu'elle avait fait. Aska avait toujours apprécié se sentir à proximité de Torn, il s'agissait d'une présence rassurante, forte mais c'était aussi comme ça qu'elle pouvait réfléchir un peu plus à ses priorités, ses engagements, mais aussi sur le lien entre dragons et cavaliers. Elle n'était pas spécialement une érudit, mais cela lui permettait notamment d’appréhender des criminels cavaliers, car les deux partis étaient prêt à tout pour l'autre. C'était cette pensée qui faisait bouger quelque chose en elle.
— Non je n'ai pas envie de me faire broyer par vos mâchoires puissantes c'est vrai ! Mais c'est quand même important, ce n'est pas avec une autre personne que je peux reprendre la voie qui m'a poussée à devenir capitaine Torn, ça serait bien trop facile sinon. Puis il n'y a pas que ça, continua la jeune femme, mais se disputer c'est absurde, quand on ne sait pas de quoi demain est fait, se disputer avec quelqu'un c'est affreux en fait, si la personne a un accident, on vivra toujours en ayant dit des choses affreuses comme dernière parole.
C'était l'une des raison pour laquelle Aska cherchait toujours à être calme et non dans l'agressivité, elle ne voulait pas vivre dans une vie de regret irréparable. En prime, les sujets de discorde étaient régulièrement idiots et peu intelligents. Alors à quoi bon se disputer ? Mais c'était toujours plus compliqué à faire qu'à dire, Aska en était consciente, s'efforçant chaque jour de positiver, de donner le meilleure d'elle-même. Mais cela n'avait pas suffit et elle avait failli dans ses objectifs. Elle s'en était prise à Torn et avait complètement déraillé dans ses idéaux, elle le réalisait aussi peu à peu, mais il n'y avait pas que ça loin de là, il y avait autre chose qu'elle réalisait mais elle ne parvenait pas à mettre le mot dessus.

L'ouverture de l'esprit de Torn fut légèrement soudaine, et inattendue, tout comme le fait qu'elle préféra communiquer par la pensée. Ce n'était pas dérangeant, juste surprenant. Mais, vu l'état de la dragonne, c'était tout à fait compréhensible, cette mâchoire de fer ne devait être ni agréable ni légère à porter. L'apparence aussi abîmée de Torn l'inquiétait tout de même, elle paraissait si mal en point, elle qui semblait toujours forte et puissante. Toujours ardente et brûlante. Dorénavant Torn était noire et éteinte, elle ressemblait à un volcan éteint, sans feu, ni magma, sans couleurs rougeoyantes.
Je ne suis pas d'accord, ce n'était pas la meilleure façon, j'aurai dû rester calme même si un dragon des volcans enragé c'est bien pire qu'un dragon commun en colère si tu veux mon avis. Mais ce n'est pas une raison.
La cavalière avait planté ses yeux glaces dans l'oeil semi-ouvert de la dragonne, ce qu'elle venait de lui dire ensuite ne présageait rien de bon. L'apparence de Torn pouvait réellement correspondre à celle d'un volcan. Actif ou inactif. Vivant ou mort.
Ça signifie que tu es en train de mourir sans ton feu c'est ça ? Oh Torn, on trouvera, il y a bien quelque chose qu'on pourra faire pour raviver ça, tu n'es pas vieille et tu étais en bonne forme il y a quelques semaines, qu'est-ce qu'il t'es arrivée pour être comme ça ?
Tout en communiquant par la pensée, la cavalière s'était retournée pour venir poser sa main calmement sur la tête de la dragonne. Elle y allait doucement, de crainte de lui faire du mal, et elle tentait d'être la plus rassurante possible. Aska ne savait pas réellement s'il existait une solution pour raviver le feu d'un dragon des volcans, mais il pouvait bien y avoir des explications. Elle ne questionna pas non plus Torn sur l'humain, ne comprenant pas bien où elle voulait en venir, et ce n'était pour Aska qu'un détail bien moins important que la santé de son amie.
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyMar 18 Juin - 23:41

Torn se renfrogna légèrement, ce que se traduit par un gargouillement agacé, depuis quand un simple humain pouvait suivre un dragon à la trace ? Alors qu'ils ne pouvaient même pas voler ?
Alors comme ça, même un humain a réussi à me chasser...
Au moins Aska savait choisir les personnes à qui confier le travail. Finalement heureusement qu'elle n'était pas partie toute seule, un volcan pouvait être si imprévisible et mortel, et la dragonne ne voulait pas imaginer sa cavalière se prendre une roche enflammée sortie soudainement d'un cratère. Qu'est-ce qu'elle aurait fait, sinon... et d'ailleurs sa cavalière avait totalement raison sur ce point, jamais Torn n'aurait supporté finir sur une dispute pareille, que les derniers mots qu'elle avait eu étaient des insultes dites sous l'effet de la rage. Une colère qui avait explosé sans même une explication. Et quand bien même Aska affirmait qu'elle aurait dû trouver une autre solution, la dragonne pensait toujours que parfois, mettre une bonne rouste à quelqu'un était le meilleur moyen de résoudre la situation... mais c'était sans doute son côté dragon des volcans qui parlait. Les humains, eux, avaient toujours d'autres solutions, ce qui engendrait bien souvent des incompréhensions des deux côtés. Une autre solution, comme le dialogue par exemple, et Torn estima que si elle voulait vraiment ne plus avoir de regrets, alors il lui fallait retirer quelques plaques de métal. Au sens propre, mais aussi au figuré, juste un petit moment.

Elle ne voulait pas que Aska pense qu'il suffirait à sa dragonne de ne plus évoquer la dispute pour qu'elle soit oublier. Non, quelque chose de grave devait être explicité même si ça lui coûtait de l'avouer.
Je suis désolée pour ce que j'ai dis, Aska... Je... ne savais pas quoi faire. Ce jour là, je sentais mon feu diminuer, et je... je ne sais pas...
Finalement c'était plus dur à exprimer avec des mots. Elle avait juste explosé de colère alors que son esprit était angoissé. Torn acquiesça lorsque sa cavalière émit la bonne hypothèse, ce n'était pas un secret, mais... l'expliciter était difficile. Mourir. Une vague de sentiments négatifs lui passa sur le cœur, lui faisant inconsciemment serrer les griffes sur le sol, y laissant des sillons dans la roche volcanique.
Ce sont les anciens qui voient leur feu s'éteindre lentement. Ou lorsque nous sommes trop malades... Regarde ça. Même combattre contre un autre dragon n'y a rien changé. Je ne sais pas ce qu'il est arrivé, Aska. je n'ai juste... plus d'énergie. Je n'arrive presque plus à cracher du plasma, et ma poche de lave est... froide.
La dragonne ouvrit complètement ses paupières, elle sentait à peine la caresse de sa cavalière sur ses épaisses écailles. Elle avait l'impression que ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas été aussi proches. D'habitude et de part sa taille, elle la voyait évidemment toujours d'en haut, avec ses minuscules membres, comme de loin. Torn plongea son œil jaune à la paupière fendue dans les yeux clairs de sa cavalière. Elle n'avait pas souvent l'occasion de les regarder ainsi. Ils avaient l'air si glacés... et une pensée traversa l'esprit de la dragonne noire. Si jamais elle n'était plus là... qui prendrait soin de cette petite humaine au travail si pesant ? Pas qu'elle considérait que sa cavalière ne savait pas prendre soin d'elle, mais... les humains n'étaient pas fait pour vivre en solitaire, loin de leur famille.
Tu sais, je conçois que la lumière t'es inconfortable, mais tu devrais découvrir tes yeux plus souvent. Avec ça, tu pourrais faire tomber n'importe quel humain à tes pieds.

Torn émit un grognement amusé. Qu'importe son état actuel, pour l'instant elle était là, et puis... ça allai mieux maintenant que sa cavalière était dans les parages. Comme ce qu'avait dit cette Générale, qu'un duo allait mieux lorsqu'ils étaient ensemble ? La dragonne retroussa ses babines, découvrant ses crocs, alors qu'elle serrait ses griffes sur le sol. Lentement, et avec un concert de craquements et de soufflements de douleurs, elle leva sa lourde carcasse du sol, se remettant que ses quatre pattes... ou plutôt, sur ses trois pattes, puisque celle ayant subit le harpon était encore trop douloureuse pour qu'elle puisse s'appuyer dessus. Le reptile secoua sa tête pour s'ébrouer, laissant tomber plusieurs fragments de charbon noir. Ses plaies la lancinait, mais c'était le lot habituel. Elle écarta et replia ses ailes comme pour les étirer, contente de constater que ses articulations étaient toujours d'attaque.
– Au moins, je peux toujours voler, dit-elle à voix haute. Je pourrais te ramener prêt de la ville si tu en as besoin. Mais après, je retournerais au volcan plusieurs heures... je dois me reforger.
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MessageSujet: Re: Le rouge et le blanc   Le rouge et le blanc EmptyVen 21 Juin - 14:26

— Un humain oui, mais elle a l'habitude donc ce n'est pas n'importe quel humain ! Puis nous n'étions pas sûres tout de même que tu sois ici avant d'observer des traces, tu aurais pu être là mais aussi ailleurs.
Voir Torn ainsi en peine était douloureux, désagréable et surtout réellement inquiétant. Même la capitaine ne savait quoi faire, mais à chaque problème sa solution n'est-ce pas ? Elle se demandait aussi si la perte de son feu avait un rapport avec l'étrange maladie qui sévissait depuis quelques temps et qui affectait quelques dragons. Ou bien était-ce intrinsèque aux dragons des volcans ? Ils vivaient habituellement en harde, en harem même, et se combattaient régulièrement pour garder le feu en eux. Torn vivait en solitaire, et il fallait dire que les lois humaines empêchaient assez les combats de dragons, ou plutôt elle se faisait l'illusion de les éviter. Son mode de vie n'aidait peut-être pas la dragonne à se sentir bien.

— Ce que tu as pu me dire, ce n'est grave, ce ne sont que des paroles Torn, des paroles parce que tu es inquiète à propos de ton feu.
La capitaine avait attendu que la dragonne trouve ses mots, elle voyait bien qu'il était difficile pour elle de parler, mais qui avait des facilités à parler de sa propre mort quand l'on désirait vivre ? La mort restait une chose effrayante, autant chez les humains que chez les dragons manifestement, mais qui pouvait se vanter de n'avoir pas peur de la mort, de la fin ? Même en sachant que la vie était suivie de la mort, l'inconnue qu'elle représentait était une chose terrifiante. Les multiples hypothèses sur l'après-mort n'avaient rien de rassurantes non plus : le paradis, l'enfer, la réincarnation, le vide, un long sommeil ? Aska n'avait aucune envie d'être jugée pour savoir si elle avait fait de bonnes ou mauvaises actions, elle avait fait ce qu'elle pensait juste, quant à la réincarnation, elle allait déjà donner avec une vie, alors une deuxième ? Non merci, sauf si elle se réincarnait en animal, sans les tracas de la société humaine mais avec ceux de la société animale. Le vide ? C'était un poil effrayant tout de même.
— Il y a sûrement une explication, enfin je le pense, et si on trouve ce qu'il t'arrive on pourra chercher des solutions. Ils ont parlé d'une maladie qui toucherait les dragons, les rendant faibles, amorphes, mais ils disent que cela ne dure que quelques heures, un à deux jours tout au plus...
La cavalière réfléchissait à ce qu'ils avaient, des idées de piste, des débuts où aller chercher. Il y avait la maladie tout d'abord, pour laquelle le gouvernement faisait des recherches, et il y avait sa seconde hypothèse, elle n'était pas sûre du tout de si c'était ça ou autre chose, mais elle se lança, un brin hésitante :
— Il y a peut-être aussi... Tu sais, ton mode de vie, d'habitude vous vivez en groupe, tu es peut-être restée seule trop longtemps. Il pourrait y avoir plein de choses en réalité, une maladie orpheline, ou tu savais que les femelles furets mouraient si elles ne se reproduisaient pas ? C'est farfelu mais bon...

Une montagne d'hypothèses semblaient s'ériger lentement, au fur et à mesure que la capitaine réfléchissait, elle avait même voulu revoir les symptômes de la maladie sur les dragons mais son téléphone affichait batterie faible et elle avait préféré prévenir William avec un message du style « attends pas plus batterie » tandis que Torn lui parla de ses yeux. Aska ne pensait pas avoir besoin de quelqu'un, du moins pas pour l'instant, et surtout pas à cause de ses yeux. Dans les faits, la cavalière voulait juste que la dragonne aille mieux, les liens autre que celui qui la reliait à la dragonne elle verrait plus tard. Puis la situation ne s'y prêtait pas : entre la femme des catacombes, les recherches de la mercenaire et le travail habituel, où pouvait-elle placer un rencard ?
— On verra ça plus tard d'accord, pour l'instant il y a trop à faire !
Elle osa un faible sourire amusé, mais il était possible de sentir que le cœur n'y était pas.

Avec une certaine appréhension, la jeune femme observa la dragonne se relever, elle faisait son possible pour ne pas écouter les craquements et ne pas regarder les particules noires s'échapper du corps de Torn.
— Reforge toi d'abord, proposa plutôt Aska, je peux attendre un peu, je ne regarderai pas promis.
C'était peut-être mieux que Torn replace les plaques avant de prendre son envol : s'il lui arrivait quelque chose sur le chemin du retour, elle serait protégée sur les parties les plus sensibles au moins.
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